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(Planche 10.)
^^SSü^lemps où Moïse vivait, Josué fit, avec Caleb, un acte agréable à Dieu en demeurant ferme dans la résolution d’attaquer l’ennemi, en empêchant le peuple de pécher, et en étouffant ses û> murmures4.
Ces paroles de nos Saints Livres, oû l’éloge de Caleb se trouve mêlé à celui de Josué, nous expliquent le rang d’honneur qu’Arnaut de Moles leur assigne à l’un et à l’autre, dans la série des Patriarches, josue patriarcha, caleph patriarcha. Il revêt le second, tout aussi bien que le premier, d’un costume de guerre. Et diverses circonstances indiquent, en effet, dans les récits de la Bible, que Caleb fut, après Josué, général des armées du Seigneur dans les guerres de la Palestine.
Entre Caleb et le prophète Abdias figure l’apôtre St Barthélemy, armé d’un large couteau de supplice.
I Bibliolli. Impériale- Ms. 920. et non salvabitur ex cis qui fugerit... Ibi mandalio gladio, etc., etc.
II L’abbé Darius. Les légendes de Notre-Dame, page 126. * Eccli., cap. xi,vi, v. 9. El in diebus Moysi miscricordiam fecit
3 Amos, cap. ix, v. 1 4, 13, etc., etc. Non eril fuga cis; fugicnl, ipse, et Caleb, (ilius Jcplione, starc contrit hostem, etc.
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Eusèbe rapporte, avec plusieurs autres écrivains des premiers siècles de l'Eglise, qu’après s’être dignement préparé à l’exercice des fonctions apostoliques, Barthélemy porta l'Evangile dans les contrées les plus barbares de l’Orient1. Il pénétra jusqu’aux extrémités de l’Inde, et revint ensuite dans les pays situés au nord-ouest de l’Asie. Enfin, il prêcha la foi dans la Grande Arménie, et y reçut la couronne du martyre. Les Grecs modernes disent qu’il fut condamné à mourir sur la croix. D’autres ont écrit qu’il fut écorché vif; et c’est l’opinion d’Arnaut de Moles, comme nous le voyons à la scène barbare qu’il reproduit dans le petit tableau du soubassement. On sait, du reste, que la réunion de ce double supplice était en usage dans l’Egypte et chez les Perses. Les Arméniens pourraient bien l'avoir empruntée de ces derniers peuples, leurs voisins.
Abdias est le quatrième des petits Prophètes, dans l'ordre des Livres Canoniques, «ut mon». Il vécut après la ruine de Jérusalem, et fut contemporain de Jérémie, dont il imite la manière et le style. Le peu de lignes qu’il nous a laissées sont remplies de pensées sublimes.
Du sommet de l’ogive, Marie-Madeleine nous rappelle, avec son vase de myrropliore, les parfums qu’elle aimait à répandre sur les pieds de Jésus, et les aromates destinés à embaumer son corps dans le sépulcre. L’amour divin et les saintes rigueurs de la pénitence ont suppléé, dans la sœur de Lazare, à la palme du martyre. Et c’est pourquoi la peinture chrétienne l’associe au groupe si touchant des jeunes héroïnes en qui l’Eglise s’est toujours plu à glorifier la double couronne du martyre et de la virginité.
A notre gauche, et un peu au-dessous de Marie-Madeleine, Ste Catherine d’Alexandrie porte, à sa main droite, le glaive dégainé qui lui trancha la tête; et sa gauche repose sur la roue garnie de fers de lance, que le tyran Maximin avait fait disposer pour taillader ses membres». Plus bas, et du même côté, Ste Agathe nous montre les tenailles dont le bourreau se servit pour tordre et couper ses mamelles».
En face de Ste Catherine, Ste Barbe tient la palme de son martyre. A côté d’elle et en arrière-plan, Arnaut de Moles a figuré la tour où le père de la jeune vierge la retenait captive, et dans laquelle néanmoins Valentin, disciple d’Origène, réussit à l’instruire et à la baptiser, sur sa demande*. Enfin, au-dessous d’elle, Ste Lucie de Syracuse» porte aussi, à sa main gauche, le trophée de sa victoire. La paupière tristement baissée, elle expose à nos regards, dans une patère d’argent, ses deux yeux, que les bourreaux lui auraient arrachés, par un raffinement de barbarie que ne mentionnent point les actes de son martyre.
Au reste, cette version d’Arnaut de Moles, généralement accréditée de son temps, n’avait d’autre fondement que les traditions mal comprises des écoles antérieures. Avant l’ère chrélienne, Lucine était invoquée comme patronne de la vue». Et dès les premiers siècles de l’Eglise, la vierge de Syracuse prit la place de cette vaine déité, dans la pieuse croyance des fidèles. De là, les œuvres d’art qui la figuraient portant des yeux, comme un monument de son crédit surnaturel pour la conservation de
cet organe.
Une autre vierge, nommée Lucie, de l’ordre de St Dominique, est bien représentée avec un attribut analogue. Cédant à l’entrainement d’une inspiration soudaine, elle avait arraché ses propres yeux, dans le but de mettre fin aux poursuites d’un jeune seigneur, épris de sa beauté1. Mais la palme du martyre nous empêche de confondre, dans notre vitrail, l’héroïne de Syracuse avec la vierge dominicaine.
' F.üseb. Hisl.lib. V, cap. x.
n Rota expeditur crebris et acutis præfixa gladiis, etc., etc. Brev. roman. Lect. vi, de Sla Catharina. — D’après ce même texte, c’est la hache, et non le glaive, qui devrait être h sa main droite, «securi perculi imperat.» Ibidem.
3 a Tùm ei mamilla abscinditur.» Ibid. Lect. v, de Sla Agatha. * Jac. de Voragine. Lcgenda aurea. De Sta Barbara.
5 L.-J. Guénebault, Dictionn. iconograph., au mol Ste Lucie, o Freder. Barrom. De pict. sacra, lib. H, cap. xi.
7 Rareriiis. Viridar. SS.,lib. H, cap. in, art. 2.