BEVEGNATI, c. v, pp. 3 et
le fait d’abord pour Cortone; puis il ajoute: « L'action salutaire de sa mission s'étendit bien
au delà des frontières de la Toscane. Prêtres et :
fidèles, nobles et plébéiens accouraient de tous côtés, de Gubbio, de Rome, de Florence, jusque de France et d'Espagne (1) », afin de contempler les traits de la Sainte, de recevoir ses conseils ou de solliciter par son entremise la guérison d’un malade, la délivrance d'un démoniaque, la conversion d'un pécheur. Lui-même raconte qu'il était assiégé par les pénitents, éclairés ou touchés par la parole de la Sainte, et qu'il lui arriva, dans un mouvement d’impatience, de laisser échapper ce mot devant elle : « Je ne puis suffire à nettoyer tant d’étables en un seul jour! — Ce ne sont point des étables que vous nettoyez, répartit-elle avec un doux sourire, mais des temples que vous purifiez (2). »
Nous avons cité cette boutade de Bevegnati, parce qu'elle fait ressortir, mieux qu'un long discours, l'influence profonde autant que bienfaisante qu'exerçait sur les âmes l’apostolat de Marguerite.
C'est donc un fait avéré, nul n’approchait de l'atmosphère divinement embaumée de sa cellule sans se sentir profondément remué. Ce résultat ne doit pas nous surprendre; car c'est le propre de ces temps de foi de nous présenter toujours le crime côtoyant la vertu, et souvent dans la même vie d'abominables désordres ré-