‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 29 sur 142 · Ibid., c · texte numérisé non relu

Ibid., c

À ces sentiments d'humilité, à ces actes de pénitence, la servante de Dieu joignait la mortification du travail. Pour n'être pas à charge à ses deux bienfaitrices, elle tissait le lin et ia laine; plus souvent encore elle veillait et assistait les jeunes mères (1). Parfois elle succombait à la fatigue; mais son cœur était heureux, incomparablement plus heureux qu’au sein des voluptés de Montepulciano, parce que sous Îa dure écorce de sa croix se cachaient d'inexprimables délices, les délices de ce pur amour de Dieu dont une seule goutte, mise dans la balance en regard de toutes les jouissances de la terre, les emporterait avec la même facilité que le souffle de l’aquilon emporte la feuille desséchée.

Merveilleux eftets de la pénitence ! Marie-Madeleine avait brisé un vase d’albâtre pour verser le nard qu'il contenait sur les pieds du Sauveur, et le parfum qui s’en était échappé avait rempli la maison du Pharisien. Treize siècles après, Marguerite brise un vase plus précieux, son cœur, sur les pieds du même Maître, et il s’en échappe un parfum qui embaume les montagnes de la Toscane. Les habitants de Cortone se redisent avec étonnement les actes d’héroïque réparation de la « pauvre pécheresse ». Dès qu'ils ont découvert la pénitente, la Sainte, ils commencent à l’entourer de leur vénération et s’honorent de l'inviter à tenir leurs enfants sur les fonts baptismaux (2).

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