CHAPITRE XII LA CONTEMPLATIVE
En posant le pied pour la première fois dans le réduit où elle allait s’ensevelir toute vivante, Marguerite aurait pudire avec le Prophète-Roi : « C'est ici le lieu de mon repos, j'y fixerai ma demeure. » Cette troisième cellule, ainsi qu'elle se plaisait à l’appeler, fut, en effet, la dernière qu'elle occupa en ce monde. Elle y resta neuf années, comme si Dieu eût voulu que, par une juste réparation, elle lui consacrât le même espace de temps qu’elle avait donné au monde et à l’iniquité.
Sur ces neuf années, la première s'écoula au sein des tribulations qui ont fait le sujet du chapitre précédent, et les huit autres dans les suavités de la contemplation, alternant avec les langueurs et les souffrances qui en sont inséparables. On ne peut comprendre cette seconde partie de sa vie pénitente qu'en se reportant à la Sainte-Baume (1), à ces roches de la Provence où la pécheresse de l'Evangile passa les trente dernières années de sa vie.
Dès le premier instant de sa conversion, Marguerite s'était senti un attrait particulier pour