‹ Sainte-MartheChapitre 13 sur 25 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Gaucher ou Scévoky troisième du nom, et Louis de Sainte-Marthe^ FRÈRES JUMEAUX. — Leurs OEUVRES. — Histoire généalogique de la maison de France. — Le Gallia christiana. — Bibliographie. — Iconographie.

11 n'est pas possible de séparer, dans une étude sur les Sainte- Marthe, Gaucher III et Louis. Frères jumeaux, leur vie entière s'écoula dans la plus étroite intimité, et ce fut en collaboration qu'ils écrivirent les deux ouvrages remarquables connus sous le nom d'Histoire généalogique de la maison de France et de Gallia christiana.

Ces deux fils du grand Scévole naquirent à Loudun le 20 décembre 1571. Ils firent leurs humanités à Poitiers, où leur père résidait alors. I^ nom de leur premier maître nous a été conservé. C'était Jules-César Boullenger, « Bullengerus *, alors fort connu comme littérateur et orateur. Scévole, dont la haute intelligence comprenait tous les bienfaits de l'éducation première, n'épargna rien pour ses fils; après Boullenger, il leur donna comme précepteur Jean Giraudet, le même qui devait plus tard avoir pour élève le futur cardinal de Sourdis.

Jean Giraudet conduisit les deux jeunes gens à Paris en 1588.

Ils devaient achever leurs études auprès de tout ce que la science et les lettres comptaient d'illustrations. Dorât et Passerat devinrent pour eux des maîtres et des conseils dont l'heureuse influence se fit vite sentir et ils acquirent rapidement dans leur fréquentation la sûreté du goût, apanage réservé aux esprits cultivés.

Malheureusement, on était alors dans la période la plus aiguë des troubles fomentés par la Ligue. Le meurtre des Guise avait soulevé à Paris une indignation générale, le fanatisme redoublait de violence. Les jeunes Sainte-Marthe appartenaient à une famille dont le dévouement au roi était trop connu pour être en sûreté dans la capitale. Ils furent même directement menacés et ne durent leur salut qu'à une fuite rapide sous des costumes d'emprunt. Ils revinrent à Poitiers, mais n'y séjournèrent pas, leur père les ayant presque immédiatement envoyés à Angers pour étudier la jurisprudence.

Le célèbre Miron, dont Ménage a écrit la vie, était alors évêque de ce diocèse; Pierre Airaud et Claude Mesnard brillaient dans la science du droit; c'était un milieu tout indiqué pour les jeunes étudiants, milieu duquel ils pouvaient retirer agrément et profit. Malgré cela, ils n'y restèrent pas longtemps. Les. mouvements séditieux s'étaient apaisés, le calme renaissait à Paris; les deux frères Sainte-Marthe s'empressèrent d'en profiter.

Suivant les traditions de leur famille, ils se firent inscrire au barreau, mais là n'était pas leur voie. Les sciences historiques les attiraient; le président de Thou mit à leur disposition sa bibliothèque, célèbre chez tous les érudits. C'était une faveur fort appréciée. Scévole et Louis en profitèrent largement et par leurs travaux aidèrent le savant jurisconsulte et historien dans la rédaction de la grande histoire qu'il avait entreprise, La part qu'ils prirent à cet ouvrage si important ne peut être contestée : de Thou lui-même, dans son testament latin de 1616, parle des deux frères en termes fort élogieux et rend hommage à leur collaboration. « Si je meurs, écrivait-il, avant d'avoir donné l'édition, que je suis prêt de publier, de l'Histoire que j'ai composée avec toute la sincérité possible, sans haine et sans faveur, vérité dont j'ose prendre à témoin Dieu et les hommes, je confie le soin de cette édition à MM. Pierre Dupuy et Rigault et je les prie de s'en charger. En même temps, mon intention est qu'ils ne le fassent

point sans la participation et les avis des frères Sainte-Marthe qui m'ont été d'un grand secours dans tout cet ouvrage par leurs travaux et leur intelligence. » (Qui me toto opère multum opéra sua et diligentia adjuverunt).

