PÉRIODE ROMANE
De 855 a 1050.
e moment était venu d’élever Sainte-Marie d’Auch au rang de métropole; I les monuments contemporains ne laissent plus le moindre doute à ce sujet. Toutefois, le titre primitif de l’érection n’est pas arrivé jusqu’à nous. Nous I savons seulement qu’il n’est pas postérieur à l’année 856, date de la mort d’un célèbre i écrivain du ixe siècle, qui nous en fournit la preuve. Raban-Maur venait alors de publier à Mayence la vie des deux sœurs de Lazare. Or, nous lisons au chapitre xxxvn une notice des Eglises de l’empire qui exerçaient l’autorité de métropole; et celle d’Auch est de ce nombre : «La métropole d’Auch, avec sa province la Novempopulanie1 . » La métropole de Bordeaux y est désormais formellement restreinte à la deuxième Aquitaine2 ; et Raban ne fait pas même mention d’Eau ze.
La question était donc définitivement résolue au début de la seconde moitié du ixc siècle. Toutefois, le plus ancien document émané de Rome, qui suppose que les évêques de la Novempopulanie dépendaient de notre siège, est postérieur de vingt ans à cette dernière date. Le P. Labbe le cite, dans la vie de Jean VIH, au dixième volume des Conciles.
Le jour des ides (13) de juin, 879, ce pape écrit à Ayrard qui occupait le siège d’Auch, dans l’intérêt des églises de Gascogne, et le désigne par le titre d’archevêque : « Aux très révérends et très saints Ayrard, archevêque. Involute, évêque de Comminges, Urainard de Couserans, Sarstone de Bigorre3 4.» I! le presse de donner tous ses soins à la réforme des mœurs publiques, de réprimer surtout les mariages incestueux, et de mettre un terme à la dilapidation des propriétés ecclésiastiques.
Il est bien évident qu’une mission de cette importance suppose non-seulement l’exercice de l’autorité archiépiscopale, mais de plus la sanction de cette même autorité dans la personne d’ Ayrard.
Le pallium était, même dans ces temps reculés, l’insigne obligé de la dignité métropolitaine, et comme une sorte de diplôme patent par lequel elle était conférée. Il est vrai qu’un fort petit nombre d’archevêques l’avaient obtenu avant le vi° siècle, et seulement à titre de faveur. Mais le pape Zacharie l’avait accordé, sans distinction, en 742, à tous les métropolitains des Gaules1. Et, de plus, le huitième concile œcuménique, assemblé à Constantinople en 869, venait de rappeler, dans sa dixième session, que la plénitude du pouvoir archiépiscopal se conférait avec le pallium5.
Or, Jean VIII tenait sévèrement la main à l’exécution de ce règlement de haute discipline6. Est-il
1 « Auscitana mclropolis, cum sua provincia Novempopulauia.» — Hug. Du Temps fait remonter ce litre à Tannée 846, dans son Clergé de France, t. i, p. 397; mais nous ignorons sur quelle preuve.
2 « Aquilaniæsecundæ, cujus nunc melropolis est Burdigalis.»
3 • Reverendissimis et sanclissimis Ayrardo arcliiepiscopo, et Involuto Convennensi, Urainardo Conserano, Sarstono Bigorrensi episcopis.» Begora ou 'l’arba était la même ville.
4 Tbomassin. Discipl. eccl. Tom. I, col. 861.
s « Universorum metropolilanorum, qui ab ipsis promoventur, et sive per manus impositioncm, sive per pallii dationem episcopalis dignilatis firmitatem accipiunt.» Regulæ sanctæ, VII.
c P. Labbe. Vita Joannis VIII, épist. 94. «0 douleur!» écrivait-il
de Rome à l'archevêque d’Arles, « tandis que nous visitions naguère certaines contrées des Gaules, entre les différents abus qui ont affligé notre âme, il en est un surtout qui nous parait devoir être rigoureusement réprimé : les métropolitains prennent sur eux de faire des consécrations avant d’avoir reçu le pallium du siège apostolique. EL pourtant nous l’avons formellement défendu, en rappelant le décret canonique de nos prédécesseurs. C’est pourquoi nous exhortons votre fraternité, spécialement chargée de nous représenter dans les Gaules, à ne pas laisser prendre racine à ce déplorable abus. Avertissez, pressez fortement ces prélats, ordonnez même qu’ils s'empressent de faire leur demande conformément à l’ancien usage des Eglises. « — C'est au printemps de Tannée 878 que Jean VIII était venu dans les Gaules.
