‹ Sainte-MartheChapitre 3 sur 25 · MM · texte numérisé non relu

MM

Le sixième jour du mois d'août, arriva devant la ville le comte de Foix avec le seigneur de la Bessière» le sire de Lautrec, frère du comte de Foix, Messire Bernard, bastard de Béam, le seigneur c de Nouailles > (1), Messire de Valpergue, Messire Bertrand d'Espagne, le sire de Lauedan, etc., et, avec eux, trois cents lances, puis quatre cents lances des gens du roi et quatre cents lances des barons et chevaliers sujets du comte de Foix, tous des mieux armés; n'oublions pas Messire Tristan THermitte, récemment créé chevalier devant Fronsac, et qui, brave et loyal, ne laissait en rien deviner c le triste et implacable compère >. Deux jours après, du côté du Béam se présenta Dunois avec les seigneurs de Loheac, le seigneur d'Orval, fils du seigneur d'Albret et les troupes réputées invincibles de Jean Carbonel et de Xaintrailles, en tout, cinq à six cents lances, archers et guisarmiers. Ils se placèrent entre TAdour • .-

et la Nive. Peu après le seigneur d'Albret et son lils, le vicomte de . *JJ

Tartas, avec une troupe nombreuse, fermèrent le côté du nord. -~^-

Ces dispositions étant prises, les capitaines se réunirent et alors f^^

en face des troupes, à la veille de la bataille, quelques heures avant l'assaut meurtrier, se passe cet acte toujours solennel, toujours sublime de l'armement des chevaliers. On va reconnaître le courage d'hier et bénir l'héroïsme du lendemain. Ils sont seize que la voix de tous désigne comme les plus illustres et les plus braves, seize auxquels le comte de Foix lui-même va ceindre l'épée, seize dont pas un peut-être n'existera demain,, seize qui savent que bon sang ne peut mentir, que tous les yeux seront fixés sur eux et qu'il faudra vaincre ou mourir. Il y a (2) d'abord -^^H

le fils du grand maître d'hôtel du roy, le seigneur de Tessac, frère du seigneur de Noaillcs, puis Bertrand d'Espagne, sénéchal de Foix, Rogier d'Espagne, le sire de Benac (3), Jacques de Ghabannès (4), Jean de Millery, Nicole de Sainte-Marthe. Les noms des ^'ti

autres ne nous sont pas parvenus; ils sont tombés dans l'oubli, -*^-.^

(1) Sic, Toir Chronique de Chartier, Histoire de Charles VII, etc.

(2) Voir anciennes chroniques de France, Histoire de Charles VII de Jean Ghartier mise en lamiôre par Godefroy, page 89&, pais les chroniques de Mathieu d'Escouchy, etc. (D'Hozier, d'après Hector Maillard, dit sealement douze chevaliers).

(3) Ou de Sersac.

(4) Les chroniques doivent se compléter l'ane par l'antre, cbacnoe ne donnant que deux ou trois noms. j^l

dans cet oubli dont la mort est la triste compagne, car le lendemain eut lieu l'assaut, il devait être et fut meurtrier (1).

Les habitants de Bayonne, après ce premier moment de vaillante résistance, cédèrent bien vite devant des forces de beaucoup supérieures aux leurs; les bourgeois prudents trouvaient qu'il y avait peu à attendre de l'Angleterre dont ils connaissaient les troubles; la promesse du maintien de lïmmunité des tailles et des gabelles rallia les plus hésitants (2); la ville prise de force se donna elle-même de bonne volonté, ainsi fut achevée la pacification de la Guyenne et vingt jours à peine après le commencement du siège, Dunois put écrire que tous lui avaient promis entière et fidèle obéissance, les plus récalcitrants ayant été convaincus par le grand prodige qui parut dans l'air, t à scavoir une croix blanche fleurdelysée qui resta suspendue pendant une heure et fut vue de plus de mille, qui clairement signifiait que plus un ne pouvait songer à garder la croix rouge d'Angleterre, et tous incontinent prirent la croix blanche de France. •

Quelques semaines après, le comte de Foix et les principaux capitames rejoignirent le roi qui était resté à Taillebourg avec les comtes du Maine, de Nevers, de Clermont, de Vendôme, de Castres, de Tancarville, etc., attendant leur retour pour regagner la Touraine où il devait passer l'hiver.

