‹ Sainte-Marie d'AuchChapitre 42 sur 63 · CHAPELLE DE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE SAINT-LOUIS

[Trois fenêtres.]

PREMIER VITK.llI,, A GAUCHE.

| eux prophètes et une Sibylle reprennent, dans cette verrière, le lamentable drame des tourments ^ de l’Homme-Dieu. Jérémie a vu Marie en pleurs, dans les rues de Jérusalem, et il s’écrie : à

1 qui te comparerai-je, fille de Juda? . Où trouver un malheur qui ressemble à ton malheur? .

N’êtes-vous pas émus, en la voyant, vous tous qui passez près d’elle? Pour moi, je me suis consumé dans mes larmes. Ma douleur a pénétré jusqu’au fond de mes entrailles. Et à l’aspect d’une infortune si

grande, mon cœur semble s’échapper de mon sein . J’étais comme un agneau plein de douceur, dont

on va faire une victime. Et devais-je m’attendre aux entreprises qu’ils formaient contre moi quand ils ontdit : exterminons-le de la terre des vivants, et que son nom soit effacé de la mémoire des hommes.» Et sous les yeux du prophète des lamentations, les bourreaux s’acharnent, au soubassement, autour de l’IIomme des douleurs. «Ils l’ont dépouillé,» dit St Bonaventure, «ils font attaché à la colonne où ils le flagellent en tous sens. Le voilà debout et nu devant la foule, cet homme si pudique et si beau, encore à la fleur de l’àge, et le plus beau des enfants des hommes. Son innocente chair, si belle, si délicate et

si pure, reçoit les coups affreux de ces impurs valets . On frappe, on frappe encore; on redouble, on

entasse plaie sur plaie, meurtrissure sur meurtrissure; et on ne le détache, enfin, que lorsque bourreaux et assistants n’y tiennent plus3. »

Au-dessus de cette horrible scène, la Sibylle Agrippa tient, de sa main gauche, les fouets de la flagellation; tandis que le prophète Nabum donne au Christ et à son Eglise les consolantes promesses d’un heureux avenir. « Je vous ai affligé,» dit Jéhovah, « mais je ne vous affligerai plus. Je briserai, dès

' Jacques de Voragine, Légende dorée, tom. II, page 174. — Légende de SI Jacques le Majeur.

2 P. J. de Mariana, Hist. d'Espagne, tom. II, in-4", page 62.

3 Médit, vit. Chrisli, cap. lxxvi.

aujourd’hui, cette verge dont l’ennemi vous a frappé le dos, et je romprai toutes vos chaînes . Déjà

je vois approcher les pieds de ceux qui apportent la bonne nouvelle, et qui annoncent la paix. O Juda, célébrez vos jours de fêtes, et rendez vos vœux au Seigneur1.»

Au sommet de l’ogive, un musicien céleste accompagne du rebec les cantiques des Chérubins qui l’environnent. Plus bas, encore des Anges, des génies, portant les uns des globes, les autres les armes de Bretagne, ou bien jouant avec des dauphins à gaine feuillagée; enfin, deux personnages à inscriptions, dont le sens est indéterminé, complètent l’ornementation de la verrière.

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