‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 138 sur 142 · Ms. de Sainte-Marguerite · texte numérisé non relu

Ms. de Sainte-Marguerite

2. Bref Alias felicis, du 18 décembre 1734. (BEVEGNATI, Dissert., p. 191.)

3. Bref Curis in civitate Cortona, du 24 novembre 1781. (BEVEGNATI, p. 196.) Il s'établit en outre à Cortone une confrérie de pénitents de Sainte-Marguerite qu'Alexandre VII approuva et que Benoît XIV érigea en archiconfrérie (1bid., pp. 185 et 194). Le but de cette confrérie est d'entretenir parmi les fidèles l'esprit de prière et de sacrifice,

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qu'après leur mort, ils prennent part parmi les modèles et les défenseurs de l'Eglise militante. La glorification de Marguerite arrivait à son heure, au lendemain des orgies de la régence. À une génération prise du vin dé l’orgueil et de la volupté, la pénitente préchait, par ses exemples, les fatales conséquences de l’oubli de Dieu et la nécessité de l’expiation. Le xvir° siècle, à son aurore, avait encore assez de sens chrétien pour entendre ce langage, qui était celui de l’expérience et de la raison; mais il n’en était pas de même sur son déclin. Nourri des blasphèmes de Voltaire, des pastorales de Jean-Jacques Rousseau, des scandales de la Pompadour, il s'endormait dans les plaisirs, sans souci du lendemain.

Le réveil fut terrible. Quatre-vingt-neuf éclatait comme un coup de foudre et sonnait l'heure des châtiments, l’heure des saturnales de la Révolution. Les trônes et les autels renversés, les couvents supprimés, les échafauds établis en permanence, l'Italie piétinée par nos soldats, Pie VI brutalement arraché de Rome et transporté mourant à Valence, pendant que les adeptes du philosophisme criaient sur les toits qu'il était le dernier des Papes, toutes ces violences, tous ces. outrages jetaient un voile d'ignominie sur le visage de la F rance, un voile de deuil sur la face auguste de l'Eglise. Mais le Christ, qui veille sur les destinées de son Epouse immaculée, imposait tout d’un coup silence aux vents et aux tempêtes déchaïînés pendant dix

ans, et le xix° siècle, dès son aurore, contemplait avec stupéfaction le triomphe de la Croix, le réveil des croyances antiques, la réapparition des pèlerinages, c’est-à-dire la résurrection de ce que la Révolution s’imaginait avoir pour jamais étouffé dans le sang et dans la boue.

Nous avons hâte de voir comment ce mouvement de renaissance chrétienne, le plus subit, le plus prodigieux que nous présente l'histoire des temps modernes, s'étendit jusqu'au fond de la Toscane.

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