(i) n est'curieax de citer ici les termes mêmes de l'attestation de d'Hozier rappelant ce fait; elle est ainsi conçae : « Noas Pierre d'Hozier, escnyer, siear de la Garde, l'an des cent gentilshommes de l'ancienne garde de la maison du Roy, et l'an des bérants d'armes de sa majesté, faisant profession de la recherche générale des maisons nobles de ce Royaume, certifions et attestons à tons qn'il appartiendra d'avoir In dans nn livre manuscrit, où est la Généalogie de la famille des Maillard, seigneurs de Léry, faite et escrite du temps du Roy Louis XI par Hector Maillard, issu de cette maison, que Nieolle de Sainte- Marthe ayant porté les armes pour le service du Roy Charles VII contre les Anglais, fat fait chevalier, par le comte de Fois, au siège de Baionne Tan mil quatre cens cinquante et nn avec Messieurs Jean de Millery et Jaques de Tessac, et antres jusque au nombre de 12. En foiz de quoy noas avons fait et escrit la présente attestation ; et à icelle mis et apposé le scel ordinaire de nos armes, pour s'en servir en temps et lieu et aux occasions que l'on jogera nécessaires. — Fait à Paris, ce vingtiesme jour de Janvier mil six cens vingt et quatre. Signé : Pierre d'Hozier, et scellé sur lacs de parchemin de ses armes.

(2) Thomas Dessin, évéque de Lisieux. Histoire de Charles VII et de Louis Xly publiée par Quicberat, Société de l'histoire de France, 1855, tome 1, L. V., p. 251.

Pierre-Scévole de Sainte-Marthe, dans ses Mémoires contenant les titres de la maison de Sainte-Marthe (1), écrits en 1657, fait remarquer que Nicole avait droit à ce titre de chevalier reçu au siège de Bayonne, à cause de ses services et de la noblesse de sa famille; nul en effet ne pouvait prétendre à l'honneur de la chevalerie s'il n'était d'ancienne noblesse et s'il n'avait lui-même le titre de valet, écuyer ou damoisel (2), titre recherché et porté par les enfants des plus hauts seigneui*s et même par ceux des princes et des empereurs. Du reste l'ancienneté de la noblesse des Sainte-Marthe et la haute considération dont ils jouissaient au commencement du xiv^' siècle ne saurait être mise en doule^ elle est attestée par toutes les chroniques. Dès cette époque, leurs armes étaient : t d'argent, à trois fusées et deux demies de sable posées en pal, rangées en fasce^ au chef de même » . Les supports : deux lions d'argent; le cimier ou timbre, une demi-aigle de sable; le cri : € Sainte-Marthe! » Quant à la devise : t Fu^os docta Minerva dédit ^ ou encore : Patrice fœlicia tempora nebunt >, il est difficile de préciser à quelle date elle fut adoptée; ce que l'on peut affirmer, c'est qu'elle aussi est antérieure au xv« siècle. Enfin, pour ne plus revenir sur ce sujet, disons que l'on trouve le plus souvent les armes des Sainte-Marthe timbrées d'un casque fermé de face, souvenir de la distinction accordée à l'aïeul armé chevalier sur le champ de bataille.

La Guyenne conquise et l'Anglais hors de France, Nicole de Sainte-Marthe, suivant en cela l'exemple de son roi, se retira en Poitou où il se fixa définitivement. Douze ans après, en 1463, au commencement du règne de Louis XI, nous retrouvons son fils Louis comparaissant pour son père à l'arrière-ban de la province (3); puis, pendant une trentaine d'années, le silence se fait sur le nom de Sainte-Marthe. La France traversait une période de calme relatif durant laquelle le monarque habile et rusé, profitant des fautes des uns et des haines des autres, arrivait à faire plus par sa diplomatie cauteleuse, que ses prédécesseurs n'avaient fait sur les champs de bataille avec le sang de leur vaillante noblesse, si abondamment versé.

