BEVEGNATI, C. IX, pp. 19 et
2. Le mot relâchement ne signifie pas ici oubli des devoirs essentiels de la vie religieuse, contamination des cloîtres par l'irruption des vices du siècle, mais déviation des sentiers de la très haute pauvreté, par lesquels saint François a voulu conduire ses disciples au sommet de la perfection.
3. Les Spirituels eux-mêmes se scindèrent en deux branches. Les uns, avec Conrad d'Offida et Jacopone de Todi, constituèrent une famille distincte, celle des Ermites Célestins, ainsi nommée du pape Célestin V, qui l’approuva (1294); elle fut dissoute par Clément V. Les autres restèrent dans l'Ordre.
entrainer les clercs dans le mouvement de perfection séraphique qu'avait imprimé saint François. Les uns et les autres défendaient leurs opinions avec chaleur.
Bientôt les Spirituels eux-mêmes se scindèrent en deux branches : les Ermites Célestins et les Spirituels proprement dits.
Les Ermites Célestins, ainsi nommés du pape Célestin V, qui les approuva (1294), formèrent un groupe indépendant de l'Ordre et soumis seulement aux évêques, sous la direction du Fr. Libérat. Plusieurs d’entre eux, Conrad d’'Offida, Ange de Cingoli, saint Thomas de Tolentino, le poète Jacopone de Todi, jouissaient d'une véritable célébrité, d’ailleurs bien justifiée. Cette Congrégation était fort peu nombreuse et n'eut qu’une durée éphémère. Quelques-uns de ses membres se donnèrent le tort de contester la légitimité de l'élection de Boniface VIII (1), et celui non moins grand de résister opiniâtrement à l'injonction qu'il leur fit de rentrer dans le giron de la famille religieuse d'où ils étaient sortis. La Congrégation fut dissoute par Clément V, sans qu'il leur imputât la moindre erreur doctrinale ; il voulait seulement maintenir l'unité dans l'Ordre des Mineurs.
I. C'est ce qui ressort d'une lettre de Pierre Olive adressée au bienheureux Conrad d'Offida et conservée à Rome (Bibl. borghesiana, sæc. xu11, n° 250). Dans cette épitre, qui est comme son testament, il établit la légitimité de Boniface VIII et prie le bienheureux Conrad de travailler à dissiper les préventions répandues contre ce pontife.
La branche des Spirituels eut plus d’importance et souleva beaucoup plus d'orages que k précédente. Elle agita surtout les provinces de Toscane, de Provence et de Sicile. Le vénérable Pierre-Jean Olive était l'âme du parti; Hubertin de Casal, Jean de Parme, Pons Carbonnel et Raymond Geoffroy en étaient les colonnes (1).
Ïl est certain qu'Hubertin de Casal fut en rapport avec la recluse de Cortone. Lui-même le laisse à entendre et Bevegnati l’affirme (2). Après avoir enseigné pendant neuf ans la phi losophie et la théologie à Paris, Hubertin revint en Toscane, y Ha connaissance + avec des personnages tout remplis de l'esprit de Dieu, Pierre de Sienne le cardeur, la pieuse vierge Cécile de Florence, et d’autres encore (3) ». Parmi ces autres qu'il ne nomme pas, il faut compter sainte Angèle de Foligno et sainte Marguerite de Cortone. II vint, en effet, dans cette dernière ville, où demeurait son frère Johannin (4), également Frère Mmeur, visita l'humble voyante et s’entretint avec elle des affaires de l'Ordre.
Le P. Ubald, Gardien du couvent de Cortone, et Giunta Bevegnati la consultèrent à leur tour sur l’idée de la réforme qu'Hubertin propageait partout, et sur diverses questions qui passionnaient alors les esprits. Aussi docile qu'elle