‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 86 sur 142 · BEVEGNATI, €. IV, p · texte numérisé non relu

BEVEGNATI, €. IV, p

2. Ibid., c. 1x, p. 34: « Quæcumaque creatura diliget te, faciam et s ;eciale donum gratiæ, amore tui. »

passa à Cortone, les neuf dernières ne furent pas seulement la partie la plus utile, parce qu'elle y traita exclusivement d'intérêts sacrés; elles en furent aussi la partie la plus méritoire, parce qu'elle y participa plus abondamment aux ignominies et aux douleurs de la Passion ; et la plus heureuse, parce que même au sein des orages de la partie inférieure, la fine pointe de son intelligence, comme dit saint François de Sales, demeurait dans une sérénité inaltérable, comme ces montagnes dont le sommet baigne dans des flots de lumière, pendant que la base tremble sous les éclats du tonnerre.

C'est pour cette seconde période de sa vie pénitente qu'on peut lui appliquer ce que le Sauveur a dit de Marie-Madeleine : « Elle a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »

La meilleure part, c'est la contemplation, avec ses adorations, ses joies, ses sacrifices et ses larmes : ne commence-t-elle pas, au sein même des douleurs de l'exil, cette vie de la patrie qui consiste toute dans la vision et l’amour de la vérité pure ? Mais à cette part où l’homme s’entretient avec Dieu et mêle son activité propre aux douces prévenances de la grâce, le Très-Haut en ajoute, quand il lui plaît, une autre purement gratuite, plus éminente, mais transitoire, où il parle et agit directement, et où l’homme est purement passif. C'est ce qui eut lieu pour la contemplative de Cortone, et si fréquemment, que son rocher était devenu, sous ce rapport, le pendant de la Sainte-Baume.

Ouvrons avec confiance le livre de ses révélations ; car l’atmosphère divine qu'on y respire, la droiture et la sincérité de l’extatique, la fidélité de l'historien, tout nous en garantit l’authenticité. Bien que l'humilité de la voyante et l'absence prolongée de son biographe aient dérobé à notre connaissance plusieurs de ces célestes entrevues ou ces détails qui donnent aux événements comme aux personnages leur véritable physionomie, ce qui nous en reste tient une place trop importante dans l'existence de notre héroïne et y trace un sillon trop lumineux, pour que nous n’y donnions pas toute notre attention. C’est comme un phare placésur notre route pour l’éclairer.

On peut diviser ces révélations en trois classes : les unes sont relatives à l’état de l'Eglise et à la délivrance des saints Lieux; les autres, à la recluse elle-même ; d’autres enfin, à cet Ordre de Saint-François auquel elle appartient. Les premières ont servi de base à notre étude sur l'essai de croisade de Nicolas IV ; il nous reste à examiner les deux autres.

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