Désormais, les deux frères avaient trouvé leur voie, ils s'en ouvrirent à leur père qui fut loin de les détourner de leur projet et les encouragea fort à entreprendre quelqu'œuvre histori(|ue. Mais il voulait avec raison qu'ils prissent un sujet dont l'importance serait incontestée. • Travaillez, leur écrivait-il, mais que ce travail ait pour objet la gloire du roi et de la nation. » C'était presque leur tracer un plan. Ils se décidèrent à entreprendre V Histoire généalogique de la maison de France,

On éprouve quelque peine, à notre époque, à comprendre la somme d'étude et de recherches qu'un pareil travail pouvait demander. 11 faut bien penser avant tout que le sujet était pour ainsi dire nouveau et n'avait pas été traité. Il fallut donc d'abord consulter les sources, c'est-à-dire dépouiller ce que l'on appelait le trésor des chartes du roi. Là, il est vrai, ils furent aidés par deux conseillers d'État, leurs amis Dupuy et Godefroy, qui reçurent du souverain l'ordre d'en faire des extraits, mais ce n'était qu'une partie du travail et innombrables sont les manuscrits qu'ils eurent à compulser, ainsi que les recueils qu'il leur fallut étudier. L'histoire de la maison de France n'était-elle pas liée, en effet, à celle de presque tous les États de l'Europe. Aussi, si les frères de Sainte-Marthe eurent la satisfaction de présenter au roi le résultat de leurs recherches, en 1619, ce ne fut que longtemps après, en 1647, qu'ils donnèrent l'édition définitive. C'était donc le résultat d'un travail de près de cinquante années.

Nous savons- avec quelle satisfaction Louis XIII reçut à Tours, où il se trouvait, les deux volumes in-4^ qui composaient la première édition de 1619. Le jeune prince n'avait alors que dixhuit ans; néanmoins l'importance de cet ouvrage ne lui échappa pas. Il voulut que les auteurs reçussent mille écus; de plus, il leur donna une pension de trois mille livres et le titre d'historiographes du roi, par brevet daté du 15 janvier 1620. En rappelant ces faits, Dreux du Radier fait remarquer combien cette façon d'agir est contraire à la légende qui veut que Louis XIII n'ait jamais encouragé les écrivains et qu'il ait même eu pour eux une très médiocre sympathie.

La réputation de Scévole et de Louis de Sainte-Marthe était établie désormais et leur nom connu de toute l'Europe; les savants étrangers ne leur avaient pas ménagé les éloges; la reinemère leur marqua également sa satisfaction. Il est impossible d'énumérer ici toutes les appréciations flatteuses dont ils furent Tobjet. Théodore Godefroy, cet écrivain diplomate, auteur de mémoires intéressants, leur écrivit deux lettres, Tune de la Haye, le 28 mars 1644, l'autre de Munster, le 3 juin 1645; elles étaient conçues dans les termes les plus élogieux. Guichenon, Thistoriographe, cite l'ouvrage des frères Sainte-Marthe comme le plus parfait du genre. Du Bouchet en dit autant dans la préface de son Traité sur l'origine de la maison de France, De même Tabbé de MaroUes, Gehot et tant d'autres louent sans réserve les auteurs (1).

Parmi les appréciations émanant de personnages plus connus par leur naissance que par leur travaux, nous citerons le duc de la Trémoille. Les frères de Sainte-Marthe lui prouvèrent leur reconnaissance en lui remettant, en 1648, trois volumes in-folio contenant l'histoire de sa maison. Ils avaient publié également, en 1626, une histoire de la maison de Beauveau conçue sur le même plan.

