CHAPITRE IV
« O beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, que je vous ai connue tard! Que je vous ai aimée tard! Sero te amavi! (1) » Ce cri de saint Augustin se retrouve sur les lèvres de la pécheresse de Montepulciano revenue à Dieu. Mais si elle commença tard, du moins, une fois convertie, elle aima sans retour, et portée sur les deux ailes de l’obéissance et de la mortification, elle s'élança d'un vol rapide vers les sommets de la perfection évangélique.
Dès son arrivée à Cortone,et pour mieux marquer sa rupture totale avec un passé qu'elle aurait voulu effacer au prix de son sang, autant que pour éviter toute diffamation, elle défendit aux personnes de son entourage de jamais parler devant elle de Montepulciano, des seigneurs de la villa Palazzi, et de quoi que ce fût, excepté de Dieu (2). Elle prit ensuite les mesures les plus énergiques pour prévenir toute rechute.
Couper cette chevelure d’ébène à laquelle elle attachait autrefois tant de prix, se noircir le visage pour en effacer l'éclat, renoncer aux mets délicats dont elle était friande à Montepulciano, Pour se condamner à ne vivre que de pain et d'eau, de légumes et de fruits, porter un rude