CHAPITRE XIII
Commençons par les révélations qui concernent directement la servante de Dieu.
Un jour, après la communion, Notre-Seigneur se manifeste à elle et l'interpelle trois fois, comme il avait interpellé Pierre le prince des Apôtres, dans des termes identiques et dans le même but, pour provoquer de sa part une protestation de foi et d'amour : «< Marguerite, m'aimes-tu ? — Ah! Seigneur, non seulement je vous aime, mais je souhaïterais d’habiter dans votre Cœur. — Pénètres-y donc et qu'il soit ton refuge. » Et il reprend : < Marguerite, m'aimes-tu ?» Et la voyante, mtimidée par cette interrogation réitérée, réplique : « Non Seigneur. — Quand m'aimeras-tu ? — Je vous aimerai lorsque je ressentirai dans tout mon être tous les tourments de votre Passion. »
Et le divin Maitre l’interroge pour la troisième fois : « Marguerite, m'aimes-tu ? — Non, Seigneur ; si je vous aimais, je vous servirais mieux. J’estime qu'aucune créature ne peut vous aimer autant que vous le méritez; mais je voudrais du moins pouvoir, par l’effusion de mon sang, vous prouver l'inviolable attachement de mon cœur. — Veux-tu mourir
ES PEAR Li “mere RTE as PE
NE += Er PUR AR à LT A ME & x Spas SP RE APRES msn
sur la croix comme saint André ? — Comme il vous plaira, Seigneur, pourvu que je meure d'amour et que je sois crucifiée avec vous (1). — Et moi, je te bénis (2). »
Acte de foi et protestation d'amour, dévotion au Sacré-Cœur et esprit de sacrifice qui en découle, cette première révélation renferme déjà tout le secret de la sainteté de la recluse. Cependant Notre-Seigneur revint peu de temps après sur le même sujet. Il se montre à Marguerite tel qu'il s'était montré à l’apôtre saint Thomas et lui dit : « Mets ton doigt dans les plaies de mes mains. » Et comme elle n'ose le faire, retenue par le sentiment de son indignité, soudain il lui découvre, béante et resplendissante de lumière, la plaie de son côté. L'extatique y plonge un regard avide et, encore voyageuse ici-bas, elle contemple ce Cœur devenu le sanctuaire de l'amour et l'admiration des anges, ce Cœur d'où est sortie, rayonnante de beauté, l'Église catholique, comme Eve était sortie des flancs du premier homme, ce Cœur qui demeure à jamais la source mtarissable d'où la vie s'épanche à flots sur la création, la grande école du sacrifice, le foyer toujours ardent oùse ravivent les flammes de la divine charité. Alors l'amour bannit toute crainte du cœur de Marguerite. Elle baise avec transport les stigmates du divin Crucifié, et dans l'ivresse de sa jubilation elle se croit déjà parmi les dé-