LE JUBÉ ET LE SÉMINAIRE
ous apprenons, en effet, par les mémoires du temps que les plans et devis du Jubé étaient en étude, antérieurement à cette dernière date, et même avant la mort de Dominique de Vie, 11®' puisque ses armes figuraient dans le dessin. Toutefois, l’acte public des conventions n’avait été (IP passé que depuis la vacance du siège, « entre Mrs les intendants de lad’fabrique métropolitaine Ste Marie, d’une part, et le Sr Geruais Drouet, maistre architecte de la ville de Thole (Toulouse) et sculpteur du roy.»
Drouet était élève de Guépein le Tourangeau, auteur des sculptures sur pierre qui décorent l’entrée du chœur de la cathédrale de Toulouse. Il jouissait d’ailleurs, lui-même, d’une réputation bien établie par différentes œuvres d’art chrétien, dont la plus estimée est un groupe colossal représentant le martyre de St Etienne.
1662 Cependant, Henri de La Mothe-Houdancourt, évêque de Rennes et grand-aumônier de la reine-mère, Anne d’Autriche, venait d’être promu au siège d’Auch. Mais sa prise de possession n’eut lieu qu’environ deux ans après la nomination royale. Elle fut signalée par un incident dont le chapitre se montra peu satisfait, et qui ne nous semble pas tout à fait étranger à cette histoire. Les chanoines, réunis en corps, attendaient le nouveau prélat autour d’un autel, dressé, selon l’usage, au milieu du porche de la Métropole, pour la cérémonie de réception. Sur cet autel était ouvert le livre des quatre Evangiles, à côté de celui qui contenait la formule du serment que font, disent les archives, « par la coustume invariablement obseruée despuis plusieurs siècles, nosseigneurs les archeuesques plustot que d’entrer dans la dite eglize, sur la porte d’icelle, d’observer le privilège et maintenir les loix de la dite églize’.»
D’après le livre Noir-nouveau2, Léonard de Trapes et Dominique de Vie avaient seuls prêté le serment d’usage, depuis que le cardinal de Tournon avait essayé de s’y soustraire, en décembre 1547. Plus résolu que ce prince de l’Eglise n’avait osé le paraître, Henri de La Mothe « obmit de faire lcd serement, et passa outre. De tout quoy le chappitre l’en auroit requis souuent par des depputations fréquantes de plusieurs personnes de leur corps. Lesquels n’ayant rien aduencé, ils auroient esté enfin contraintz de
1 Voir, plus liaul, page 41.
’ Fol. 191-233.
1 en supplier par acte du 12 mai 1065 auec tous les respects et soubsinissions possibles. A la signification îooë. duquel te dit seigneur fit une response qui auroit pu deuenir présiudisciable au chappitre, par les mauuaizes interprétations que ses ennemis y donneroient. Lesditz scindiez, parordre d’iceluy fournirent à mesme temps leur repartie, laquelle fut couchée dans le registre des notaires en suitte de la response de Monseigneur, et conçue en ces termes : lesquels sieurs scindiez repartirent avec le même respect et soubsmissions que cy-deuant, que l’entrée de Monseigneur dans la salle capitulaire dépendoit entièrement de son bon plaisir; le chappitre ne prétbendant pas exiger cet honneur de mondit seigneur, s’il ne lui est agréable; mais seulement en cas pour sa commodité il voudra accomplir dans le chappitre plus tôt qu’à la grande porte de l’eglize la forme de sa réception et du sercment ordinaire, presté par tousseigneurs les arclieuesques plus tost d’entrer dans la dite églize.»
Henri ne crut pas devoir souscrire à cet arrangement. Il suivit, en outre, l’exemple de son prédécesseur, en refusant au chapitre la chapelle d’intronisation. Le trésor de Sainte-Marie était pourvu d’un riche mobilier1. Le nouveau prélat jugea plus convenable de ménager ses ressources personnelles dans l’intérêt des grandes œuvres diocésaines qui étaient encore en souffrance.
