SAINTE-M 4RIE
ainte-Maiue couronne le bord oriental d’une sorte de plateau allongé de l’ouest à l’est, à l’extrémité duquel la ville d’Auch fut reconstruite vers le milieu du xe siècle.
A la base de la pente rapide qui termine ce plateau coule le Gers, du ?sud au nord, pour aller, quelques lieues plus bas, réunir ses eaux à celles de | la Garonne.
L’abside de l’Eglise se montre comme suspendue au sommet de la colline. Vu de loin, à quelque distance de la ville, l’ensemble de l’édifice tranche par * sa masse imposante et sa teinte séculaire. Il se détache admirablement de ce pêle-mêle d’habitations humaines, qu’il ne semble dominer que pour les couvrir de
son ombre protectrice, cl porter vers les eieux le tribut commun des vœux de la cité.
Sous les premiers successeurs de Charlemagne, la Cathédrale d’Auch était encore sur le bord de la rivière. Mais :i partir de la seconde moitié du IV siècle, nos prélats donnèrent la préférence à la place qu’elle occupe; et le nouveau site se trouva désormais tout a fait en harmonie avec les idées du moyen-âge. Car on sait que 1 art chrétien de la période ogivale a généralement fait choix, pour les grandes basiliques, des emplacements les plus propres à les faire dominer, majestueuses et imposantes, au-dessus de toutes les choses d’ici-has.
Sauf la façade occidentale et les deux tours qui la couronnent, tout l’édifice présente, au premier coup d’œil, l’apparence d’une construction homogène, et laite d’un même jet, si l’on peut s’exprimer ainsi. Dans son ensemble, de même que dans tous les détails qui tiennent aux grandes lignes, il offre un type très complet de l’architecture religieuse, telle qu’on la pratiquait vers les derniers temps du règne de l’ogive. Les murs ont, au dedans et au dehors, un revêtement de pierre calcaire, dont l’appareil est mélangé.
Notre but, dans cette Notice, est de décrire la Cathédrale, telle qu’elle existe actuellement. Mais avant de l’étudier dans ses détails, il n’est peut-être pas hors de propos de remonter le cours des siècles, afin de donner au lecteur une idée des transformations qu’elle a subies.
Du reste, c’est l’histoire d’un monument d’art chrétien que nous voulons interroger, et nullement celle des fidèles ou du clergé dont il proclame si liant la munificence, et le zèle pour la maison du Seigneur. Aussi nous attacherons-nous, avant tout, à recueillir les faits qui ont quelque rapport a son origine, â ses progrès, et aux diverses phases de son existence,
Nous ne devons pas néanmoins omettre absolument les créations importantes, qui sont comme une émanation de la chaire épiscopale, ou laisser tout h lait inaperçue la part d’influence qui revient à la métropole, dans les événements de la cité, et quelle exerce, d’àge en âge, par l’action immédiate de l’évêque et du chapitre.