‹ Sainte-Marie d'AuchChapitre 20 sur 63 · NON HOMO, OPPROBIUUM HOMINÜM ET ABJECTIO PLEBIS · texte numérisé non relu

NON HOMO, OPPROBIUUM HOMINÜM ET ABJECTIO PLEBIS

» Item, je donne à lad’Eglise Saincte-Marie un pluuial, une chapelle et un drap de mort de velours noir.

» Item je donne à lad’Eglise une tente de tapisserie, etc.

«Item je donne à la chapelle du St-Sacrement de mon Eglise métropolitaine la tente de tapisserie qui y est de présant tandeüe, avec les quatre grands tableaux qui y ont esté cy-deuant mis en lad’chapelle.»

Léonard de Trapes fut à peine assez heureux pour voir Jehan Cailhon mettre la main à l’œuvre. Une courte maladie, dont les progrès furent très rapides, mit fin à ses jours, le 29 octobre 1629, et plongea dans le deuil la ville d’Auch et tout le diocèse. La population entière déplora sa mort comme une grande calamité publique. Jamais, disent les mémoires du temps, ses grandes dépenses, faites dans l’intérêt de la Cathédrale, ne l’avaient empêché de continuer le don annuel de cinq cents sacs de blé, et de plus l’entretien complet de treize pauvres, selon l’ancien usage de nos archevêques.

Scs restes furent déposés, comme il l’avait prescrit, dans une des chapelles de la crypte, sous une simple dalle funéraire. Mais le Seigneur, qui se plaît à élever celui qui s’abaisse, ne tarda pas de glorifier cette humble sépulture par des faveurs signalées.

Dominique de Vie fut désigné pour succéder à Léonard de Trapes, dont il était le coadjuteur depuis quatre ans, sous le titre d’archevêque de Corinthe «in partibus.» Le livre Noir-nouveau nous apprend qu’il ne fit son entrée et prise de possession, comme archevêque d’Auch, que le 12 novembre de l’année 16342. Les Frères de Sainte-Marthe expliquent ce long retard par une peste qui aurait désolé le pays à cette époque3.

1634 Dominique prêta au chapitre le serment d’usage. Mais il refusa de suivre l’exemple de ses prédécesseurs, qui dotaient invariablement leur Cathédrale d’une chapelle complète, le jour de l’intronisation*.

Il avait eu une trop grande part aux œuvres du bienheureux Léonard pour ne pas se montrer le digne héritier de son zèle. Les travaux de Jehan Cailhon se poursuivaient, depuis quatre ans, sous la surveillance du chapitre. Lorsqu’il les vit toucher presque à leur terme, Dominique s’occupa de donner suite au projet, arrêté depuis longtemps, de continuer les verrières. Les fenêtres des basses-nefs et de la claire-voie venaient de recevoir la grosse ferrure, avec leurs meneaux droits et flamboyants, que les mémoires de l’époque désignent sous les noms, assez barbares, de «remplaiges, ou remplissages.»

1 Léonard archevêque d’Auch, «ver de lerre et non pas un homme, 3 Gallia Chrisliana. Tom. 1, col. 108.

l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. » Ps. xxi, v. 7. 4 Cette chapelle devait être de douze mille livres, valeur consacrée

5 Fol. 191- par l’usage dans notre Cathédrale.

Et quoique « la pierre employée à les faire ne fût pas jugée bonne, » on avait hâte d’en finir, nso.

Dans le choix des vitraux, on devait s’arrêter naturellement à continuer cette riche décoration selon 1 idée déjà exécutée dans les deux grandes zones de baies à jour, qui éclairent le haut et le bas du chevet. Nous lisons, en effet, à la date du 12 décembre 1639, dans un compte-rendu des recherches déjà faites à cette fin : « De plus est à remarquer qu’on désire faire les vitres en deux façons, scauoir les dix-huict den haut les faire de verre blanc, auec les bordures peintes, et en outre le haut qui sera en tiers point sera aussi peint. Les quinze restantes, en ce comprins les trois os’, les faire toutes peintes en grandes et belles figures de personnages et armoiries qui surpassent le naturel, accompaignées de quelques beaux desseings soict d’architecture, soictde quelqu’autre riche inuention, en sorte qu’il n’y paroisse pas un pouce de verre blanc, le tout conforme au reste des vitres de l’église, proportion obseruée. Et pour ce qui est des figures, on baillera par estât ce qu’on désirera qu’elles représentent, et en ceste peinture est requis jusqu’à présent, étant la besoigne un peu dilficille quoiqu’en Goiscoygne il y ait quelque habile maistre capable de l’entreprandre.

» Le desseing ainsin supposé,» ajoute le mémoire, « il est question de venir à l’exécution. Et quand à ce il a esté proposé diuerses façons de traicter, dont les unes ont esté a entreprendre toute la besoigne tant ce qui touche la vitrerie, plomberie, ferrure, etc., et en ceste façon on a pensé qu’on n’y pouuait pas trouuer bien le compte à l’aduentage de l’église. On a donc pensé qu’il serait plus a propos de diuiser toute la besoigne suiuant les espèces et bailler à faire la ferrure au serrurier et la vitrerie auec la plomberie aux vitriers.»

Page 1