Ibid., c. XII, p
ne pouvons passer sous silence, parce qu'elle fait resplendir, dans les radieuses clartés des opérations divines, cette étonnante similitude de mission que nous avons déjà signalée entre la grande pénitente de la Judée et celle qui, treize siècles après, reproduit au vif ses ardeurs séraphiques, ses privilèges, son apostolat et jusqu'aux merveilles de sa vie cachée.
Marguerite vivait constamment par la pensée sur les hauteurs du Golgotha. Elle s'y tenait au pied de la croix dans la compagnie de la Mère des douleurs et des saintes femmes de l'Evangile, et suppliait l’adorable Victime du Calvaire de verser à flots dans son cœur les amertumes du calice de la Passion (1). Le divin Rédempteur condescendit à des désirs si conformes aux siens. Dans la nuit du Jeudi Saint, probablement en l’année 1287 (2), il lui ordonna de se rendre le lendemain matin à l'église des Frères Mineurs, où elle participerait plus que personne à l’ineffable martyre de Marie. Il faudrait une plume séraphique pour raconter de si célestes merveilles. Laissons du moins au vénérable dépositaire des secrets de la Sainte le soin de nous décrire la scène dont il fut témoin et que nous appellerons, avec Marguerite ellemême, la scène de son crucifiement mystique.
« Le Vendredi Saint, écrit-il, la servante de