‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 28 sur 142 · BEVEGNATI, C. LU, P · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. LU, P

demanda publiquement pardon de ses scandales, avec un accent de repentir qui arracha des larmes à toute l'assistance (1). Manentessa fut plus touchée que personne de cet acte de solennelle réparation et de la haute pensée de foi qui le dictait. Non contente d'assurer la « pauvre pécheresse » que tout le monde oubliait le passé pour ne se souvenir que de la réparation des fautes, elle l'emmena dans sa maïson, écouta l'éloge qu'elle lui fit du Tiers-Ordre de saint François, et s'attacha si fortement à elle qu’elle lui promit de la suivre bientôt sous les livrées de la pénitence (2).

Le lendemain, Marguerite revint à Cortone et raconta au P. Bevegnati ce qui lui était arrivé. Malgré tant d’humilité et au milieu de tant d’humiliations, elle tremblait toujours au souvenir de ses péchés. Souvent elle disait aux religieux ou aux séculiers qui la visitaient : « Pensez-vous que Dieu daigne pardonner à la pauvre pécheresse? » Et elle attendait la réponse, tête baissée, comme le criminel qui attend sa condamnation à mort (3). Cette crainte de la justice éternelle ne doit pas nous surprendre chez les saints, qui ont un plus vif sentiment de la majesté de Dieu et de l’outrage que lui fait le péché.

1. Il est probable que le père et la belle-mère de Marguerite ne furent pas témoins de cette scène. Autrement, elle n’aurait pas manqué de s’humilier devant eux.

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