UcceLi, Histoire de Cortone. Arezzo
Casali, le proscrit de Cortane. Il se mit à la tête des réfugiés de Castiglione del Lago et des Siennois coalisés, battit les Florentins à la sanglante bataille de Monteaperto; puis, s'étant ligué avec Sienne et Pérouse contre Arezzo, il marcha au secours de Cortone, en chassa les envahisseurs (25 avril 1261), releva les remparts, éteignit le feu des discordes civiles, et, à l’aide d'ume politique et d’une administration basées sur les principes de l Évangile, ramena bientôt dans la contrée cette civilisation qui est l’épanouissement naturel des dogmes catholiques (1). Ses compatriotes reconnaissants le surnommèrent Hugues le Grand, le libérateur de la patrie, lui conférèrent plusieurs fois la dignité de podestat et assurèrent à sa famille une place prépondé:rante dans la cité (2).
. Comment ne pas admirer ici, en passant, la
1. En souvenir de cette victoire, la ville de Cortone modifia le champ de son blason et remplaça saint Michel terrassant le dragon par le lion de saint Marc. ‘Ce blason n'a pas été changé depuis. Voici comment il se lit: De gueules, au lion de saint Marc rampant d'argent, tenant le livre des Evangiles fermé, et posé sur une terrasse au naturel. (Voir notre sainte Marguerite illustrée, p. 50.)
2. BEVEGNATI, C. II, et Dissert.. IV. — Guillaume Casali, fils de Hugues le Grand, fut créé vicaire impérial par "Henri VII, empereur d'Allemagne, qui vint à Cortone au mois de septembre 1312. Raynier, fils de Guillaume, fut élu podestat à vie de Cortone (1325-1351), et pendant près d’un siècle la charge devint héréditaire dans la famille. Louis-Baptiste Casali fut le dernier prince de ce nom ; Ladislas [*”, roi de Naples, le fit prisonnier en 1409, et s ‘empara de Cortone, qu'il céda deux ans après à Florence.
sonduite de la Sagesse éternelle, qui gouverne le monde avec force et douceur, et fart concourir toutes choses, le grain de sable et l'étoile, la défarte et la victoire, le vice et la vertu, à l’accomphissement de ses dessems? Elle établira des affinités secrètes entre l'héroïsme de l'épée et l'héroïsme de la prière, et dès Ia première entrevue le soldat comprendra les vertus et soutiendra le zèle de la pénitente, qui l'appellera respectueusement le saint chevalier (1). Cependant il n'entre que secondairement dans les plans de la Providence, et c'est vers d’autres personnages, qui doivent y figurer au premier rang, que l'Esprit-Saint dimige l'exilée de Laviano. Quels sont ces personnages? Une page des Annales de l'Ordre séraphique nous les fera connaître.
Le Patriarche d'Assise était venu en 1221 prêcher à Cortone. Sa parole enflammée, rehanssée par une vie austère et par ke don des mtractes, avait profondément remué la populaon de cette ville. Deux hommes de distincton, le bienheureux Gui Vagnotelli et le fameux Fr. Élie, s'étaient attachés à ses pas ; et François, heureux de pouvoir créer avec ces nouvelles recrues un foyer de vie apostolique, leur avait bâti, non lain de la cité, à l'entrée des gorges du mont Saint-Gilles, un couvent conforme à ses idées de renoncement et de pau-
E BEVEGNATI, c. , et Dissert., rv. — Cf. MURATORI, Annales, t. XXIV, et Chronique de Cortone, Ms. de ja Bibl. munic. de cette ville.
vreté, le couvent des Celle. Cet ermitage, tout imprégné du parfum qu'y avaient laissé les vertus du fondateur, fut, pendant une trentaine d'années, une pépinière de saints missionnaires;
mais en 1245, le Fr. Élie, s'étant fait l’hommelige de l’impie Frédéric Il, abandonna une solitude qui ne répondait plus à ses visées ambitieuses, n’y laissa que quelques Frères avec Gui Vagnotelli, et se transporta avec douze de ses partisans dans une maison plus commode et plus spacieuse, édifiée par ses soins au centre de la ville (1).
C'est dans ce second couvent, témoin des écarts, de la réconciliation et de la mort pénitente d'Élie, que Marguerite trouva les premiers et les plus constants auxiliaires de sa mission. Sous le généralat de saint Bonaventure, au moment où ce beau génie, après avoir effacé les premières traces de la désastreuse administration (2) du Fr. Élie, préparait à l'Église un bienfait, à l'Ordre une gloire, par l'union des Grecs et des Latins, il comptait plusieurs religieux qui, héritiers de l'esprit apostolique et du zèle de leur fondateur, travaillaient
I. SALIMBÉNÉ, Chronique de Parme, P. 402-412, et BEVEGNATI, C. IX, p. 23. — Le Fr. Élie, que sainte Brigitte (Révélations, 1. VII, c. xx), appelle un instrument inconscient des puissances infernales, mourut, absous et réconcilié, le 22 avril 1253. — Le B. Gui Vagnotelli avait rendu son âme à Dieu trois années auparavant. Sa tête, miraculeusement retrouvée en 1262, fait partie du trésor de la cathédrale de Cortone.