‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 70 sur 142 · BEVEGNATI, C. IX, p · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, C. IX, p

Résumons-nous. Une fille du peuple, une pauvre pécheresse choisie de Dieu pour être l'organe de sa voix et la médiatrice de la paix; une cité remuée par l’apostolat de sa parole et par l'efficacité de ses exemples; Cortone devenant l'écho de Rome, et les révélations d’une recluse confirmant les solennels avertissements du chef de l'Eglise : ces faits, si glorieux pour Marguerite, constituent sa mission extraordinaire.

On peut nier, quoique à tort, le caractère surnaturel de cette mission ; mais on n’en saurait supprimer ni l'opportunité ni le côté grandiose, et même à ne considérer que les saintes audaces de cette fille de villageois, on sera obligé de reconnaître qu'elle avait, sur les questions alors agitées, des vues qui dépassaient celles des plus habiles diplomates de son temps. Si les résultats ne répondirent pas aux ardeurs de son zèle, si la tentative de croisade se termina par un désastre irréparable, ce n'est pas sur elle qu’il faut en faire retomber la responsabilité.

Nous livrons aux méditations des hommes habitués à réfléchir ces considérations, ou plutôt ces aperçus sur l'influence sociale de sainte Marguerite, et nous revenons en hâte à l'étude de son cœur. Aussi bien serait-ce se méprendre sur la grandeur réelle des saints que de les juger seulement d’après quelques actions d'éclat. Pour les bien connaître, il faut pénétrer dans leur vie intime. C’est là que

s'épanouissent, sans commande ni contrainte, toutes les qualités de leur esprit, toutes les tendresses de leur cœur. Ne craignons donc pas de descendre des hauteurs où nous avons contemplé l'héroïne de Cortone, de franchir le seuil de son ermitage et d'interroger les secrets d'une existence toute faite de silence, de sacrifices et d’abnégation. Nous y apprendrons par quels âpres et ténébreux sentiers marchent les âmes d'élite, avant d'atteindre les cimes lumiïneuses de la perfection.

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