‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 26 sur 142 · Ibid., c. 111, p · texte numérisé non relu

Ibid., c. 111, p

son serment, elle se présenta devant lui, un rasoir à la main, prête à se mutiler le visage. « Elle l'aurait fait sur-le-champ, ajoute avec émotion son fidèle historien, si je ne m'y étais formellement opposé (1). »

La mortification chrétienne, qui réprime les sailhes de la chair, a pour compagne inséparable l'humilité, qui dompte les révoltes de l’esprit pour le soumettre à Dieu et le rendre docile à l'impulsion de la grâce. C’est sous l’action simultanée de ces deux vertus que germe et fleurit la sainteté. Aussi l’une et l’autre se retrouvent-elles dans l’histoire de chaque saint; mais elles offrent un caractère spécial d'énergie dans la vie de notre Bienheureuse, sans doute parce qu'elle en sentait un besoin plus profond. Sa mortification était extrême, nous l'avons vu; son humilité n'était pas moins admirable. Elle se complaisait dans le mépris et l’abjection ; elle en était insatiable. Elle ne souffrait pas qu'on l'appelât autrement que la pauvre pécheresse ou la grande pécheresse.

Mais il lui semblait que ces humiliations seraient incomplètes, inutiles, tant qu'elle n'aurait pas réparé ses désordres publics par une pénitence également publique. Sous l'impression de cette pensée, elle conçut le projet d'aller à Montepulciano en haillons, la tête rasée, la face voilée, la corde au cou, conduite par une femme qui publierait ses fautes et crierait à travers les

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