BEVEGNATI, €. XI, p
8. La Congrégation conserva son cachet primitif jus qu'en 1591, où, selon le goût du xvi° siècle, on obligea les Sœurs à Ja clôture. (Ms. de Ludovic DE PELAGS, fol. 243.) Elle fut supprimée par la Révolution.
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. eu aujourd'hui-d'appeler une œuvre. L'œuvre . 8 disparu ; mais il ne sera pas sans intérêt d'en . re les constitutions, parce qu'elles nousinitient à la wie iatime des institutions charitables du moyen âge, à leur forte organisation, au but à la fois religieux et social qu'elles poursui- Fondée en 1286 et approuvée le 4 novembre de Ia même anmée par don Guillaume Ubertini, évêque d’Aresre, la corporation de Notre-Dame de la Miséricorde ouvrait ses rangs, sans dis- Éaction, à toutes des bonnes volontés. Un consoi d'administration électif avait pour attribu- . tion de régir les biens de l'hôpital et de recevoir Hsdegspioux. Maisle champ d'action de l'œuvre . était plus vaste : ilembrassait tonte la ville : et œrtains zélateurs, personnages influents ou . dames patromnesses, devaient s'enquérir des . besvins des pauvres de leur quartier, et soula- . @er de préférence les pauvres honteux (1). Des Rglements précis déterminaient les obligations de chacun ; deux clauses portent plus spécialement, ce nous semble, le cachet de la Sainte. L'une prescrit qu'on ait un soin particulier des Frères Mineurs malades; l'autre, qu'en cas de . Suerre civile, tous les membres de la Confrérie se groupent autour de leur gonfalon æt <m- Ploient tous leurs efforts à éteindre le feu de la discorde. C'était, on le voit, la charité savam- . Bent organisée, avec la Reine des miséricordes
1. « Ad relevandam necessitatem pauperum verecundorum. » (BEVEGNATI, Dissert., p. 150.)
pour patronne, le bien général pour but et le désintéressement pour moyen (1).
Ces deux créations, d’un caractère éminemment social, créations incomparablement plus belles que l'érection de l'édifice matériel, font le plus grand honneur à l'intelligence de Marguerite. C’est une innovation aussi hardie que féconde, qui n'attend que le génie de saint Vincent de Paul pour s'épanouir au soleil et couvrir le monde d'établissements de charité. Et pour innover de la sorte, pour arriver à ces hauteurs, notre zélée Tertiaire n’a besoin que de s'inspirer de l'esprit de sa Règle, et de se montrer fidèle aux traditions d'un Ordre qui, depuis saint François d'Assise jusqu'à nos jours, « a toujours eu une intuition remarquablement nette des formes nouvelles que la charité et la solidarité chrétiennes réclament à chaque époque (2) ».
Libérée de tout autre souci, la Bienheureuse pensait pouvoir désormais consacrer exclusivement ses journées et ses veilles à sa famille adoptive : les orphelins, les malades et les vieillards de l’hôpital de la Miséricorde. Mais il ne devait pas en être ainsi, Dieu lui réservait une autre mission, plus haute, plus féconde, plus étendue, qui devait s'exercer sur tout ce qu'elle chérissait le plus au monde : l'Église, l'Ordre de Saint-François et la ville de Cortone.
1. BEVEGNATI, Dissert., pp. 112, 114, 150 et 154. 2. Claudio JANNET. Voir le journal l’Union économique, 1° décembre 1884.