(I) Bibliothèque de riostitot, maoascrit traosféré entre 1796 et 1798 de la fiibliotbéqae de la Ville de Paris.

(S) Docbesne. HUtoire de ta maison du Plessis-Richelieu, page 894. (3) Rûles de la Chambre des Comptes.

Il est probable que Louis, que nous qualifierons dès maintenant de seigneur de Villedan au pays de Lodunois et du Chapeau en Anjou, ne resta pas absolument ioactif et qu'il batailla à Montlhéry et à Guinegatte, mais c'était peu vraiment que ces combats sans lendemain; le jeune de Sainte-Marthe avait reçu, dès l'enfance, de trop bonnes leçons de bravoure pour ne pas chercher, lui aussi, à se distinguer au service du roi.

L'occasion d'ailleurs était favorable, dix ans avaient suffi pour faire oublier le vieux monarque et pour changer l'état des esprits. Au souverain calme, prudent, patient et astucieux, succédait un jeune prince ardent et aventureux, obéissant à la première impulsion d'un favori ou d'une maîtresse, heureux de vivre, d'aimer, de régner, ayant en lui-même et en la fortune la confiance la plus absolue (1). Charles VIII montait sur le trône, fatigué de son inaction, entouré de jeunes gens futiles et intrigants,. comme lui désireux de sortir du calme des années passées; il eut d'abord un éblouissement. Après une quasi-obscurité, lui chétif de corps, il se trouvait adulé, choyé, environné d'un prestige inconnu jusquelà, le dieu de toute cette noblesse qui n'avait pas oublié les terribles leçons de Louis XI, qui savait que le roi était tout et que la seule voie de fortune était de le servir et surtout de le flatter. Avec un pareil entourage, il suffit de peu de mois à Charles pour se persuader qu'il était le plus puissant prince de l'Europe et qu'il était appelé à jouer un grand rôle; dès lors il ne rêva plus que conquêtes et triomphes. A ce roi romanesque, à l'imagination maladive, à ces jeunes gentilshommes avides de fêtes et de gloire, il fallait une expédition chevaleresque insensée, quelque chose qui rappelât les anciennes légendes. On chercha et il ne fut pas diffûcile de trouver.

La maison d'Anjou n'avait pas abandonné ses droits sur le royaume de Naples alors gouverné par Ferdinand, fils naturel d'Alphonse le Magnanime; ces droits avaient été légués à Louis XI par le comte du Maine, héritier du roi René. Il est vrai que le vieux

(1) Charles YIII était chétif et difforme, mais fort satisfait de sa personne. Ce qui est singulier, c'est que à l'époque, l'opinion générale voulut qu'il fût un fort gaillard, habile aux exercices du corps; ses contemporains en parlent comme d'an prince accompli au point de vue physique; les étrangers le jugent autrement. (A. Baschet. La diplàtnalie vénitienne au zvi* iièele. V. Guizot, HisL de France, t. IL p. 470).

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monarque, plus occupé d'assurer son trône que de conquérir des provinces nouvelles, s'était par prudence refusé à les faire valoir. Grâce à cette abstention, les premières années du règne de Ferdinand s'écoulèrent paisibles ; celte quiétude fut un malheur. N'ayant rien à craindre du dehors, le roi de Naples donna libre carrière à ses mauvais instincts; il redevint ce qu'il était dès l'enfance, despote et cruel; bientôt il fut odieux au peuple et surtout aux seigneurs. Journellement malmenés, ceux-ci regrettaient vite cette maison d'Anjou, prodigue et affable, amie des arts et surtout des plaisirs. Les intrigues commencèrent partant d'en haut; le peuple mécontent, habitué aux changements de dynastie, en vint à souhaiter ouvertement un prince plus débonnaire et plus généreux. Le nom du r#i de France, héritier de la maison d'Anjou, était dans toutes les bouches; des députations furent secrètement envoyées, moins secrètement reçues; elles eurent peu de mal à persuader Charles VIII de ses droits indéniables.

