BEVEGNATI, c. 1, p. 3 ; et Dissert., c. vi
LA PÉNITENTE Si
se liquéfiait sous l’ardeur des feux divins qui l'embrasaient. Elle se sentait toute renouvelée, comme si elle eût reçu une nouvelle effusion de l'Esprit-Saint (1). » En réalité, c'était le jour de ses fiançailles spirituelles, et le Roi immortel des siècles, qu'elle choisissait pour son unique Epoux, la comblait de ses dons les plus précieux, comme le fiancé jette à profusion l'or et les diamants dans la corbeille de l’épousée.
L'alliance entre le Créateur et sa créature était scellée, et de leur plume d’or les anges en avaient écrit la formule au livre de vie. Alliance sacrée et toute à l'avantage de Marguerite! Désormais elle ne sera plus la pécheresse; elle sera la servante privilégiée de Dieu, et trois passions, les plus nobles, les plus saintes qui puissent faire vibrer un cœur humain, se partageront les vingt dernières années de son existence : l'amour du Verbe incarné, l'amour de l'Église et l'amour de l'Ordre séraphique. «Noblesse oblige, dans l’ordre spirituel aussi bien que dans l’ordre social. » Incorporée à la phalange d'élite qui combattait alors si vaillamment pour Dieu et pour l'Eglise, Marguerite comprit que de nouveaux devoirs s’imposaient à elle. Pour mieux atteindre l'idéal qu’elle révait et se rapprocher davantage du modèle qu’elle s’était choisi, elle prit trois résolutions : de ne plus vivre que d’aumônes, de redoubler ses mortifications et de demander à sa bienfai-