BEVEGNATI, loc. cit., p. Go
les jeta sur les côtes de la Dalmatie et les mit à deux doigts de la mort. Barthélemy, montrant à ses compagnons le reliquaire où étaient enfermés les cheveux de sa sœur, les exhorta à mettre en elle toute leur confiance. Ces rudes soldats s’agenouillèrent etprièrent avec ferveur. Aussitôt les vents s’apaisèrent,la mer redevint calme, et le navire put mouiller à Raguse. Là, Barthélemy éprouva de nouveau la puissance de l'intercession de sa sœur. Une épidémie sévissait alors dans cette ville sur les petits enfants. Un riche seigneur, ayant rencontré dans le port les croisés toscans, leur offrit généreusement l'hospitalité. Pendant le repas, il leur confia sa peine : la contagion avait atteint et allait emporter son propre fils, âgé de deux ans. Barthélemy lui raconta le miracle de la traversée, fit renaître l'espérance au fond de son Cœur ; puis il posa le reliquaire sur la tête du jeune moribond, qui fut immédiatement et radicalement guéri, à la grande satisfaction des parents (1).
Longtemps après, en 1745, un vénérable missionnaire du Pérou, attaché à la Propagande et de passage à Rome, fit devant l'autorité ecclésiastique la déposition suivante. Son collègue, prêtre très dévot à sainte Marguerite, avait entrepris de prêcher une neuvaine en son honneur. Or, un des jours de cette neuvaine, pendant que les Indiens étaient réunis autour