EN GÉNÉRAL
I aintë-Marie d’Auch est renommée pour ses vitraux; et nous pensons que ceux des chaî| pelles du chevet doivent, en effet, être regardés comme les plus importants et les mieux ü conservés entre tous ceux qui appartiennent à la fin du règne de l’ogive.
/ (T Les verrières de Sainte- G udulc de Bruxelles, si justement célèbres, celles de Notre Dame IL d’Anvers, de Saint-Ouen, de Saint-Godard et de Saint-Patrice de Rouen, etc., etc., sont incontestablement de vrais chefs-d’œuvre de l’art de la renaissance, tj Mais quelle autre église possède, comme notre Cathédrale, une série complète de cinquante J personnages en pied, Patriarches, Prophètes, Sibylles, Juges, Rois, Guerriers, Grands-Prêtres, I Apôtres, etc., etc., dont les dimensions sont plus grandes que nature? Où retrouver une sembla-
! ble collection de petites scènes, toutes reliées aux grands sujets par des tableaux historiques ou
; \ légendaires, et des tableaux tels qu’on les comprenait à cette brillante époque où la science du
C— F dessin avait fait tant de progrès, où l’étude approfondie de la perspective, du coloris, du clair¬ -obscur et de la dégradation des teintes produisait tant de merveilles?
Si, dans cette splendide galerie, quelques extrémités inférieures portent la trace de négligences incontestables, on peut dire, en général, que le dessin est large et les formes savantes, et que les têtes, les chairs, les draperies et les décorations architecturales sont presque toujours traitées avec une rare intelligence. Les ornements accessoires brillent, sur tous les points, des couleurs les plus étincelantes. La pourpre, le violet, l’azur, le vert, le jaune d’or et tous les tons de la palette, composés avec cetle infinie variété qui charme dans la nature, se fondent ici et s’unissent en mille nuances aussi suaves d’harmonie qu’elles sont riches d’éclat et de splendeur.
Mais avant de nous livrer à l’étude des détails que l'histoire, la symbolique et la mythologie ont groupés, autour du chœur, sous le pinceau d’Arnaut de Moles, jetons un rapide coup d’œil sur les peintures en apprêt qui décorent les autres fenêtres.
Nous avons dit ailleurs qu’elles appartiennent toutes à la première moitié du xvii® siècle, époque malheureuse, où l’art religieux avait entièrement perdu ce ton de solennelle gravité qui caractérise le vrai moyen-âge. Dès le commencement du règne d’Henri IV, la grande peinture monumentale était tombée dans un tel discrédit que le bienheureux Léonard n’eut pas même la pensée de marcher sur les traces du cardinal François-Guillaume de Clermont-Lodève, lorsqu’il voulut doter la Cathédrale des hautes verrières du chevet. 11 se contenta des pâles colilichcts qui étaient alors généralement en honneur comme motifs d’ornementation dans les encadrements et aux impostes. Et Dominique de Vie, son successeur, adopta ce premier plan pour le reste des fenêtres de la zone supérieure.
ment, avec les douze grandes baies qui éclairent les bas côtés et le transsept. Et lorsqu'il lut question du choix de leurs verrières, nous avons vu que les intendants de la fabrique ne voulaient plus admettre que des peintures « à grandes et belles figures de personnages et d’armoiries... en sorte qu’il n’y parût pas un pousce de verre blanc.» Mais force fut de se résigner «à la petite besougne» des cartouches, des mascarons, des emblèmes, des armoiries, des palmes, des oiseaux, des groupes de fruits et des vases de fleurs. Encore ces prosaïques détails furent-ils répétés, du nord au sud, dans les fenêtres parallèles, sans la plus légère variante de palette ou de carton.