‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 48 sur 142 · BEVEGNATI, C. IV, p · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. IV, p

. à faire abonder sa grâce là où dominait le péché, qui arrête Saul sur le chemin de Damas et d’un persécuteur fait subitement un apôtre. Il ne . faut pas oublier non plus qu'il destine Marguerite à une mission providentielle, et qu'elle a besoin d'y être préparée et d'en être assurée par des signes extraordinaires. Qu'on ne perde pas de vue ces principes, et l'on comprendra qu'en faisant choix d'une femme, d'une pécheresse, pour l’associer à sa vie et à ses desseins, Dieu est fidèle aux lois qui régissent l’ordre surnaturel. « Il choisit ce qui est insensé pour confondre la sagesse humaine, et ce qui est faible pour confondre la force. »

La mission de Marguerite, qui est de travailler au relèvement moral de sa patrie, se dessine dès le printemps de l’année 1277, dans l'intervalle qui sépare la concession des deux titres de fille et d'épouse; et il se trouve que le premier personnage désigné à son zèle est un des pasteurs du troupeau, celui-là même qui préside aux destinées de l'Église d'Arezzo. Il se nommait Guillaume Ubertini Pazzi (1). C'était un de ces tristes prélats qui prouvent combien les Grégoire VII et les Innocent III avaient raison de combattre le droit d'investiture que s'arrogeaient les Césars allemands et de protéger contre leurs empiétements la liberté de l'Église. Créature de l’impie Frédéric IT, placé sur le siège d'Arezzo du vivant même de

1. Histoire universelle, par CANTU, t. XI, p. 237; et BEVEGNATI, Dissert., vil.

l'évêque légitime, don Marcellin d’Ancône, que l'Empereur avait injustement déposé et qu'il avait livré à la fureur des Sarrasins (1), et ainsi d'abord évêque intrus, puis reconnu par Alexandre IV, en 1256; prince temporel d’Arezzo en même temps que chef spirituel du diocèse, Guillaume Übertini avait les allures d'un condottière plutôt que celles d'un évêque. D'humeur batailleuse, toujours en guerre avet ses voisins, la dague au poing et le casque sur la tête, il stipendiait une milice permanente avec le patrimoine des pauvres, nesongeait qu'à étendre sa suprématie territoriale, et fournissait l'occasion, par ses attaques, à de cruelles représailles, à toutes sortes de vengeances privées. 11 voulut faire revivre d'anciens droits de suzeraineté sur Cortone, et menaça de preadre les armes, si l'on ne cédait à ses exigences. À des droits douteux, Hugues Casali opposa l'indépendance de la ville, fruit de la bataille de Monteaperto ; dans tous les cas, il en appelait à l'arbitrage de Grégoire X, de qui ressortissait la

1. Le crime de don Marcellin était d'avoir énergiquement défendu la cause de la foi catholique et les immunités de son Eglise, c'est-à-dire d'avoir agi en évèque. Les Sarrasins, séides de Frédéric 11, lui laissèrent Île choix entre l'apostasie et le mort. 11 <hoïisit ia mort et renouvela en leur présence la sentence d’excommunication qu'il avait déjà portée contre leur maitre. Alers, its I lièrent les mains et les pieds, lui bandérent les yeux et l'attachèrent à da queue d'un cheval fox qui le traina jusqu'aux fourches patibulaires. Il fut penda le 8 mars 1248. (Histoire de l'Eglise, pur Rouns4- CHER, |. LXXIII.)

Toscane depuis ka donation de la comtesse Mathilde (xxo2), et que la maladie avait foncé de s'arrêter à Arezzo, à son retour du concile Lyon. Par malheur, ta mort du vénérable pontife (20 janvier 1276) rompit toutes es négemations, et l'évêque d'AÂrezzo s'abandonna à ses ukées belliyuenses.

La guerre ‘était inévitable. Marguerite s'en énut ; car te Sermit bien peu connaitre les saints ue de croire qu'ils sent insemsibles aux douleurs ‘ou aux jaies de leur pays.Loin-de bà,chez eux d'amour de Dieu se confond toujours avec l'amour de la patrie. Seulement üls ont leur manière à eux d'envisager des événements, et leurs armes pour repousser l'ennemi. Ce futau souverain Dominateur du cielet de la terreque wire Bienheureuse s'adressa, elle le conjura avec larmes de protéger la ville qui 1 donnait une sipénéreuse hospitalité. Celni-qui estatten- &f su moinore cri de l'aiglon perdu:dans les montagnes ne part fermer d'oreille à la fervenite prière de sa servante. Le 5 mai r277, au moment de le communion, lui dit : « C'est toi que J'établis da médiatrice de ka paix. Tu awertiras l'évêque qu'il doit s'acquitter, avant tout, des tbligations inhérentes à sa charge pastorale, ticpnoier ses troupes et conolume ta paix avec Certoez. Malheur à lui s'il n'obéit pas! (x) »

Marguerite, crdinairement si soumise, résista cette fois. Lai con vemaitil, à elle, la pauvre péche-

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