Comme il arrive toujours en pareil cas, Scévole et Louis avaient été forcés de réunir pour leur travail beaucoup de pièces qui ne touchaient qu'incidemment à leur sujet. Parmi celles-ci, un grand nombre se rapportaient à la maison de Montmorency. Ils les remirent à André Duchesne et à Justel qui avaient été leurs collaborateurs. Ces deux érudits trouvèrent là les éléments de leur histoire de cette maison. C'est ainsi que leurs travaux, en plus de leur valeur propre, devinrent le point de départ de certaines œuvres similaires dont l'importance a été très grande pour notre histoire nationale.

La réputation des historiographes du roi devait bientôt les entraîner dans un nouveau travail, travail de beaucoup plus considérable que le premier, nous voulons parler du Gallia christiana.

Dès 1621, un avocat, historien et jurisconsulte, né à Bourges en 1559, Jean Chenu, avait publié un volume in-4<> renfermant

(1) On pourrait citer encore Blopdel, Jean-Jacqnes Gbifflet, Arnand d'Oyenhard, Marca, le Père Fronton du Duc, Besly, Couvaisier, etc.

une histoire chronologique des archevêques et des évêques de France depuis les temps les plus reculés (1).

Cet ouvrage était surperficiel, de plus il devait être nécessairement incomplet; inspira-t-il un autre auteur, Claude Robert? Cela est probable. Toujours est-il que ce dernier, qui était alors grand vicaire à Châlons, publia cinq ans plus tard, en 1626, un volume in-folio ayant pour titre : Gallia christiana, in gua regni Franciœ^ ditionumque vicinarum diœceses et in iis prœsules describuntur. C'est-à-dire : c La Gaule chrétienne, dans laquelle on fait la description des diocèses du royaume de France et où Ton donne la nomenclature des prélats voisins, etc. >

Le travail de Claude Robert, malgré les nombreuses recherches qu'il avait entreprises, était lui-même défectueux et incomplet, ce qui est facile à comprendre étant donné l'étendue d'une étude de ce genre; il songea donc à en préparer une nouvelle édition ; mais le grand vicaire de Châlons avait soixante et un ans lorsque la Gaule chrétienne avait été publiée. C'était un grand âge pour entreprendre de nouveau un travail de celte importance. Il se mit néanmoins courageusement à l'œuvre; mais bientôt, sentant venir les infirmités de la vieillesse, il appela à son aide les deux frères Sainte-Marthe et les pria instamment de se charger de ce qui resterait à faire.

Jacques de Nuchèzes, auquel était dédié le livre de Claude Robert, joignit ses instances aux leurs. Ceci est constaté non seulement dans les préfaces du Gallia christiana de 1656, mais aussi dans V Histoire littéraire des Bénédictins^ dans la Biographie universelle de Michaud, etc.

Les deux frères acceptèrent la laborieuse et délicate mission qui leur était demandée. Ils ne tardèrent pas cependant à reconnaître que les matériaux légués par Claude Robert étaient insuffisants pour faire une œuvre complète et durable; aussi se mirent-ils à rechercher et à recueillir à grands frais de nouveaux documents. Ils employèrent dix-neuf ans à les réunir, et ce ne fut qu'après

(I) Voir ane réponse de M. Victor Fouqae à an certain M. Abel Jeandet, de Verdun, publiée en 1857 chez Edwin Tross, éditeur, rue des Bons-Enfants, à Paris.

Le titre de l'ouvrage de Jean Chenu était : Archiepiseoporum et Episcoporum Galliœ ehronologiea Hisloria, qua ordo, eorumdem a temporibus apostolorntm ineeptus ad noilra usque per traducem suceedentium servatus oslendiiur, etc..

avoir été encouragés et rémunérés par TAssemblée générale du clergé de France de 1646, qu'ils firent paraître, en 1656, Tédition du Gallia christiana en quatre volumes in-folio, qui porte leur nom; édition d'ailleurs incomplète, qui devait être continuée par le tils de Scévole, Abel-Louis (1).

Nous disons ils firent paraître, c'est là une inexactitude, car un seul des deux frères existait alors. Scévole s'était éteint quelques années auparavant, le 7 septembre 1650, et avait été inhumé dans l'église Saint-Séverin.

