‹ Sainte-Marie d'AuchChapitre 44 sur 63 · VITRAIL. DES LIVRES CANONIQUES · texte numérisé non relu

VITRAIL. DES LIVRES CANONIQUES

§ lacés vers le milieu de ce vitrail, deux génies ailés tiennent un cartel inscrit, dont le meneau f couvre les deux tiers de la surface. Cette bizarre disposition prouve incontestablement que,

0 dans l’intention d’ Arnaut de Moles, l’inscription n’avait rien de précis à nous transmettre. A peine si l’on y découvre quatre lettres monogrammaliques, savoir : t, a, r, s, qu’il serait encore fort malaisé de reconnaître comme autant d’initiales de mots distincts.

Nous rappellerons, à cette occasion, que, dans quelques autres verrières, notre attention s’est arrêtée sur des inscriptions dépourvues, ce semble, d'un sens quelconque facile à déterminer. Quelques-unes suivent les ondulations des philactères, et paraissent n’être employées qu’à titre de simples motifs d’ornementation. Plus généralement, elles sont comprises dans les riches broderies qui bordent les costumes de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Mais, pour ce dernier cas surtout, il n’est pas rare de retrouver, dans l’arrangement des lettres, soit le nom du personnage, soit une allusion, plus ou moins intelligible, à quelque trait de son histoire.

1 Reg. Lib. IV, cap. il, v. 4.. .13. Dixit autem Elias, etc., etc. 3 Sophon., cap. m, v. 8.. .14... Ut congregem gentes, et colligam

s Apoc.', cap. xi, v. 3. El dabo duobus leslibus, etc., etc. rogna . Lauda, lilia Sion : jubila, Israël!

L’usage d’orner ainsi les vêtements de caractères alphabétiques est antérieur à l’ère chrétienne; Pline l’Ancien le retrouve jusque chez les Parthes1; Plaute le mentionne formellement, même pour les vases et les armes9. On voit aussi un exemple de ces sortes d'inscriptions dans un tableau des Muses, découvert à Herculanum, et sur un portrait de Virgile; et les Grecs ne les pratiquaient pas moins que les Romains, dans les premiers siècles de l’Eglise. Aussi ne faut-il pas être étonné si l’on trouve des lettres monogrammatiques dans les peintures des catacombes de Rome, et même sur les vêtements sacrés des ministres du culte, dès l’origine du christianisme. Ces sortes de costumes, qu’on est convenu d’appeler «lettrés, vestes litteratæ,» ont fourni l’occasion de savantes recherches sur la signification, la valeur et l’importance des caractères qui les décorent3. Qu il nous suffise de reconnaître, avec Paciaudi ' , que 1 enigme est demeurée insoluble; ce qui ne devait pas empêcher Arnaut de .Moles d’imiter une pratique aussi respectable par son ancienneté.

Quatre grands tableaux se partagent le vitrail de la planche 23. Le premier, à gauche, représente St Matthias portant une hache d’armes à sa main droite, comme instrument de son martyre, s. matias, apôtre. «Seigneur,» dirent un jour les Apôtres réunis dans le Cénacle, «vous qui connaissez les cœurs des hommes, montrez-nous lequel vous élirez de ces deux pour occuper la place du ministère sacré, que Judas a perdue. Et soudain, ils tirèrent au sort entre Matthias et Joseph le Juste; et le sort tomba sur Matthias, qui compléta le nombre des Apôtres3.» Mais, ajoute ici Jacques de Voragine3, St Denis, qui fut disciple de St Paul, dit, à ce propos, que ce serait chose déraisonnable de croire qu’il y eut hasard dans cette désignation; et que la volonté du Ciel se manifesta par un rayon et une splendeur divine, qui furent envoyés sur St Matthias comme un signe d’élection.

Quoi qu’il en soit du véritable sens du texte des Actes, le nouvel Apôtre évangélisa spécialement la Judée. Comme il opérait beaucoup de conversions, les Juifs le mirent en jugement et suscitèrent des faux témoins contre sa conduite et sa doctrine. StMatthias futd’abord lapidé, comme le diacre StEtienne. Puis, frappé d’un coup de hache, il rendit l’esprit à son Créateur.

Au deuxième compartiment figure un vénérable vieillard, que nous voyons occupé à écrire, debout en face d’un pupitre. Nous lisons un peu plus bas que c’est Esdras :

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