CHAPELLE DU SAINT- SACREMENT
[Trois fenêtres.]
PlimiIEH VITU tu., \ GAUCHE.
(Planche 17.)
Seux prophètes, Isaïe et Miellée, confèrent dans ce *trail avec l’apôtre St Philippe. Le premier, G' qu Arnaut de Moles désigne simplement sous le nom de Patriarche, issus patriascha, appartient néanmoins à la famille des Prophètes. El bien que, selon l’ordre des temps, il ne marche pas s|feà la tète de ces hommes inspirés, on le place avant tous les autres, dans le Canon des Saintes m Ecritures, soit à cause de l’importance etdc l’étendue de ses prophéties, soit à raison de l’ampleur et ¥ de la magnificence constante de son style.
Isaïe compose, en outre, avec Jérémie, Ezécliiel cl Daniel, la série particulière des Voyants du Seigneur, qu’on est convenu d’appeler les quatre grands Prophètes. Et les artistes chrétiens, peintres ou sculpteurs, pressant l’analogie entre les Apôtres et ces illustres personnages, ont voulu qu’ils fussent distinctement reconnus, même de la masse des fidèles, comme les précurseurs des quatre Evangélistes1.
Cet enseignement est manifeste à Chartres, par exemple, où Isaïe, Jérémie, Ezécliiel et Daniel portent, dans les , verrières, St Matthieu, St Marc, St Luc et St Jean sur leurs épaules. Assurément, la pensée de l’artiste ne pouvait guère se traduire avec plus de hardiesse. L’expression est même assez bizarre, si l’on veut. Mais c’est bien ce caractère de singularité qui la met surtout en relief, et la rend d’autant plus propre à inculquer une leçon utile. Leçon, du reste, riche de souvenirs et pleine de grandeur, qui rend plus évidente la perpétuité de notre foi, et fait sentir aux esprits les plus lents et les plus vulgaires que si, dans les mystiques développements de la Cité de Dieu, la prophétie est le support, le couronnement, c’est l’Evangile.
«Isaïe,» dit l’Esprit-Saint en faisant son éloge2, «Isaïe fut un grand prophète, toujours fidèle devant la face de Jéhovah. Ce fut lui qui fit rétrograder la lumière du soleil, et qui rendit la santé au roiEzéchias, Son génie immense perça jusqu’à la fin des temps; et il sut consoler ceux qui pleuraient en Sion.» On le regarde, avec raison, comme le premier des écrivains hébreux. Sa pensée est rapide comme le coup d’œil de l’aigle. Son style est pur, riche et pompeux. Dans son élocution, quelle élégance singulière! Dans ses images, quelle exacte convenance, quelle noblesse, quel éclat, quelle féconde variété !
Isaïe appartenait, par sa naissance, à la tribu de Juda. Amos, son père, était fils de Joas, et, par conséquent, frère du roi Amasias. Mais qu’importe l’illustration de ses ancêtres à celui que l’Eternel avait choisi pour en faire l’interprète de ses desseins de miséricorde et de justice?
Nous avons dit ailleurs3 qu’ Isaïe périt par le supplice de la scie. Toutefois, on ne retrouve pas, dans ce vitrail, l’attribut de son martyre.
St Philippe, au contraire, porte à la main gauche un souvenir du genre de mort qu’il subit à Hiérapolis. On croit généralement qu’il fut crucifié par les Infidèles; et c’est pour ce motif qu’il est presque toujours représenté avec une croix de supplice, qui, souvent, a la forme d’un tau majuscule. L’espèce de fausse équerre, que notre peintre met à la main de St Philippe, nous semblerait être une altération de la croix
1 Quorum præcipui figuram quatuor Evangelistarum habuerunl.
5 Eccli., cap. xlvtii, v. 25 . 28. Isaias propheta magnus, et lide-
iu couspeclu Dei. lu diebus ipsius, relrfi rediit sol; etc. 3 Voir, plus haut, page 92.
en tau; vu que St Thomas, St Jacques le Mineur, St Jude et St Matthieu sont les seuls apôtres qui prennent quelquefois l’équerre comme attribut iconographique1.