La construction du Jubé se poursuivait depuis un an. Mais les avances faites à Drouet s’étaient épuisées en premiers frais de fondation, d’approvisionnements et de main-d’œuvre. « Six colonnes monolithes de marbre blanc et rouge et chaque colonne de la hauteur de trese pains2 et demy et de la grosseur à proportion, estaient prestes; led’entrepreneur les avait désia faites porter à la Chanoinye.
Des pierres étaient également taillées et en réserve dans les galleries de la maison de la fabrique, pour quatre niches, leurs culs de lampes, soubassements des niches et deux pieds destaux qui fesaient aduencement dans le dessein agréé le cinquiesme de may 1602.»
Henri de La Mothe, peu satisfait de ces commencements, se fit présenter le plan d’élévation. Il proposa divers changements qui emportaient la suppression des quatre niches, et transféraient les statues au haut du Jubé; de manière à reproduire, au centre, un souvenir de la douloureuse scène du Calvaire.
Quant au groupe qui se détache sur la façade, au-dessus de la porte d’honneur, Drouet aurait voulu, dans ce nouveau projet, et, « si tel estait le bon plaisir dud’seigneur archeuesque, figurer l’image de la Vierge portant un petit iésus accompaignée de dus anges, l’image delà Vierge de la hauteur conuenable, et celles des anges de la hauteur de six pains3. Mais le prélat aima mieux que sus la ditte porte fussent posées les images en bosse des quatre évangélistes.»
L’article neuf du contrat, qui traite de ce groupe, ne dit rien des dimensions arrêtées dans le dessin pour tes évangélistes et les quatre symboles qui les caractérisent. L’article dix, au contraire, ne laisse rien à désirer au sujet des statues qui doivent couronner l’entablement. Chacune d’elles, est-il dit, « sera de la hauteur de huit pams1, et de la ditte pierre de Taillebourg. Et sur le milieu un crucifix de bois de tilh, de pareille hauteur de huit pams; et la croix de bois de chesne, grande à proportion.»
Les nouvelles conditions furent reçues et signées, « le 23 du mois de mars 1665, dans le palais archiépiscopal de lad’ville et cité d’Auch, par ledit sr Gervais Drouët, maistre architecte et sculpteur de la ville de Thole5.» Et tout se trouvant ainsi réglé dans l’intérêt de la fabrique, Henri de La Mothe porta son attention sur les études cléricales.
1 Chaque chanoine donnait une chape à la fabrique, le jour de son installation, et de plus soixante livres pour l’entretien des ornements sacrés. Mais c’est surtout du don épiscopal, consacré par l’usage, que venait la richesse du mobilier de la Cathédrale.
“ Environ 3 mètres 05. — Le pan linéaire, mesure d’Auch, était de cent lignes, c’est-à-dire 0 mètre 226.
5 Environ 1 mètre 36.
* Environ 1 mètre 81.
5 « Lequel Droüet promet de bien et duemenl faire et mettre en place la ditte œuvre, et ce dans la fesle prochaine de Toussaints, à la réserve des ligeures dont il faira et posera la moitié dans neuf mois et la moitié restante dans autres neuf mois; posant chaque figeure, à
Il avait reconnu, dès les premiers mois de son séjour à Auch, que les douze bourses du séminaire d’Est étaient loin de répondre aux besoins du diocèse. Et d’ailleurs on eut soin de 1 informer que les sujets « nommés et pourueus de ces places par aucuns des héritiers du fondateur, l’estoient souuent en bas aage, sans aucune vocation à l’estât ecclésiastique. Qu’après y avoir appris les lettres humaines, les uns auoient pris le parti de l’espée, les autres faict la marchandise ou autres vocations laïques. Que ceux qui s’estoient voués à l’estât ecclésiastique estoient sortis de cette maison, auant que d’estre formés aux vertus que cet estât exige, et d’estre préparés à la réception des Ordres sacrés, les reuenus n’estant pas d’ailleurs sufïizants pour que les directeurs pussent les y former assez longtemps1.»