permis de supposer qu’il ne l’eût point rappelé à Ayrard, si ce prélat ne s’était pas déjà conformé, sur un point de cette importance, aux decrets du Saint-Siège et du dernier concile œcuménique?
879 Du reste, les pressantes exhortations que le pape adresse à l’archevêque d’Auch regardent aussi les suffragants de la nouvelle métropole. Mais nous ferons observer qu’il désigne seulement les évêques de Tarbes, de Couserans et de Comminges. La succession se trouvait donc encore interrompue dans les autres cités épiscopales. Et cette lacune, d'ailleurs manifeste dans les séries des FF . de Sainte-Marthe 1 * , est une nouvelle confirmation de la véracité des chroniqueurs qui nous dépeignent les désastres de Lescar et des autres villes épiscopales de la Novempopulanie. Nous verrons même, un peu plus tard, que plusieurs de ces Eglises en étaient encore, vers le milieu du xf siècle, à relever de tristes ruines.
Plus heureuse qu’elles, la cathédrale de Taurin était entrée dans une voie de prospérité toujours croissante. Désormais, toutes les donations de quelque importance, faites à l’église d’Auch, se trouvent rédigées en faveur de Sainte-Marie, avec l'indication formelle de son nouveau titre : « A Sainte-Marie du siège pontifical*. «Vers 982, la charte de Sainte-Venance reconnaît et proclame encore plus clairement l’évêque Garcie «pontife souverain» des Eglises novempopulanienncs : «C’est vous, au reste,» dit-elle par l’organe du lévile Oddon, «c’est vous, pontife sooveraik, qui ine l’avez ainsi prescrit; et c’est aussi le besoin de toute cette Eglise d’Aquitaine, notre mère, à la tête de laquelle vous êtes placé par la grâce de Dieu3 . »
1036 Tel était le haut degré de considération attaché au siège d’Auch, lorsque Raymond-Copa, élu en 1036, voulut, à son tour, lui donner un nouveau lustre. Taurin II avait à peine ébauché l’institution canoniale des clercs de Sainte-Marie. Et dans ce long intervalle de près dedeux cents ans, elle s’était peu régularisée, au milieu du désordre général et des obstacles sans nombre que l’on venait de traverser avec lexB siècle. D’ailleurs, la vie régulière prescrite, depuis St Chrodegang, par les canons d’un si grand nombre de conciles, ne pouvait bien sc maintenir que par l’établissement d’un cloître, où le clergé trouverait un asile commun contre le danger du désœuvrement et des influences séculières. L’heureuse réaction qui s’opérait en Europe contre ce mortel abattement qu’avaient jeté dans les âmes les terreurs de «l’an mille,» ranimait de toutes parts, avec le zèle du saint culte, l’amour sincère de la discipline. Généralement les clercs embrassaient la vie claustrale, et vivaient sous une règle en tout conforme aux institutions de St Augustin. Leurs maisons, invariablement adossées aux cathédrales, en étaient comme le complément indispensable. Assez semblables aux monastères proprement dits, elles n’avaient, toutefois, de commun avec eux que l’économie intérieure. Elles composaient, au fond, une espèce de séminaire, une pépinière pour le clergé séculier, dont les membres devaient s’engager à mener une vie semblable à celle des religieux cloîtrés, quoique bien moins sévère4 . Le temps que ne réclamaient pas les fonctions extérieures du ministère des autels se partageait entre la prière commune, l’étude, l’éducation de la jeunesse cléricale et séculière5 , la transcription des manuscrits6, et toute sorte de travail des mains pour la pratique des beaux-arts7.