Nous ferons remarquer en passant qu’Arnaut de Moles donne à St Philippe un air de tête et de physionomie tout à fait conforme au type conventionnel des portraits de Jésus-Christ. Mais on ne voit pas trop ce qui pourrait justifier ici cette intention de ressemblance. Elle se comprendrait facilement, s'il était question de mettre en scène St Jacques le Mineur, fils d’Alphée. Car il était proche parent de Notre-Seigneur; et c’est en cette qualité què bon nombre d’artistes représentent cet Apôtre sous les traits de son divin Maître. Ils s’autorisent d’ailleurs en cela d’une ancienne épître, faussement attribuée à St l»nace d’Antioche, où nous lisons que Jacques, surnommé le Juste, ressemblait si bien à Jésus-Christ qu’il était facile de les prendre l’un pour l’autre5; ce que personne n’a jamais dit de l’apôtre St Philippe, dans les premiers temps du christianisme.
Au troisième compartiment, le prophète Miellée, meus thopheta, semble écouter, avec ravissement, de la bouche d’Isaïe, l'histoire anticipée du Médiateur, après lequel ont soupiré les Patriarches. Lui-même, il a vu naître le Messie à Bethléem, ville si petite entre les villes de Juda. Il a vu, dans le temps, régner sur Israël celui qui était dès le commencement, et qui sera de toute éternité 3. Et maintenantil contemple, à la cime de la montagne qui couronne toutes les collines, 1 Eglise, cette maison du Seigneur où les peuples accourent, sous le charme de la prédication apostolique1.
Au sommet de l’ogive, des Anges, revêtus de tuniques, ont déployé leurs ailes dans un ciel étoilé. Au-dessous, l’écusson du cardinal François-Guillaume de Clermont-Lodève est encadré de guirlandes; et quatre génies portent, deux à deux, des vases garnis de feuillages et de fruits. Enfin, plus bas encore,
est une galerie de six personnages, dont deux en toge, et deux protégés de cuirasses, le casque en tête, armés de lances et de boucliers.
IIUICKIÙMI: VITRA11, AV CEATKIi
varia. Jean et Madeleine entourent la croix, plantée sur le Calvaire. La montagne vient de
s’entr’ouvrir, et Jérusalem, la ville déicide, se montre, au loin, avec ses murs, ses tours et ses
\ palais. La lune et le soleil sont en opposition”, au milieu d un ciel étoilé que ne voile aucun nuage. Le san» et l’eau coulent du cœur de Jésus; et sa tête est doucement inclinée du côté de sa Mcre.
Tout est donc consommé*. Deux anges éplorés reçoivent, dans des calices d or, le sang de notre Rédemption. L’auguste victime a remis son âme entre les mains de son Père. Son dernier soupir et son dernier regard ont pénétré le cœur de cette mère désolée, que nous voyons debout, immobile de douleur, l’œil attaché à la croix7, et au moment de succomber sous le poids d une angoisse mortelle. Jean, le
disciple bien-aimé, semble écouter encore les accents d’une voix à peine éteinte; et Madeleine, à deux genoux, arrose de ses larmes le gibet ensanglanté où l’amour vient d’immoler son divin Maître.
1 IbPIST. a. omnium ci muiu . . — i o
natur Justiis, quem référant Christo Jcsu similliraum facie . quem,
dicunt, si videra, video ipsum Jesum, secundùm omnia corporis sui
L.-J. Guênebault. Diclionn. iconogr. Répertoire des attributs,
Epist. 2. Similitcr et ilium venerabilem Jacobum qui cognomi-
5 Jésus-Christ mourut le quatorzième de Nisan. Ce jour répondait à à la moitié du mois lunaire, c’est-à-dire au temps de la pleine lune. Les ténèbres dontle soleil se voila, de manière à rendre, en plein jour, les étoiles visibles au firmament, ne viennent donc pas d’une éclipse régulière de cet astre. Phlégon de Tralles parle de ce phénomène.