La nécessité d’une nouvelle organisation était donc incontestable. Le sage prélat forma le dessein de la réaliser dans un autre local et sur une plus vaste échelle. Avant tout, il voulut se préoccuper des avantages d'une belle exposition; et, dans ce but, il acheta, pour la somme de deux mille huit cent quarante et une livres, deux maisons avec enclos, situées hors des murs, à l’occident de la ville. Après toutes les démolitions et les modifications du sol reconnues indispensables, un vaste emplacement se trouva prêt à recevoir le tracé des nouveaux plans2.
Les fondations étaient à peine ouvertes, lorsque Henri de La Mothe fut rappelé à la Cour par la confiance dont l’honorait la reine-mère. Anne d’Autriche sentait, depuis près d’un an, les atteintes d’un mal que sa répugnance à le découvrir avait déjà rendu incurable. Elle était dévorée par un cancer; et les souffrances finirent par s’aggraver à un tel point, que, le 2 du mois d’août 1665, l’auguste malade sollicita les derniers secours de l’Eglise.
Le danger cessa néanmoins contre toute apparence; mais on eut souvent de semblables alarmes qui cependant laissaient au grand-aumônier, par intervalles, une certaine liberté, sans qu’il lui fût jamais possible de regagner définitivement son diocèse. Enfin, le mardi, 19 janvier 1666, Anne d’Autriche reçut de nouveau le Saint-Viatique. Dans la nuit, on lui administra 1 Extreme-Onction; et vers cinq heures du matin, elle rendit le dernier soupir3.
Sept jours après ce triste événement, Henri de La Mothe écrivait à son vicaire général : « Je seré désormais plus libre et attaché à ce diocèze que je n’eusse pas esté sy elle eut uescu. J espère partir au pr jour du mois qui entre, etc., etc.» Il partit, en effet, dans le commencement de février, et son premier soin, en arrivant à Audi, fut d’ordonner dans sa Cathédrale « un seruice particulier ou rien ne manqua de ce qui est sortable a la mémoire d’une si grande Reyne et princesse*.»
Anne d’Autriche, dans ses derniers moments, avait recommandé à son grand-aumônier de faire prier Dieu de toute part, pour le repos de son âme3. «La Reyne,» dit-il lui-même, à ce propos, « auoit toujours eu une dévotion particulière à la Saincte Trinité et au Sainct Sépulchre, sur 1 invocation de laquelle elle s’estoit souuent proposé d’ériger une chapelle, au bas de laquelle ou sur l’autel seroit le
mesure qu’il l’aura achcude, en commençant par le crucifix et les deux figeures qui l’approchent; et le tout moyennant le prix de seize mille liures, sur laquelle sera précomptée la somme de . cy-deuaut recette par ledit Drouët. Et le restant, qui est la somme de . lui sera
payée en trois diuers termes et payements esgaux .
» Reste accordé qu’au cas que les diltes figeures ne seroient faites bien et stiiiianl l’art, qu’en ce cas qui seroit uérifié par lesd’esperts, la somme de quatre cents liures sera diminuée du prix du présent bail pour chaque grande figeure qui se trouuera rebutée, et deux cent liures pour chacune des petites pareillement rebutées.»
1 Bernard Simon Lafont, syndic du séminaire. « Requeslc d’union à Vous Monseigneur l’Illustrissime, cl Révérendissime, etc., etc.»
2 Me Joseph Lunet. Inventaire général des actes et documents du séminaire Saint-Joseph, de la ville d’Auch, fait au mois de décembre de l’an 1744, page 13 et 27. — « L’Illustrissime seigneur Henry de La Mothe-Houdancourt fit bastir un grand logement dans un enclos considérable, qu’il auait acheté, confrontant du midy à rue publique, dite LE carrelot de las hemnes, du septentrion au grand chemin qui va à l’Oratoire de Vic-Fezensac.» — L’Oratoire était une petite chapelle placée sur le chemin de Vie.
3 De Motteville, Tom. V, p. 360-471.
* Voir cette lettre, à l’appendice, note H.
3 Titre original de fondation de douze chapelles érigées dans l’église métropolitaine d’Auch, etc., etc. Verso du fol. 3.
