‹ Sainte-Marie d'AuchChapitre 47 sur 63 · CHAPELLE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

CHAPELLE DU SAINT-ESPRIT

VITRIM. DUS TROIS RRPARITIOSS.

»|mis touchons au dénoûment du merveilleux poème qu’Arnaut de Moles a voulu retracer dans 1? |es vitraux de notre Cathédrale. Jésus-Christ vient d’endurer les dernières humiliations du f"p*“s cruel supplice. «Et c’est pour nos péchés qu’il a voulu souffrir, le Juste pour les injustes, afin de nous conduire à Dieu1.» 11 est mort dans la chair; mais son âme a survécu; et, au troisième jour, le nouvel Adam a triomphé de la mort que le premier avait introduite dans le monde, par sa faute. Dans ce vitrail, le Rédempteur expose, à nos regards, sur son corps à demi voilé et désormais impassible, les glorieux stygmates de son héroïque lutte.

Jusque-là, notre peintre n’avait donné que le nimbe uni à la tète de Jésus. Mais aujourd’hui qu’il a vaincu par la Croix, il fait briller, en traits de feu, le nimbe crucifère, autour de son chef divin. Premierné d’entre les morts, il est descendu dans le monde inférieur pour se montrer aux justes de l’antique Alliance, et tempérer l’ardeur avec laquelle ils soupiraient après le royaume de Dieu. Il est temps qu’il apparaisse aux privilégiés de son Nouveau Testament. Or, quel autre, après sa Sainte Mère, l’avait appelé de ses vœux avec plus d’empressement que Madeleine? Le premier jour de la Semaine, de très bonne heure et comme il ne faisait pas encore jour, elle était venue au tombeau, avec son vase de parfums ; et n’ayant pas retrouvé le corps de son maître, elle s’était assise en dehors, pour pleurer devant le tombeau. « Alors donc le Seigneur Jésus, qui était venu consoler sa Mère, lui dit qu’il

veut aller trouver Madeleine . Et se transportant dans le jardin, près du sépulcre : femme, dit-il, qui

cherchez-vous, et pourquoi pleurez-vous? Et Madeleine ne le reconnaissant pas encore, tant elle était enivrée de douleur, lui répondit : seigneur, si vous l’avez enlevé, dites-moi où vous l avez mis, et j’irai le reprendre. Alors Jésus lui dit : Marie! Et soudain, comme revenant à la vie, elle répondit avec une indicible joie : maître, vous êtes mon Seigneur que je cherchais. Et elle se jette a ses pieds pour les baiser5 . Mais le Seigneur, voulant élever son âme au-dessus des choses de la terre, lui dit : ne me

icore monté vers mon Père; boli me tahgeke. Allez trouver mes frères, Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Ce qu’elle fit, de

touchez point; car je ne suis pas encore et dites-leur : je monte vers mon Père

retour au Cénacle, racontant aux disciples, avec ses compagnes, la Résurrection du Seigneur Jésus, et leur annonçant, de sa part, qu’ils le verront en Galilee3.

» Cependant, deux d’entre les disciples de Jésus s’eu allaient au bourg d’Emmaüs, sur le soir du même jour. Ils désespéraient de jamais le revoir, malgré tout ce que racontaient les saintes femmes, à leur très grand étonnement. Mais comme ils s’entretenaient ensemble des incidents de la journée, Jésus leur

Ull-11, CL U UU V ICllw «JUX» loua - - *

êtes-vous donc le seul étranger dans Jérusalem, qui ne sachiez pas les événements de ces jours-ci. . . au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant, en œuvres et en paroles, devant Dieu et devant tout le peuple; et comme les princes des prêtres et nos magistrats l’ont livré pour être condamné

1 B. Pétri. Epist. I, cap. III, V. 18.

3 C’était alors la coutume chez les Grecs et les Orientaux. Lorsqu'on voulait témoigner à quelqu’un une vénération profonde, on se

jetait à ses pieds pour les baiser et embrasser les genoux. Arnaut de Moles s’attache à rendre ici cette altitude.

S. Bonavent. Médit, vitæ Chrisli, tom. II, cap. lxxxix.

à mort, et 1 ont crucifié... Alors Jésus leur dit : hommes de peu de sens, et dont le cœur est tardif à croire ce que les Prophètes ont enseigné, ne fallait-il pas que le-Christ souffrit toutes ces choses, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire?... Et lorsqu’ils furent près du bourg où ils se rendaient, il fitsemblant d’aller plus loin. Toutefois, pressé de s’arrêter, vu que le jour touchait à son déclin, il céda à leurs instances. Arnaut de Moles peint, à table, les trois voyageurs. C’est le moment où Jésus prend du pain, le bénit et le rompt, pour le présenter aux deux disciples. Ils en eurent à peine mangé que leurs yeux s’ouvrirent; et ils reconnurent, à la Fraction du pain, Celui dont la parole venait de les pénétrer, en route, d’une mystérieuse ardeur. Mais aussitôt le Seigneur Jésus s’évanouit de devant leurs yeux; Car, ajoute StBonaventure, il voulait aussi consoler ses autres disciples, avec lesquels il visita de nouveau ceux d’Emmaüs *.

Cléophas et le second disciple se hâtèrent, en effet, de revenir à Jérusalem; et trouvant les autres rassemblés, à l’exception de Thomas, ils leur racontèrent ce qui venait de se passer.

Le jour de l’octave étant arrivé, les disciples réunis dirent à Thomas : nous avons vu le Seigneur. Mais Thomas leur répondit : si je ne vois pas dans ses mains le trou des clous, et si je ne mets mon doigt dans la plaie du côté, je ne croirai pas. Soudain, le bon Pasteur, plein de sollicitude pour son petit troupeau, apparaît dans le cénacle et dit : paix à vous. Puis, s’adressant à Thomas : mettez votre doigt ici, THOMS infer digitu tou nue, et voyez mes mains; portez la main ici, mettez-Ia dans mon côté, et ne soyez pas incrédule, mais fidèle. Alors, Thomas toucha les cicatrices du Seigneur; et, se prosternant, il dit : mon Seigneur et mon Dieuî Car il vit l’homme, et crut au Dieu2.

Ici encore les grands personnages se détachent sur une riche draperie que deux Anges tendent en arrière-plan. Au dessus, deux génies balancent une guirlande, des Anges voltigent à travers les broderies de pierro, ou se tiennent en adoration. Deux autres portent l’écusson de François-Guillaume, cardinal de Clermont-Lodève. Dans la frise du soubassement, le peintre date ainsi son œuvre:

LO XXV DE IHVN MV CENS XIII F0N ACABADES LAS PRESENS BERINES EN AVN0VR DE DIEV HE DE NOTR

«Le 25 de juin 1513 furent achevés les présents vitraux, en l’honneur de Dieu et de Notre-Dame.» Quant à la signature, il l’isole, un peu plus bas, et semble la mettre sous la sauvegarde du Christ ressuscité, dont il emprunte les paroles :

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