6 Joann., cap. six, v. 30. Consummatum est.
:i Mien., cap. v, v. 2. Et lu lîelhleem Ephrata, etc.
4 Ibid., cap. iv, v. 1,2 . Erit mons domus Domini, etc.
i Reg., lib. II, cap. xviii, v. 33. Fili mi, etc., etc. Mon fils, ô mon fils! qui me donnera de mourir pour vous?
Arnaut de Moles choisit, pour sa composition, le moment où la foule, attendrie par tout ce qu’elle a vu, vient de quitter le Calvaire, frappant sa poitrine, et disant avec le Centurion : « vraiment, cet homme était innocent, il était le fils de Dieu'.»
Il a voulu que, sous nos yeux comme à Jérusalem, le divin Médiateur, du haut de sa Croix, tourne le dos à l’Orient, où fut d’abord le temple de sa gloire; et que son regard mourant bénisse les nations occidentales. Il encadre cette touchante scène dans les gracieuses formes d’une arcade festonnée que deux messagers célestes embellissent de guirlandes. Toutefois, il la couronne de ces Anges de paix qu’Isaïe voyait déjà, de son temps, pleurer avec amertume la Passion de lTIomme-Dieu1 2.
Nous ferons aussi remarquer qu’il donne à l’instrument de notre Rédemption la forme symbolique qu’Ezéchiel avait entrevue, depuis près de huit siècles3 *, c’est-à-dire celle du thau samaritain, en tout semblable à celui des Grecs et au T des Latins. Et cette interprétation des paroles du Prophète, adoptée par notre peintre, a pour elle l’autorité de plusieurs Pères de l’Eglise3.
De plus, Arnaud de Moles se contente de rattacher le titre au sommet de la Croix, à l’aide d’une petite hampe qui l’isole et l’élève au-dessus de la tète de Jésus. Cette disposition rappelle la tablette blanche5 qu’on portait, sous Tibère et les premiers Empereurs, en avant du condamné, comme il marchait au supplice6. L’inscription que Ponce-Pilate y fit graver en hébreu, en grec eten latin7, ne se retrouve, dans notre vitrail, qu’en cette dernière langue, et encore en abrégé seulement. Elle avait dû, selon l’usage, être préparée d’avance, lorsque le Divin patient sortit du prétoire pour se rendre au Calvaire. Car elle ne pouvait se fixer au gibet, ni précéder le condamné dans sa marche, qu’en vertu d’une disposition formelle de la sentence. Or, celle-ci n’était pas plutôt prononcée qu’on la transcrivait textuellement sur le registre public des jugements proconsulaires; et l’on devait, en outre, y relater les expressions mêmes du titre, c’est-à-dire le nom du patient et la désignation des griefs qui venaient de motiver la sentence.
Il est aisé de se convaincre que le titre traditionnel de la Croix de Jésus remplit ces conditions. Mais ce qui nous intéresse davantage, c’est d’en retrouver la teneur jusque dans les monuments de la Synagogue. Le Talmud nous apprend que, pendant la marche vers le Calvaire, on proclamait ostensiblement l’arrêt de mort que venait de porter le procurateur de la Judée, parce que, «au moyen de ses sortilèges, Jésus de Nazareth avait tenté de séduire Israël et de le détourner de l’obéissance8.»
Voilà bien, à ne pas s’y tromper, la lecture publique de la tablette formulée au prétoire. Et comment, en effet, ne pas reconnaître, dans ces dernières paroles, le sens que les Juifs affectaient de donner au titre de Jésus? N’écrivez point, disent-ils à Ponce-Pilate, n’écrivez point «roi des Juifs,» mais bien, « il a dit : je suis le roi des Juifs.» Il a voulu séduire la multitude et la détourner d’obéir à l’Empereur. Ce n’est pas de lui que nous voulons, mais de César. Changez donc l’inscription de la tablette; nous ne le reconnaissons pas pour roi des Juifs.