Sacré Sépulchre, el que si Dieu lui rendoit la santé, elle accompli roi t ce désir : dont Nous Nous estant îwn. ressouvenus Nous aurions érigé à l’honneur de ladite Reyne une chapelle Royalle dans noslre églize métropolitaine d’ Auch 1 . »
Il est à remarquer que le xvic siècle semblait avoir tout disposé, dans la quatrième chapelle du rondpoint, pour la facile exécution d’un tel projet. Sous une arcade, pratiquée en arrière-plan de l’autel, est un groupe à sept personnages presque grands comme nature, reproduisant la mise au tombeau de Jésus-Christ. Un peu plus haut la Sainte Trinité est figurée en sculptures sur pierre, au centre d’un beau retable, « que Nous auons faict tout enrichir d’or,» ajoute ici Henri de La Mothe, « depuis le haut jusques en bas, et est ornée ladite chapelle de fort belles statücs, le Sainct Sépulchre sur l’autel, el les costés tous couverts et parsemez de larmes et de fleurs de lys d'or, à la perfection de laquelle ne restant qu’une fondation pour la durée de ce monument . , Nous auons institué et instituons douze
chapelles, pour la desservir selon sa dignité, etc., etc. 2»
Douze chapelains furent donc nommés. Un règlement particulier imposait à chaque titulaire l’obligation de célébrer, tous les jours, la messe, à l’autel de la chapelle royale, et d’offrir le Saint Sacrifice, selon l’intention du fondateur, pour le repos de l’âme de la reine. C’était toutefois à la réserve du jeudi, où la messe devait se dire pour le roi et pour sa famille. Chaque jour, la grand’messe était célébrée après toutes les autres; et puis venait le chant du« libéra» exécuté par les douze chapelains3 *.
Cependant, les travaux du séminaire, suspendus par les rigueurs de la saison, furent repris bientôt après l’arrivée de l’archevêque. Les constructions, d’ailleurs encore assez modestes1, étaient conduites avec tant d’activité qu’en moins de deux ans la communauté des clercs y put ouvrir ses exercices : ce qu’elle fit sous le vocable et patronage de St Joseph. Le personnel du petit séminaire lui fut» incorporé auec tous ses biens, reuenus, dépendances, appartenances, noms, voyes et actions, par ordonnance épiscopale du septiesme jour de may 1667 3.
L’avenir du sacerdoce était désormais assuré dans le diocèse; et le chapitre applaudit ouvertement à la nouvelle organisation des études cléricales. Mais il ne pardonnait pas à l’archevêque le refus dans lequel il persistait de prêter le serment d’installation. Le 26 février de cette même année 4667, les chanoines avaient porté leur plainte au parlement de Toulouse, par l’organe du syndic métropolitain :
« suppliant, » dit la requête, « à ce qu’il plaise à la cour ordonner que Messire Henry de La Molhe- Iloudancourt soit tenu se faire recepuoir en la forme et manière que les sieurs archeuesque ses prédécesseurs ont esté receus. »
Nous avons vu que l’acte public du 12 mai 1665, par lequel on avait sollicité « mondit seigneur auec tous les respects et soubsmissions possibles » de vouloir bien se conformer à l’ancien usage, faisait certaines concessions sur les circonstances et le lieu de la réception. Mais aujourd’hui plus de ménagements. Henri de La Mothe est sommé de remettre « ses prouissions et acte de mise en possetion entre les mains dud’ehappre pour en auoir communiquation et les faire registrer en ses registres, et qu’il jurera en la forme ordinaire et lieu acostumé d’obseruer et faire obseruer les priuileges; et que tant pour ce qui concerne lad’ réception et seremant que autres matières privilégiées et antiennes costumes, demeureront en leur forme et vigueur et seront piaillement obseruées et exécutées selon leur forme et teneur, auec inhibition et défiances aud’archeuesque d’y contreuenir. »
1 Tilrc original, etc., etc. Verso du fol. 3, et fol. 4. chiffre du devis h 31,409 livres 7 sols seulement. — Ce n’est pas
3 Ibid. Fol. 4 et verso. môme la moitié de la somme que l’on dépensait alors à construire le
3 Ibid. Fol. 7 et verso. Jubé.
* Nous avons sous les yeux les détails d’un avant-projet qui porte le 5 Voir, à l’appendice, note 1.