Louis, dont le tempérament très faible avait inquiété ses parents au moment de sa naissance, survécut à son frère près de six années, il mourut Tannée même où parut le Gallia christiana, le 29 avril 1656. Il avait alors quatre-vingt-quatre ans. Comme Scévole, il fut inhumé à Saint-Séverin. Sur la tombe des deux frères, on grava une longue épitaphe, résumé de leur vie, qui se termine par ces vers :

In geminis unum, et geminos agnovis in une, Âmbos qui potuit doctus adiré senes.

Si les travaux des deux frères forment un ensemble indissoluble, s'il est impossible de dire lequel mérite le plus la louange, il était de même fort difficile de leur ^vivant de distinguer l'un de l'autre et les éloges de leurs contemporains s'adressèrent toujours à l'un comme à l'autre. 11 existait entre eux, paraît-il, une ressemblance physique parfaite : niémes traits, même taille, même son de voix. Leurs études, leur style, leur façon de penser étaient identiques. Leur écriture même présentait une grande analogie ; de plus ils vécurent presque constamment ensemble. Leur existence cependant ne s'écoula pas de la même façon ; bien qu'ils se fussent mariés prescju'à la même époque, le sort créa à ce point de vue entre eux une dissemblance très grande, la seule qui existât d'ailleurs.

Scévole de Sainte-Marthe, sieur de Méré-sur-Indre, avait épousé.

(1) Nous devoQs pour être complet signaler un ouvrage analogue publié en 1638 par Pierre Frizon, docteur en théologie, sous le litre de Gallia purpuraia, qita cum summorum poniificum, tum omnium Galliœ cardinalium, qtà hacienus vixere re$ prwclare gestœ continentur, etc..

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le 24 janvier 1610, Elisabeth du Moulin (1), fille d'un avocat au parlement de Paris. Cinq enfants naquirent de ce mariage : deux tilles et trois fils, dont nous aurons à parler plus tard. L'un d'eux, devenu supérieur de l'Oratoire, fut le continuateur de l'œuvre de son père et de son oncle.

Louis de Sainte-Marthe, marié le 2 décembre 1609, c'est-à-dire un peu moins de deux mois avant son frère, avait, de son côté, épousé Marie-Catherine Angevin (2), fille de Pierre Angevin, seigneur de Foulgères, d'une famille originaire de Niort.

Or, tandis que Scévole était tout aux joies de la lamille, Louis et sa femme, dont la vertu était grande, profitèrent de la tolérance accordée par l'Église aux époux qui n'ont pas d'entants, et résolurent de se séparer volontairement pour entrer dans les ordres. Louis fut ordonné prêtre et devint prieur de Claunay en Poitou. Sa femme prit le voile et fut élevée à la dignité de supérieure de la communauté des filles de Notre-Dame à Poitiers, où elle mourut en 1645.

La bibliographie des ouvrages de Scévole et de Louis de Sainte- Marthe est facile à faire, puisque leurs travaux, s'ils furent d'une importance considérable, n'ont pas été très nombreux.

L'Histoire généalogique de la maison royale de France, avec les illustres familles qui en sont descendues.,, par Scévole et Louis de Saincte-Marthe, frères jumeaux, historiographes du roi, parut à Paris, 1619, en deux tomes in-4o, chez Abraham Pacard.

La deuxième édition est datée de 1628, elle se composait de deux tomes, en quatre volumes in-folio; elle porte le titre suivant : Histoire généalogique de la maison de France, reveue et augmentée en cette édition des deu^ précédentes maisons royales, avec tes illustres familles qui sortent des reynes et princesses du sang. Paris, Buon, éditeur.

La troisième édition fut publiée en 1647, en deux volumes infolio, sous le titre d'Histoire généalogique de la maison de France, reveue et augmentée, avec les illustres familles sorties des reynes et princesses du sang. Paris, Séb. Cramoisy. Avec blasons intercalés dans le texte.

