‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 20 sur 142 · BEVEGNATI, C. 1, p · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. 1, p

Ini échappait : « Reviens à moi, reviens aux déhces de la vie, lui suggéra-t-il. Fu as l’intelhgente, la beauté, la jeunesse ; tx auras l'amour; et le monde versera encore dans ta coupe toutes les divines ivresses. Tu n'auras point de reproches à te faire, puisque tes parents te chassent de leur demeure (1). »

La tentation provoque la lutte, et Ia lutte manifeste les grandes âmes. La fille de Tancrède, la chrétienne, se révèle tout d’un coup dans la violence du combat. « Non, non, Mar guerite, répliqua-t-elle avecun accent de sublime énergie, ne livre plus tes jours à l’ignominie et au remords. Assez longtemps tu as déshomoré ton Créateur; assez longtemps tu as fait la guerre à Celui qui t’a rachetée au prix de son sang. L'heure est venue d’expier tes révoltes et tes ingratitudes. Qu'importe la misère ? Mieux vaut mendier ton pam que de retourner au mal. Ton père de la terre t'a rejetée ; ton père du ciel te recevra (2). » Sa résolution était prise, énergique,irrévocable. À peine l'a-t-elle formuléeau plus mtime de son cœur, qu'elle entend distinctement cette parole intérieure : « Va à Cortone, et mets-toi sous la direction des Frères Mimeurs (3). » Nul doute: la voix qui a retenti dans les profondeurs de son âme vient d'en haut. Elle se ve,et sans considérer la longueur du chemim, les douze milles qu’il lui faut parcou-

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