1668. Henri refusa avec plus d’énergie que jamais d’obtempérer aux injonctions du chapitre. Assigné en
parlement pour le 23 avril, il fit défaut; et la cour « veu lad’requeste et deffaut leué sur icelle» .
ordonna de plein droit que led’de La Mothe-Houdancourt se ferait receuoir aud’ehapitre, en la forme et
manière que ses prédécesseurs . « auec inhibitions et defîances aud’archeuesque dy conlreuenir; la
condamné et condamne aux despans desd’deffauts enuers led’sindic du chappre, la taxe réseruée. »
L’arrêt du parlement est du 13 mai 1667. A cette date, l’œuvre de Gervais Drouet aurait dû être terminée depuis environ neuf mois, d’après les clauses du contrat. Et pourtant, elle fut retardée près de quatre ans encore. Messire Méric de Vie, comte de Fienne, ayant eu connaissance des changements survenus dans le premier plan, s’était pourvu en parlement, et avait obtenu « à la requeste de messire Fieffé, signification d’un arrest, portant que les armoiries de feu Monseigneur de Vicseroient mises dans le lieu et place du Jubé, désigné par le premier contract.»
De son côté, le chapitre, ne voulant pas se tenir pour battu, fit dresser un mémoire pour sa défense : « lequel a respondu que lesd’srs intendants de la fabrique de lad’églize ne disconuiennent pas qu’il ne faille mettre les armoiries du deffunt. seigneur archeuesque dans led’Jubé. Et en effet le sr Geruais Drouet architecte et sculpteur du roy et entrepreneur dud’Jubéa eu ordre desd’srs intendants de tailler en marbre blanc lesd’armoiries. Elles sont désia fort aduancées. Mais attendu que le deissein doné au premier contract n’a pas esté suiuy et qu’un autre a esté exécuté mis en place et fort aduancé en suitte du contract de bail faict par Monseigneur l’archeuesque à présent séant, signé de luy et desd’sieurs intendants, lesd’armoiries ne peuvent estre mises dans led’lieu auparauant désigné, parce qu’il n’est pas dans le second deissein à présent exécuté. Elles y seront néantmoins mises au lieu le plus honorable que ce deissein put permettre, a scavoir au milieu de l’aisle qui est au costé de l’Euangile. Et parlant au nom desd’sieurs intendants proteste de l’indue procédure des agents dud’sr comte de Fienne et de tout ce ce qu’il put et doibt protester.»
Messire Méric accepta le compromis. Les armes de son frère furent sculptées au-dessous de l’architrave, du côté de l’Evangile; et celles de Henri de La Mothe parallèlement, du côté opposé.
1671. D’après la signature de l’architecte, inscrite au-dessous de la table des quatre évangélistes, le Jubé ne fut « accompli, avec les figures » que dans l’année 1671. Malgré son complet désaccord de style avec tout ce qui l’environne, qui voudrait, aujourd’hui, donner la préférence, en regard de la maîtresse-nef, à cet informe revers des boiseries, dont la nudité si pauvre imprime à l’àme un indicible sentiment de tristesse sur les deux côtés du déambulatoire1? Il est bien vraisemblable que le cardinal de Clermont- Lodève, ou du moins François deTournon, son résignataire, avait eu le dessein de voiler d’une manière convenable, surtout du côté de l’ouest, les dehors d’une enceinte si belle à l’intérieur. Toutefois, les documents qui ont échappé à la destruction de nos archives capitulaires gardent, à ce sujet, le plus complet silence. Et, du reste, les conditions arrêtées dans le cahier des charges n’autorisent nullement à supposer que l’architecte ait eu rien d’important à démolir sur le revers occidental des stalles, avant de tracer les fondations du Jubé. Le mur de séparation, dont nous avons parlé ailleurs, n était évidemment qu’une clôture provisoire.