(1) Éeartelé, aux î et 4 cTazufj à 3 fers de moulin d*or; aux 2 et 3 d'azur^ à 3 liom d*or.

(2) D'azur, à un ange d'argent.

La première édition ne renferme que l'histoire généalogique de la troisième race. La dernière édition, quoique plus complète que la seconde par rapport à l'histoire, Test moins que celle-ci par rapport aux généalogies. De plus, il faut avoir soin de vérifier si les cartons de corrections aux feuilles 418 et 459 du tome I s'y trouvent. Malgré des erreurs de dates et de faits, cet ouvrage est encore estimé par les savants (1).

Histoire généalogique de la maison de Beauvau.

Une seule édition portant pour titre : Histoire généalogique de la maison de Beauvau, justifiée par tiltres, histoires et autres bonnes preuves. Avec la figure des armes et leur blason. Par Scévole et Louys de Saincte-Marthe frères, historipgraphes du roy. Paris, Laquetay, 1626, in-tolio. •

Les six-vingts huit quartiers de la maison du Puydufou. La preuve desquels se tire de l histoire généalogique de la maison de France de Scévole et Louis de Saincte-Marthe. S. L, édité vers 1639, in-folio.

Généalogie de la maison d'Aspremont, dressée par le sieur d'Barchies, il y a 140 ans, et par une ancienne généalogie présentée à V Empereur Charles-Quint; à laquelle généalogie les Sieurs de Sainte-Marthe^ historiographes du Boy^ ont adjousté les derniers degrez justifiez par titres anciens et modernes et autres enseignements de la maison d'Aspremont, Édité vers 1640, in-folio.

Table généalogique de tous les princes souverains de l'Europe^ qui descendent par femmes de la très auguste maison de France^ par les Sieurs de Saincte-Marthe. Paris, in-folio, 1649-1662.

Lettres de François Rabelais écrites en 1535 pendant son voyage en Italie^ avec des observations historiques de MM, de Sainte-Marthe. Paris, Serey, 1652, in-12, et Brusselle, 1710, in-12 et in-8o.

Les lettres, fort courtes, ne sont qu'au nombre de seize; les remarques et observations sont peu intéressantes.

Quant au Gallia christiana^ c'est presqu'un ouvrage posthume; la première édition parut sous ce titre : Gallia christiana^ qua séries omnium archiepiscoporum^ episcdporum et abbatum Franciœ vicinorumque ditionum^ ab origine Ecclesiarum ad nostra tempora per quatuor tomos deducitur. Et probatur ex antiquœ fidei manuscriptis, Vaticani^ regum, principum, tabulariis omnium Galliœ

(1) Bibliothèque héraldique de Gaigard.

cathedralium et abbatiarum. Opus fratrum gemellorum Scevolœ et Ludovici Sammarthanorum; auctum et prima in lucem editum a PetrOy Abelio et Nicolao Sammarthanis^ Scœvolœ filiis^ Ludovici nepotibtis. — Lutetiœ Parisiorum^ apud Guignard^ viduam Eduardi Pepinque viduam Gervasii Alliot et Maynard. Quatre volumes infolio, 1656.

Ajoutons que, d'après le manuscrit 20290 du fonds français de la Bibliothèque nationale, folios 30 à 33 et 222 à 223, l'on pourrait ajouter à l'actif des frères Sainte-Marthe un grand nombre de travaux, mais tous se rattachant à ceux que nous avons cités. Ce sont ou des tables généalogiques des maisons d'Angleterre, de Danemark, de Suède, de Pologne, de Brunswick, d'Esté, de Savoie, etc., qui sont les compléments de l'Histoire généalogique de la maison de France^ ou des cartes géographiques de la Gaule chrétienne, des prieurés, destinées au Gallia christiana.

L'iconographie des frères Sainte-Marthe est peu compliquée. Nous connaissons trois portraits de Scévole, troisième du nom; deux sont indiqués par le Père Le Long.

