DOMUS
VIRGINI DEIPARÆ
DICATA .
La Vierge-mère porte, en effet, l’enfant Jésus entre ses bras. Elle nous semble assez confuse du cortège tout païen que l’art antique renaissant est venu introniser dans le parvis sacré de sa demeure. Quelques Chérubins indifférents, semés à travers les têtes de bélier, les mascarons et les guirlandes, se font bien, çà et là, une auréole de leurs petites ailes. Mais que sont devenus ces esprits vraiment célestes, ces beaux Séraphins aux longs cheveux bouclés, aux longues tuniques flottantes, ces anges pieux et modestes, si dégagés de la matière et si heureux de balancer l’encensoir sous le regard de la Reine des Anges? A leur place, nous rencontrons ici des génies ailés, tournant le dos à la Madone, pour mieux voiler, sans doute, l’inconvenante nudité qu’un ciseau bien profane leur a faite. Y eut-il jamais moins d’harmonie entre un sujet d’art religieux et son étrange entourage?