Ibid., c. IX, p
Par humilité, le P. Bevegnati n’a pas publié ses réponses à de tels messages; mais elles devaient évidemment porter ces caractères d'’oubli de soi-même, d'abandon total à la volonté de Dieu, de zèle des âmes, que le souverain Juge se plaît à louer en lui. Ce dont on ne peut douter, c'est que grande fut sa joie en lisant des épîtres qui sont elles-mêmes une magnifique réponse à ses exhortations. Grande est aussi la nôtre, en les parcourant après lui. On sent qu’un souffle angélique, ainsi qu'il l'affirme lui-même, court à travers ces lignes. Quoi de plus suave que ces sentiments de paix qui les remplissent et qui contrastent si vivement avec les troubles de l'époque! Quoi de plus admirable que l'énergie avec laquelle la Bienheureuse s'élève contre les violateurs de la loi divine! Quoi de plus touchant que l'affection, plus pure et plus limpide que le cristal, qui unit ces deux belles âmes! Quoi de plus ravissant enfin que le saint enthousiasme avec lequel ces deux séraphins de la terre, l'apôtre et la recluse, mélant leurs voix aux concerts harmonieux de leurs frères du ciel, modulent alternativement les versets du cantique de la louange et de l’action de grâces! « Nous vous louons, nous vous adorons, Seigneur, dit la recluse. — O Dieu trois fois saint, Dieu des armées, toute la terre est remplie de la majesté de votre gloire », répond l’apôtre.
Nous sommes loin d'avoir épuisé tout ce que renferme de poésie, de douleurs, de chant et d'enthousiasme, l’histoire dela Victime de Jésus,
et nous ne la connaîtrions que très imparfaitement, si nous ne pouvions parvenir à saisir quelques-uns des secrets de son commerce intime avec le Créateur.
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