‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 55 sur 142 · BEVEGNATI, C. 11, 3 et · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. 11, 3 et

d'un tel emploi. Mais l'exemple de la vertu a ses séductions, et les grands sacrifices ont leur attrait pour les grandes âmes. Dès la première année, plusieurs personnes accoururent auprès de la Bienheureuse, pour solliciter la faveur d'être admises dans sa compagnie et de servir Dieu, sous sa direction, dans la personne des pauvres. Elle les réunit'en congrégation sous la discipline de saint François, mais sans les astreindre à la clôture, et composa pour elles des constitutions dont les sages prescriptions démontrent surabondamment que les élans mystiques de sa dévotion n’enlevaient rien à la netteté de son sens pratique, ni à la féconde activité de son génie d'organisation (1). Elle réussit à faire approuver son institution par l’évêque d'Arezzo, Guillaume Übertini (26 mai 1286), et sut la faire bénir par le peuple, qui désigna les nouvelles Tertiaires sous le nom de Poverelle, Sœurs Pauvrettes.

Par malheur, des noms de ces héroïnes de la charité, trois seulement sont parvenus jusqu’à nous, et encore est-ce presque sans détails. C'est Sœur Egidia, âme ardente, avide de sacrifices, au sujet de laquelle le Sauveur annonçait à Marguerite qu'il la placerait dans le chœur des chérubins (2); Sœur Adrienne, âme candide et

1. BEVEGNATI, Dissert., c. x; et Ms. de Ludovic DE PELAGO, fol. 219.

2. BEVEGNATI, c. VIlt, p. 6, et Dissert., c. 1V. — Sœur se mourut en 1205. (Ms. de Ludovic DE PELAGO, 01, 217.)

pure, qui, au retour du pèlerinage de Notre- Dame des Anges, échangea les souffrances de l'exil contre les joies de la patrie (1); et Sœur Marguerite de Sienne, la digne émule de notre Sainte, marchant comme elle d’un pas si rapide dans les sentiers de la perfection, que le Ré dempteur disait d'elle à la fondatrice : « Sache, à ma fille, que je la comblerai de mes grâces. Telleest k pureté de ses mœurs, qu'iln’y a pas d'âme à Coertone qui me soit plus agréable {2).» Les Sœurs Pauvrettes formaient une communauté régulière, unie par la pensée d'un même dévouement et poursuivant le même idéal sous la houlette de notre Bienheureuse, avec le Tiers- Ordre pour règle, le voile pour grille et l'hôpital pour cloitre. C'est la première institution de œ genre que nous offre l’histoire du moyen âge (3).

A cette congrégation de Tertiaires se rattachait une confrérie, ou mieux, une corporation qui en était l’auxiliaire et le complément. Cette seconde association formait ce qu’on est con-

1. BEVEGNATI, C. 1X, p. 50. — Le chroniqueur ne dit pas si la Sainte avait accompagné Sœur Adrienne. remarque seulement que les pèlerins se pressaient par milliers, le 2 août, autour de la chapelle de da Portioncule, et que Sœur Adrienne avait failli y être écrasée par la multitude. Disons aussi qu'il témoigne à trois reprises (c. x, pp. %4, 49 et 50) de l'authenticité de l'mdulgence de la Portioncule, accordée en 1216 au Patriarche d'Assise. (Voir notre Vie de saint François d'Assise, c.1x.)

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