‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 46 sur 142 · Ibid., c. 1V, p. 21; VII, p. 20 ; et XI, p · texte numérisé non relu

Ibid., c. 1V, p. 21; VII, p. 20 ; et XI, p

lesquelles se cachent les exquises délicatesses d'un amour qui purifie tout ce qu’il touche et réalise tout ce qu'il dit; couronne d'honneur dont il ceint lui-même, comme d’une guirlande de fleurs embaumées que le souffle du temps ne flétrira pas, la tête de sa servante privilégiée. Enfin, pour que rien ne manque à cette couronne, il pose à son front le plus riche diamant de l’écrin céleste. Nous voulons parler du titre d'épouse, titre précieux entre tous, réservé aux âmes d'élite et conféré avec un cérémonial qui en fait pressentir l’excellence.

L'ange gardien de Marguerite fut député vers elle en ambassade solennelle. Il lui apparut et lui dit : « Je suis le messager du grand Roi, et je viens tout préparer pour sa venue. » Et il lui demanda son consentement, qu'elle ne donna pas sans crainte; car son cœur était partagé entre la ferme volonté d'obéir au moindre désir du Très-Haut et un vif sentiment d'effroi, causé par la parfaite connaissance de son indignité. Les fiançailles une fois conclues en présence de la cour céleste, l'ange porta la réponse devant le trône de l’ Éternel. Le contrat définitif eut lieu dans le courant du mois d'août, un des jours de l’octave de l'Assomption, nous ignorons en quelle année. L'héroïque pénitente, brisée par les austérités, était retenue dans sa cellule, où le P. Bevegnati fut obligé de lui porter la sainte Eucharistie. Dès que l'Hôte de nos tabernacles en eut franchi le seuil, une lumière Soudaine et un torrent de délices envahirent

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l'âme de la melade. Au monrent de Es comm nos, elle fut ravie en extase, et ses yeux s'ouvrirent aux mystères du monde invisible. Les anges jetèremt sur ses épaules ume robe plus blanche que la neige et brodée d'or, une de ces robes qu'ils tissent pour les fancées de Roï des rois. Ils lui placèrent ensuite un anmeais am doigt, et au front un dradème étimcelant de rubis. C'était la famcée paré pour le jour de ses noces. Quand elle fut présentée à l'Epoux immortel, de ses lèvres jaitht, ardent, spontané, l'acte de foi de saint Pierre : « Vous êtes, à Jésus, le Fils du Dieu vivant. — Et moi, repartit le Verbe, je te déclare que tues mon épouse. » Et, dressant son trône au œntre du cœur de. Marguerite, il consemma ces noces mystiques.

qui, dans la langue aseétique, s'appellent te mariage spirituel, et dont le propre est d'établar entre lEpoux et Fépouse une parfaite conmrme nauté de biens, rmcomparablement mieux que ne le font les alkiances humaines. EE communmi qua à la Sainte tous ses mérites, toutes ses richesses, et commanda aux anges de lui remettre, en guise d'apanage, les pertesles plus précieuses de leur écrin, Fesprit de contemplation de Mare-Madeleine, l’ardeur des séraphins, la science des prophètes, le dom des miracles, le discernement des cœurs, pendant qu'elle s'engageait en retour à ne plus vivre que pour sa gloire. « Marguerite, lui dit-il pour adieu, giorife-moi et je te glorifierai; aime-mor et je t'aimerai ; prends mes intérêts, et je prendrai

L'ANGE DE LA PAIX w.

les tiens (1}. » Alors 1} remonta vers le sanctuaire maccessible où réside: l'auguste Trinité, et la Bienheureuse, ayant recouvré l'usage de ses sens, tout mondée de consolation, baisa et mouilla de ses larmes le pavé de sa pauvre cellake, qui avait été pour un instant le vestibule du paradis.

À partir de cette heure jusqu'à celle des épreuves, les visites de FEpoux furent plus fréquentes, et chacune d'elles, renouvelant Fimpression de la scène que nous venons de décrire, apportait à la Bienheureuse, avec un surcroït de lumières et de délices, une nouvelle effusion de force et de charité divines. De ces visions, que nous ne connaissons pas toutes, parte qu'elle ne déclarait à son confesseur que ce qui était nécessarre pour la direction de son âme (2), de ces colloques, dont la plupart n'étaient que pour elle, nous ne rapporterons que les passages qui sont de nature à nous éclatrer sur le caractère de sa vertu ou sur l'étendue de son Mfluence. Disons seulement 1ici que Notre- Seigneur lai apparut plusieurs fois sous les traits de son enfance, et qu'elle découvrit, au sem d'une clarté surnaturelle, ce visage plein de grâce, ce cœur embrasé, cette beauté infinie qu réjouissent la cité des élus (3). Disons encore qu'une autre fois elle eut le bonheur,

1. BEVEGNATI, C. XI, p.8; C. I, pp. 11,18 et16;etc.1v, p. 21.

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