Raymond-Copa, profitant de l’entraînement général qui se faisait remarquer de son temps, dans nos provinces méridionales, proposa à son clergé les règles canoniques du saint évêque d’Hippone.
Les clercs de la métropole, ou, comme on disait alors, du collège métropolitain, avaient déjà, depuis longtemps, le titre de chanoines. Toutefois, le plus ancien document dans lequel celte qualification
1 Gall. Christ. Tom. I. Evêchés de la troisième Aquitaine.
3 « Ad sanclam Mariam.in sede ponliftcali. •
3 Gall. Christ. Tom. I. Instrum. « Quod et tu, qui summus pontilex es, fieri jubés, et nécessitas Ecclesiæ lolius Aquitaniæ poposcit, cui, Deo juvante, præesmatri.»— Voir, à l’Appendice, la note A.
4 Regul. Amal-Symph. apud Mansi. Tom. XIV, p. 147-2-16.
5 Capit. Aquisgran. ad annum 787. « Scholæ per singula monasle-
teria vcl episcopia fiant.» — Tiiéodulf Aurel. Capital. 20. « Et si quilibet fidelivm suos parvulos ad discendas lilteras eis commendare vult, cos suscipere ac clocere non récusent.»
s II est à remarquer que la rédaction des carlulaires d’Auch ne remonte pas au-delà du xi“ siècle.
7 Voir, passim, le Tableau des Institutions de Fréd. Hurler, et l’Histoire des Institutions d’Augustin Theiner.
se retrouve, ne remonte qu’à l’année 955 : c’est la donation de Saint-Jean et de Saint-Martin de Vcrdalc (Aubiet), faite par Othon-Falta, deuxième comte de Fezensac «à Sainte-Marie, c’est-à-dire à scs chanoines attachés présentement ou à venir au service de Dieu dans cette église.» Plus bas encore : «à Sainte-Marie du siège Pontifical, ou à ses chanoines1 .» Une autre donation, celle de Saint-Jean-Baptiste d’Espas, faite trente ans plus tôt, par Guillaume-Garsie, premier comte de Fezensac, nous fait connaître de plus, avec un certain détail, la composition du collège de la métropole : il comprenait, en 926, des prêtres, des diacres et des sous-diacres, attachés au service de Sainte-Marie d’Auch2.
Enfin, il est constant par divers actes que, même antérieurement à la réforme de Raymond-Copa, c’est-à-dire dans le xe siècle, les chanoines de Sainte-Marie reconnaissaient l’autorité d’un abbé nommé par l’archevêque, et celle d’un prévôt, «præpositus» que l’abbé se donnait lui-même, surtout dans l’intérêt de l'administration temporelle. Plus généralement, l’abbé prenait le titre d’archidiacre, ainsi qu’on le voit dans la règle canoniale d’Amalaire 3 *, adoptée, en 816, au concile d’Aix-la-Chapelle, avec force de loi pour toutes les Eglises de l’empire. D’après cette même règle, on donnait à l’archiprêtre la direction de l’office divin; le scolastique avait celle de l’enseignement des sciences et des arts, conformément à la célèbre constitution de Charlemagne pour toutes les écoles épiscopales et monastiques1 ; le primicier réglait l’enseignement et la pratique du chant grégorien, le sacristain ou trésorier veillait à la conservation des vases sacrés et du trésor de l’église; la garde et le soin de l’édifice étaient confiés au custode; et à ces différentes charges s’ajoutait celle du cellérier. Quant aux doyens «dccani,» ils étaient ainsi nommés, dit St Augustin, parce que l’abbé confiait, par décuries, à leur sollicitude les intérêts spirituels des membres du collège5.
C’est ainsi qu’à défaut de documents précis il est encore possible de se faire une idée de la forme régulière que Raymond-Copa voulut donner au clergé de sa métropole. Mais son zèle ne trouva-t-il qu’un facile concours? ou bien quelque membre dissident n’essaya-t-il pas de se soustraireà l’austérité de la vie claustrale, ainsi qu’on l’avait déjà vu dans certaines églises du royaume? Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il n’est resté aucune trace de la plus légère opposition dans nos annales auscitaines. Aussi, la pieuse entreprise de notre prélat n’éprouva aucun retard à son entière exécution.