Ces réclamations venaient trop tard; la formule était comprise dans le protocole du prononcé proconsulaire9; la sentence était exécutoire dans toutes ses parties. Elle avait si bien force de chose jugée, qu’il
1 Loc., cap. xxvi, v. 47 et 48.— Marc., cap. x, v. 39.
3 1 sai . , cap. xxxnr, v. 7. Angeli pac'is amarè flcbuul.
3 Ezecii., cap. ix, v. 4 et 6.
* Tertull., Conlrà Jud. — Idem, Contra Marcion, llb. III.— Clem. Alexand. Strom., lib. VI.— S. Hieron. In Ezecb, cap. ix, etc., etc.
5 ■■Tabula dealbala.» — Les auteurs profanes fournissent une foule
d’exemples de condamnés qui sont allés au supplice précédés de leur
titre ou cause otitulus sive causa; causam Ipsius scriptam,» dit'
St Matthieu. On peut voir les commentaires sur Suétone (vies de
Caligula, de Néron et de Domitien), sur Dion Cassius (lib. LIV),
sur Eusèbc (Ilisl. cccl., lib. V, cap. i); et de plus Niquct, Bosius. Juste-Lipse, avec tous les modernes qui ont fait des recherches sur la Sainte Croix du Rédempteur.
6 Ovid. Et poleris tilulum mortis habere mcæ.
7 II y a trois langues, disaient les Juifs : l’hébreu pour la prière, le grec pour l’éloquence, elle latin pour la guerre. C’était dans ces trois langues que les prosélytes, représentants des nations civilisées réunis pour la Pâque, devaientlire la sentence portée contre l’Homme-Dicu.
8 Talmud, traité Sanhédrin, fol. 43, recto.
9 Apul. I, florid- Proconsulis aulem labella senlenlia est.
n'était plus possible de revenir sur les dispositions les plus indifférentes en apparence, d’y changer même une seule lettre : la loi s’y opposait formellement1; et c’est là ce qui nous donne le vrai sens de la réponse de Ponce-Pilate aux Pontifes : «ce qui est écrit est écrit.»
«Ceci se passait le jour de la Préparation; et le grand sabbat allait commencer. Les Juifs prièrent Pilate de faire rompre les jambes aux crucifiés, et de les faire ôter de la croix, afin que leurs cadavres ne restassent point sur le gibet pendant le jour de la fête. Les soldats vinrent donc, et rompirent les jambes au premier, puis au second qui était crucifié avec Lui. Mais lorsqu’ils vinrent à Jésus, et qu’ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes».» Et l'un d’eux, nommé Longin, orgueilleux et impie à ce moment, mais qui depuis se convertit et fut martyr, brandissant sa lance de loin, lit au cêté droit du Seigneur Jésus une large blessure1 3 4.
C’est, en effet, au côté droit du Sauveur que notre peintre figure la plaie mystérieuse, et dans le vitrail qui nous occupe, et dans celui des trois apparitions *. A sa droite encore, la Vierge Marie, l’image du soleil, la figure de l’Eglise, recevant dans un calice d’or le sang et l’eau qui s épanchent du côté de Jésus, etc. A sa gauche, St Jean, Marie-Madeleine, l’image de la lune, la figure de la Synagogue, avec son étendard brisé et ses tables renversées, etc., etc. : telles furent, dans tout le moyen-âge, les traditions générales de l’iconographie chrétienne, pour le drame du Calvaire.
Enfin, nous ferons observer que, dans la célèbre controverse sur les clous qui fixèrent les membres de Jésus-Christ à la Croix, Arnaut de Moles prend parti, avec St llonaventure 5 et presque tout le xm« siècle, pour le nombre trois. St Grégoire de Tours, Raban-Maur, Innocent III et plusieurs autres écrivains sont pour le nombre quatre.
