Ibid., c. 11, p
La ressemblance entre la pécheresse de l'Evangile et la pénitente de Cortone n'a point échappé au regard perspicace des historiens de la dernière. Au fait, qu’on considère la similitude de leur caractère ou le côté miraculeux et bienfaisant de leur conversion, le parallèle est saisissant.
A part la différence du type national, de l'idiome et des temps, on dirait que ces deux femmes, nées, l’une dans les montagnes de la Palestine, l’autre au pied des Apennins, sœurs par la beauté, le génie et les larmes, sont sorties du même acte créateur. La pénitente de la Toscane, comme celle de la Judée, est un grand cœur que captive d’abord l'éclat des créatures, mais qui, brisänt ensuite brusquement ses chaînes, s'élance avec la puissance et l’activité de la flamme vers Celui qui est le foyer de l'amour. Dans l’une et dans l’autre, le miracle éclate également à travers les opérations de l'Esprit-Saint. Selon la doctrine de l’Ange de l'Ecole, « si le passage du péché à la grâce s’'effectue selon le cours normal de la pénitence, il nyapoint de miracle; mais s'il déroge par sa soudaineté et sa perfection aux lois régulières de la Providence surnaturelle, il accuse par là même une intervention extraordinaire. Telle est la conversion de saint Paul(x)». Celle de Marie- Madeleine et de Marguerite revêt, à notre avis, les mêmes caractères de soudaineté et de per-