Il fut généreusement secondé par son neveu, Guillaume-Astanove, cinquième comte de Fezensac. Les plans de construction furent arrêtés d’un commun accord, et l’on ouvrit les fondements au midi de la cathédrale. Guillaume-Astanove voulut faire les frais d’une partie des bâtiments. Il pourvut de plus au modeste mobilier alors en usage, ainsi qu’à la disposition d’appartements distincts, spécialement affectés au soin des malades6 . Le comte eut aussi la précaution d’environner le nouvel établissement d’un mur d'enceinte, avec meurtrières à l’arbalète, créneaux et tours de défense. C’est ainsi, du reste, qu’on le pratiquait à cette époque. Les constructions de quelque importance étaient invariablement pourvues de tous les moyens de défense que commandait le souvenir des invasions barbares, et celui des malheurs qui en avaient toujours été la suite.
Dès que les travaux furent terminés, on admit les chanoines réguliers à prendre place dans les cellules claustrales7, sous la promesse formelle d’y vivre selon la règle de St Augustin8; et la communauté eut alors proprement le nom de Chapitre.
1 Cartul. Capit. auxit- Cap. xxv. <■ Sanclæ Dci genilrici Maria:, vel
canonicis suis, qui ibidem ecclcsiam Dci scrviunl, vel advcnientli sunt . Ad Sanclam Mariam in sede ponliiicali, vel canonicis suis.»
2 Carlul. Capil. auxil- Cap. lv.
3 Apud P. J ac. Sirmund. Concil. anliq. Gall., Tom. II, pag. 329-402.
— Amalarius Symphosius l’avait rédigée, en 14o articles, à la demande
de Louis le Débonnaire.
4 Apud Baluzium, Capitul. reg. Franc. T. I, p. 201. Conslilulio de scliolis per omnia cpiscopia, etc., etc.
s De moribus eccl. Lib. I, cap. xxxi. «Quos decanos vocant, cû quôd sunt dénis præposili.»
6 Gall, Clirisl. T. I, p. 103, inslrum. «Domus inlirmorum »
7 Ibid. «Domus claustri.» — Toutes ces constructions ont cédé la place an cours actuel de Salinis.
8 Voir, à l’Appendice, la note B.
Restait à assurer son entretien sur des bases définitives, et de manière à rendre, dans l’avenir, l’existence des chanoines tout à fait indépendante.
Jusque-là, et à partir de Taurin II, le prévôt de Sainte-Marie avait perçu annuellement, au nom de l’abbé, et pour l’entretien de son clergé, les revenus que l’archevêque cédait, à l’occident du Gers, sur les droits régulièrement affectés à notre siège, dès le vie siècle. Des donations spéciales, telles que celles d’Espas, de Saint-Jean et de Saint-Martin de Yerdale, etc., etc., étaient venues, il est vrai, accroître ces primitives ressources. Mais elles étaient insuffisantes, et le moment était venu d’y suppléer.
1040 L’archevêque et le comte le firent par un acte commun, passé à Auch, la veille des calendes de mars, c’est-à-dire le dernier jour de février de l’année 1040. Raymond-Copa donne, pour la nourriture des chanoines, est-il ditdans la charte de fondation1, cinq archidiaconés pris dans son diocèse, à savoir: ceux de Juillac, de Savanés, d’Anglcz, d’ Armagnac et de Magnoac, avec la moitié des oblations et des pénitences, ainsi que la moitié du marché d'Auch et des terres qui appartenaient au siège épiscopal2. De son côté, Guillaume-Astanove abandonne scs droits sur les églises d’Espas et de Séran, avec la moitié d’Ornézan et de Sainte-Christie, ainsi qu’une vigne, et les terres de Gozanct et de Panicars3.