Le premier est édité à Paris, chez Boissevin. Dans un ovale, se retrouve le portrait de trois quarts, en bas les armes et les lignes suivantes :

« Gaucher dit Scévole de S*«-Marthe, ni® du nom, Escuyer S' de Méré-sur-Indre, Conseiller du Roy en ses Conseils, historiographe de France. Fils de Gaucher dit Scévole de S^-Marthe, h<^ du nom, S^ d'Estrepied, de Beausse et aulF lieux, président et trésorier de France en la Généralité de Poictiers, et de Renée de la Haye,nasquitàLoudunavec Louis de S^«-Marthe, son frèrejuraeau, le 20 Décembre 1571. Si semblables de corps, d'esprit, de pensées et d'inclinâôns que toutes ces qualités naturelles les obligèrent de passer toute leur vie ensemble dans une parfaite union, en la composition de l'Histoire, génealogiq" de la maison de France, ouvrage qui leur a cousté 50 années de travail, qui a esté jugé très avantageux à la couronne et receu du public avec une approbation générale. Us ont esté visitez des premT personnes des 3 Ordres du royaume, consuTez par les princes du sang, et autres estrangëF po^ la grande connaissance qu'ils s'étoient acquis par l'histoire. Enfin la mort sépara Scévole de Louis son frère le 7 Sept. 1650, aagé de

78 ans, 8 mois, i8 jours et fut enterré à Paris en TÉgli. de S' Séverin, au même lieu que son Ayeul paternel. »

« A Paris chez L. Boissevin, à la rue S' Jacques proche la fontaine S^ Séverin. Avec pri. »

Le second portrait n'est qu'une réduction du premier, mais mieux gravé. Dans un cartouche sous l'ovale, on lit cette inscription :

c Gaucher dit Scevole de S^^-MarLhe. Els®' S' de Méré-sur-Indre, Con«'du Roy en ses Con>*% Historiografe de France, fils de Scévole de S*«-Marthe 2*^ du nom et frère jumeau de Louis, né à Loudun et mort à Paris en 16o0, âgé de 78 ans.

f Se vend à Paris chez F. Desrochers rue du Foin près la rue S^ Jacque. »

Puis, plus bas, ces quatre vers :

Digne jumeau d'un sçavant frère

De rÉglise de France il fut rhistorlen,

Et courant la même carrière

En mérite, en sçavoir, il ne luy céda rien.

Le troisième paraît être une reproduction du précédent, mais il est édité chez Daumont, rue Saint-Martin.

Le cartouche ne renferme que ces lignes :

Gaucher dit Scévole de S'«-Marthe

historiographe de France

né à Loudun le 20 décembre 1871

mort à Paris le 7 septembre 1650

Sur le socle, les quatre vers précédemment cités.

Les portraits de Louis de Sainte-Marthe sont au nombre dé quatre; les trois premiers figurent au catalogue du Père Le Long.

Le premier, édité chez Boissevin, est identique à celui de Scévole; l'inscription est la même, à part le changement de noms et de dates.

Le second, chez Daret, est semblable au précédent, mais une banderolle entoure Tovale du médaillon. Ces deux portraits sont in-4^

Le troisième, in-S'*, fut édité chez Desrochers; il ressemble un peu au troisième portrait de Scévole, moins les vers, mais.

contrairement aux autres, le profil est à droite. L'inscription est la suivante :

Louis de S*«-Marthe

Escuyer S*" de Greloy; con^f du Roy en ses

Con"'*, Historiographe de France, fils de Scévole 2Mu nom

et frère jumeau de Gaucher, né à Loudun et mort à Paris

en 1656 âgé de 84 ans.

Enfin un portrait en bistre d'après un ancien dessin. Louis de Sainte-Marthe est en costume ecclésiastique. Au bas, les armes avec ces simples mots •

Ludovicus Sammartanus^ Scœvolœ fil. Scœvo. frai.

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