LE SIÈGE ÉPISCOPAL A SAINT-JEAN-DE-L’ AUBÉPINE
amais événement ne laissa dans nos légendes capitulaires de plus riches souvenirs que la fin 313. 1 héroïque de Taurin 1er. Son sang aurait rougi, au fond d’une épaisse forêt, l'autel même des ij? druides. Et le glorieux athlète prenant lui-même dans ses mains sa tête qu’un dernier coup venait WM | d’abattre, serait rentré à Auch pour redemander sa place à côté des quatre martyrs qu’il avait déposés dans l’oratoire de Saint- Jean -Baptiste'.
Après la mort de St Taurin, Citère occupa le siège d’Auch, et Mamertin alla continuer la série des prélats d’Eauze.
A partir de Citère, notre siège reste, environ quatre cents ans, sur les rives du Gers. S’y trouvaitil déjà lorsque Taurin vint choisir la ville d’Auch comme centre de l’administration métropolitaine? Ou bien notre cité ne doit-elle rattacher la succession des pontifes qui lui sont propres qu’à l’auguste fugitif d’Eauze? Quelque préférence que paraisse mériter cette dernière opinion, nous ne connaissons pas de document qui l’établisse d’une manière incontestable. On sait, d’ailleurs, qu’à l'exemple des apôtres9, les évêques régionnaires des premiers temps de notre foi étaient dans l’usage, à peu près invariable, de se donner des successeurs, et de les établir dans les villes de quelque importance, dès que l’évangile y avait fait de nombreux prosélytes. « On avait soin, dit St Cyprien, dans une de ses épîtres, de dresser une chaire dans l’église, au centre de l’abside. C’était le siège (cathedra) désormais inaliénable sur lequel l’élu de l’Esprit-Saint pouvait seul être assis. »
Quoi qu’il en soit de sa véritable origine, la chaire épiscopale d’Auch fut fixée, dès le ive siècle, à Saint-Jcan-de-l’Aubépine. Et nos prélats conservèrent, avec un respect religieux, le souvenir de cet ancien titre, diversement reproduit au moyen-âge, comme symbole du patronage primitif. Peut-être même fut-il d’abord le caractère distinctif du sceau diocésain. On le blasonnait, « de gueules, à l’agneau d’argent, passant et contourné, au nimbe crucifère, portant une croix d’or gonfalonéedu même. »
Au reste, l’usage des sceaux était déjà fort répandu, chez les Romains, dans les premiers temps du christianisme. On les appelait aux ni®, ivc et ve siècles, « annulum signatorium, cerographum, » ou bien simplement « sigillum. » Dans les diplômes, ces divers noms supposent invariablement l’emploi d’un type spécial, dont l’empreinte servait à cacheter les lettres personnelles, et à authentiquer les actes publics.
Le nouveau culte adopta l’usage des sceaux, dès le principe, en laissant à chacun le libre choix des caractères de l’empreinte. C’est ainsi que St Augustin scella, en 401, une lettre à Victorin d’un cachet sur lequel était gravée la figure d’un homme qui porte son attention à côté de lui3.
Toutefois, Clément d’Alexandrie avait conseillé aux fidèles du mc siècle d’adopter, de préférence, les sceaux à symbole chrétien, tels que la colombe, le poisson, la barque, l’ancre, le pêcheur, etc., etc.
Tertullien y ajoutait la ligne, la grappe de raisin, l’agneau, etc., etc. Or, par celte dernière empreinte, on entendait toujours reproduire «l’Agnus Dci» de St Jean-Baptiste, que divers monuments des catacombes, de l’époque de St Taurin, ont figuré de plusieurs manières*.
1 Officia SS. propria ad usum clcri Auscitani. » Mortcm ejus miraculo Deus reddidit gloriosam : cùm ab oppido Albinelo (Aubiet), ubi eam suhiit, magnam capilis partem gravi clava oblruncatam duabus leucis Auscis distanle, ad ecclesiam suam, prie manibus, S. martyr reporlavit. »
2 Act. Apost. Cap. xiv, v. 22. « El cùm consliluissent illis per singulas ccclesias presbyteros. »
3 Epist. ad Vicl. LIX. «Hanc epistolam signatammisi,annu!o qui exprimit faciem hominis attcndcnlis in latus. »
1 Ant. Bosio;— Paul. Aringhi. Roma soUcrran. Tom. I, passim.
Il n'y a donc pas lieu d’être suprisquenos anciens prélats l’aient adopté comme signe d’authenticité dans les actes de l’administration diocésaine. Nous verrons qu’on le fit entrer, un peu plus tard, dans la composition du sceau de la commune d' Audi