Nous citerons une analyse de l’acte primitif de cette importante fondation, telle qu’on la consigna au chapitre centième du cartulaireauscitain : «Pridiè kalendas Mardi, apud civitatem Auxiorum,Guillclmus » cornes et Raymundus archiepiscopus construxcrunt canonicam in sede archicpiscopali, per manus » Raimardi præsbyteri et grammadei per Aquitaniam ctGothiam ad prædicandum à Dco adscili. Ilæc pro » victu canonicorum douantes, videlicct archiepiscopus dédit archidiaconatus quinque, vidclicct Juliagas, » Savanes, Angles, Armaiag, Magnoac. Et cornes dédit ecclesias d’Espas, de Seran, medietatem de » Oncsan et de Sancta Christina; totum hoc quod habebat, et terram de Gazam; simili ter vincam et » terram de Panicars. Dédit similiter archiepiscopus medietatem oblationum et pœnitendum; similiter » medietatem mercati et terrarum quæ ad sedis Ecclcsiam pertinent. »
Au reste, nous savons déjà que les pratiques de la vie claustrale n’étaient pas chose nouvelle pour les clercs de la ville d’Auch. Ceux de Saint-Martin vivaient avec Raymond-Copa sous une règle commune. Et, d’après l’expresse volonté des conciles, tous ceux qui devaient recevoir le sacrement de l’Ordre devaient, comme dans les siècles antérieurs, s’y préparer par un séjour plus ou moins long auprès de l’évêque «in cpiscopio,» afin d’apprendre à remplir les fonctions du sacerdoce, et aussi pour qu’on eût le temps d’éprouver les mœurs et la capacité des sujets avant de les admettre à la prêtrise4.
De plus, le clergé de Saint-Orens suivait, depuis près de cent ans, la règle de St Benoît, dans le monastère que Bernard dit le Louche, premier comte d’Armagnac, avait fondé à l’occident de la rivière. Le cloître était adjacent à l’ancien oratoire des deux Saints-Jean. Cette petite église avait elle-même été agrandie sur un nouveau plan, vers l’an 956, et reconstruite, avec trois chapelles au chevet5, selon l’usage généralement suivi en Occident, dans le cours entier de l’époque romane.
1 Cariai. Capit. auxit. Cap. c. « ilæc pro viclu canonicorum.»
5 Les droits do l’archevêque sur le marche d’Auch sont ici à remarquer. Un poids archiépiscopal, retrouvé de nos jours, et dont il sera fait mention plus bas, porte avec lui la preuve qu’au xiv» siècle nos prélats jouissaient encore de la moitié de ces droits que Raymond- Copa se réserve en cet acte public. — Voir, à la planche 31, la reproduction de ce poids archiépiscopal.
3 Ibid. — En citant l’acte de fondation, les FF. de Sainte-Marthe ne distinguent point la part du comte. Ils semblent tout attribuer à l’archevèquc. Gall. Christ., T. I, p. ICO, instrnm. Nous ignorons pourquoi motif ils se sont écartés de la leçon primitive, beaucoup plus conforme d’ailleurs aux usages du temps. Quoiqu’il en soit, il est bien manifeste que rien 11e laisse soupçonner la moindre réclamation de la part du
comte, à propos des droits sur le marché d'Auch, dont le prélat dis¬
pose en toute liberté, et comme l’aurait fait un seigneur temporel
quelconque, reconnu légitime possesseur de ces mêmes droits.
4 Concil. Aquisgran. Ann. 816. Liber I, cap. îx, xm.
s « . Cornes itaque (B. Luscus) prænominalus ccclesiam au-
gusliorcm et tria capella (Sic) ibî fecil.» — Extrait de la charte de fondation. — Celte église, maltraitée par les protestants vers 1570, comme toutes celles qui se trouvaient extra muros, a été démolie, après vente nationale, à la lin du dernier siècle. O11 voit encore, sur place une partie d'ancienne chapelle au sud-est du grand axe, avec colonnes cylindriques engagées à l’extérieur, et portion de galerie sur arcatures à la naissance de la voûte. Sous le sol, le marteau de la démolition a oublié les restes des trois chapelles terminales, dont l’appareil est encore sur pied jusqu’à la hauteur d’environ 0m 40e audessus du socle qui règne tout autour. 11 est manifeste que ces vénérables ruines réunissent tous les caractères de la première période romane.