TUOISIÈMIi VITU VII,. A DltOITi:
cmier compartiment du troisième vitrail, David, en manteau de pourpre et d’hermine, irse des larmes sur les dernières épreuves du céleste héritier de son trône6, et entonne sur ï chant de ses indicibles douleurs. «Eternel, ô mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m’as-tu
"abandonné? Je cric vers loi, le jour, et tu ne m’entends pas; la nuit, et ma plainte est aussi vaine . Je
suis un vermisseau, bien moins'qu’un homme, l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple. Ceux
qui m’ont vu ont ri de ma misère; ils ont branlé la tète en passant devant moi; leurs lèvres ont proféré le blasphème, et ils ont dit : il a mis sa confiance dans le Seigneur; qu’il le sauve maintenant !... Ab ! ne t’éloigne pas de moi ! Car voilà que la tribulation me presse, et il n’est personne qui vienne à mon secours.
Les méchants m’ont entouré de toutes parts : ils se sont précipités sur moi, comme des lions en furie .
Ils ont percé mes pieds et mes mains; ils ont compté tous mes os et m’ont jeté des regards d’indifférence. Us se sont partagé mes vêtements, et sur ma robe ils ont jeté le sort. Toi, du moins, ô mon Seigneur, ne m’abandonne pas, et daigne prendre ma défense7!»
Ces accents d’une amère douleur, à nulle autre pareille8, ont pénétré le cœur du prophète Azarias. La harpe de David a fait silence; mais, du regard, il l’interroge encore.
1 Apul. I. ilorid. Sententia est, quæ semel lecla neque augeri litlerà unâ, neque minui potest; sed ulcnmquc recilata, in provincial instru-
menlo profertur.
3 Joan., cap. six, v. 31, 32, 33.
3 S. Bonav., Med. vit. Christi, cap. lxxx.
4 Voir, plus bas, planche 25.
5 Médit, vit. Christi, cap. lxxviii. llli très clavi sustinent totius
corporis pondus; dolores acerbissimos tolérât, et ultrà quam dici possit, vel cogilari, aflligitur.
6 Luc., cap t, v. 32. Dabit illi Dominus Deus sedem David patris ejus, etregnabitin domo Jacob in ælcrnum.
7 Psal.xxi, v. 1 . 20.
8 Jerem., cap. viii, v. 18. Dolor meus super dolorem; in me cor meum mœrens.
De son côté, St Jacques le Majeur écoute les plaintes du Messie avec une tristesse profonde; et, prenant en main lebourdon de ses lointains pèlerinages, il ira les redire aux tribus dispersées, jusqu’au sein des nations de l’extrême Occident. Enflammé du désir de marcher dans la voie de douleurs qu’a suivie son divin Maître, le lils de Zébédée cherche partout la palme du martyre. 11 la trouve enfin à Jérusalem, où il meurt décapité, la quarante-troisième année de F ère chrétienne.
Ses disciples, ajoute ici Jacques de Voragine, enlevèrent le corps du saint martyr. Mais n’osant pas, de peur des Juifs, lui rendre les honneurs de la sépulture, ils le mirent à bord d’un navire, et le confiant à la divine Providence, ils l’abandonnèrent au gré des flots et des vents; et le navire, guidé par un Ange, aborda, sain et sauf, sur les côtes de Galice. La précieuse relique fut déposée du navire sur une grosse pierre, et cette pierre se ramollit d’elle-même, comme de la cire, autour des membres de l’Apôtre, et elle prit subitement la forme d’un sarcophage1. Frappés d’étonnement à la vue d’un tel prodige, les fidèles que St Jacques avait évangélisés de son vivant, ensevelirent ses restes vénérés dans une grotte où la violence et la longueur des persécutions les firent bientôt perdre de vue, jusqu’à l’époque où le Ciel mit son culte en honneur par d’éclatants miracles2.
Nous n’avons pas besoin de faire observer qu’au-dessus des grands tableaux, les ornements de détail sont les mêmes qu’à la planche 47.