BEVEGNATI, C. VI, p
l'effusion de mon sang sur le Calvaire. Dis-lui que l'innocence des petits enfants captive mon cœur, et que j'aime à cueillir leurs âmes, lis immaculés, pourles transplanter au ciel, avant que le souffle empesté du monde n'ait flétri leur blanche corolle (1). »
Enfin, tandis qu'elle offre ses jeûnes et ses prières pour les âmes du purgatoire, elle apprend que son père, sa mère et l'époux de Marina sont montés, après un long séjour dans les cachots de lexpiation temporaire, au lieu de la béatitude et de la paix. Elle apprend de même que l'âme du P. Jean de Castiglione kebite les parvis célestes, et que celle d'Egidia,sa compagne, est parmi les chérubins (2).
Jusqu'ici, c'est Notre-Seigneur qui lui parle directement. Ailleurs, c'est l'ange proposé à sa garde qui lui apparaît. Il lui montre son nom gravé en lettres d'or au livre de vie (3), et alors s'engage entre eux un colloque qui tient plus du ciel que de la terre. « Ange de Dieu, lui demande-t-elle avec une exquise simplicité, faitesmoi connaître, je vous prie, à quels signes je dois reconnaître les vrais amis de Dieu, c’est-àdire les élus. — Celui-là est un élu, répond l’envoyé céleste, dont le cœur, dégagé de toute convoitise terrestre, est uni à son Créateur, tend sans cesse vers lui et ne soupire qu'après lui. —