Summ., c. 1, p. 2, q. 113, art
fection ; car l'une et l'autre se relèvent subite. ment, transfigurées par la grâce et transportées d'un seul bond des abîmes de l'abjection aux sommets de la beauté morale.
Une révélation qu'eut dans la suite la pénitente de Cortone insinue la même vérité et confirme notre appréciation. Un jour qu'elle s'étonnait, devant Celui qui gouverne les mondes, de l'excès de sa condescendance pour la plus ingrate des créatures que le globe eût jamais portée : « Ma fille, lui répondit-il, souviens-toi que je dépars mes dons à qui il me plait. As-tu donc oublié Madeleine la pécheresse, Mathieu le publicain, dont je fis un apôtre, et le bon larron, auquel je promis le paradis? En vérité, je te l’affirme, je t'ai revêtue, de la tête aux pieds, du manteau royal de ma grâce (1).» |
De cette intime transformation, où éclate ls puissance non moins que l'’infinie miséricorde du divin Rédempteur, découle un autre bienfait, qui reste un des prodiges les plus saisissants de l’ordre moral, et un prodige trop peu remarqué. C’est la réhabilitation de la pécheresse, c'est-à-dire cet acte réparateur qui, après avoir ressuscité la grâcedans l'être le plus faible, y ressuscite également ce qu'il y a de plus précieux, de plus délicat, l'honneur, et d'une femme dégradée fait un être divin que les anges servent avec un respectueux empressement.Marie-