‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 129 sur 142 · BEVEGNATI, C. XII, pp. 39 et · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. XII, pp. 39 et

de la chaire sacrée, Marguerite apparut aux yeux de tous, en habit de Tertiaire; s’approchaæ du prêtre et lui promit de le récompenser du zèle qu’il mettait à procurer sa gloire. Sa voix était si mélodieuse, son visage si radieux, ses promesses si encourageantes, que les: Indiens, enflammés d'enthousiasme, vouèrent à la Sainte: un culte d'honneur et d'invecation qui a survécu: aux vicissitudes. des: temps.

Si émouvant. que soit. le récit. de ces divers prodiges,illen est deux autres qui nous-semblent plus saisissants encore, parce: qu'ils sont une: dérogation plus constante aux lois dela nature.

C'est d'abord la conservation du corps. de: læ Bienheureuse. Ce corps purifié-par la pénitence est. inconuptible. Dieu a dit aux: vers. : « Vous: n’y toucherez pas », et au temps: « Tü ne leréduiras pas: en poussière. » Et les vers et le: temps,. qui n'épargnent aucun enfant des:

hommes, ont respecté-ces dépouilles. sacrées...

De plus, de ces ossements. bénis s’'échappent quelquefois des émanationssuaves, pénétrantes, sans. analogue parmi les essences aromatiques de: ce monde, et. produisant. un double effet: elles déposent dans. l'âme un germe de sanctification, en même temps qu'elles délectent l'odorat.

Les rationalistes auront beau nier le surnatur rel, il s'affirme ici d'une manière évidente, < Car, que le. cadavre n’exhale aucune odeur désa-

1. GIOVAGNOLI, Sainte Marguerite de Cortone, 1. III, C. VIII.

gréable, c'estpossible,dit le savant Benoît XEV ;. mais-incorruptible ou non; qu'il exhale des serrteurs embaumées; persistantes; sans: qu'il y ait. aacune cause naturelle pour les produire, ce phénomème accuse nécessairement l'action ca chée d’une puissance supérieure qui n'est autre: que le souverain Maître de la création (1). » On

peut raisonner de la même manière pour le phé-

nomène de l’incorruptibilité (2); et de ces prin-

cipes inattaquables se dégage, en traits lumi-

neux, la conclusion suivante : les deux phéno-

mènes en cause ne peuvent avoir qu’une origine

surhumaine, et l’un et l’autre attestent, avec la

même force, l'excellence des vertus de celle qui,

nourrie du Pain des anges et toutimprégnée des parfums de l'Eucharistie, comme l'abeille l’est

du suc des fleurs, répandit pendant sa vie mor-

telle, devant Dieu et devant les hommes, la

bonne odeur du Christ.

Prodiges extraordinaires, il est vrai, mais qui ne trouveront d’incrédules que parmi leshommes qui ne connaissent pas le cœur de Dieu! Marguerite a tant aimé Notre-Seigneur ! Est-il donc difficile d'admettre qu’à son tour il se soit plu à glorifier sa servante et à manifester aux yeux des mortels l'amour infini qu'il lui portait et qu'il lui porte éternellement ?

Cortone a toujours eu une part spéciale dans les bénédictions de Marguerite, et s’il est vrai que les miracles soient autant de bienfaits, il

1. De serv. D. beatif., 1. IV, c. xXXI, p. 18. 2. Ibid., loc. cit., c. xxx, p. 16.

n’est pas surprenant qu'il se soit établi entre elle.

et sa protectrice des rapports plus intimes, et que les annales de la vieille cité se confondent souvent, au cours des siècles, avec celles de la Bienheureuse dont elle garde la précieuse dépouille.

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