C'était d'ailleurs une belle proie que cette Italie parvenue au dernier degré de civilisation intellectuelle et qui occupait tous les esprits. On ne parlait que de ses richesses, de ses palais, de ses vaisseaux, de sa corruption même. Quoi de plus tentant qu'un pareil pays qui semblait se donner lui-même et réclamer un maître? L'esprit rêveur de Charles VIII se voyait déjà sur le chemin de la Grèce et de Constantinople, rouvrant contre l'islamisme la carrière de gloire chrétienne qui avait fait de son aïeul un saint. a Les hommes médiocres ne sont pas à l'abri des grands rêves qui ont plus d'une fois séduit et perdu les grands hommes » (1). L'expédition d'Italie fut décidée.

Elle s'ouvrit par des fêtes qui, dès le début, absorbèrent toutes les ressources. C'était au commencement de l'hiver; l'argent manquait; ni tentes, ni pavillons pour hiverner en Lombardie; les chefs n'avaient aucune expérience. On ne s'arrêta pas pour cela, personne même ne s'inquiéta, car, comme le fait observer Commynes, a une chose avaient-ils bonne, c'était une gaillarde compagnie, pleine de jeunes gentilshommes». Dans cette gaillarde compagnie, pleine de jeunes gentilshommes, nous trouvons Louis de Sainte-Marthe avec son ami le seigneur de la Roche du Maine,

(I) Gniiot, Histoire de France, t. ii. p. 472.

un des féaux de Charles VIII, qui fut un vieux, bon, brave et vaillant capitaine de son temps (1).

Tant de témérité sembla récompensée pendant les premiers mois, la campagne avait vraiment l'air d'un « voyage conduit de Dieu (2) ». Ordinairement les succès faciles durent peu, le roi s'en aperçut bientôt, lorsqu'il vit Tltalie sortir de sa torpeur et une ligue se former à Venise. De toute part menacés, les français commencèrent à comprendre qu'une si vaste conquête était difficile à garder et peu s'en fallut qu'un désespoir, qui pouvait se changer en déroute, ne succédât sans transition à la sécurité la plus complète et à l'enthousiasme le plus irréfléchi.

La hardiesse de Charles VIII le sauva. « Le petit roi n'était pas reconnaissable tant il était grand, ferme et audacieux (3) »; après un passage célèbre dans des montagnes jusque-là réputées infranchissables, l'armée française, pleine de confiance et d'ardeur sous l'œil du roi, du maréchal de Gié et de la Trémoille, fit des prodiges de valeur. La victoire de Fomovo nous livrait encore une fois ritalie; on n'avait qu'à pousser devant soi, Milan ouvrait ses portes, Rome se soumettait, Naples était délivrée. Mais Charles VIII était redevenu le petit roi; dégoûté de l'Italie, il voulait à tout prix regagner la France, retourner à ses plaisirs; il le désirait avec sa fougue et sa légèreté accoutumées et, sans hésiter, il abandonna cette conquête qui avait coûté tant de sang.

Louis de Sainte-Marthe, lui aussi, avait quitté l'Italie, désillusionné sur cette expédition si populaire, que comme tous il avait cru devoir être brillante et qui finissait tristement par une honteuse capitulation (4); elle lui coûtait du reste assez cher, puisque son fils aîné, Nicolas, placé sous les ordres du mareschal de Rieux, c plus audacieux que* prudent >, si nous en croyons Brantôme, avait été tué à l'attaque du pas et détroit de Cancello près du Mont-Cassin.

Le vieux capitaine ne songeait plus aux expéditions guerrières; il lui fallait le repos à ses fatigues, la consolation à ses peines; il résolut de reprendre cette vie retirée qui avait été celle de son

(1) Brantôme, p. 351.

(2) Commynes, L. vi, tome xiv, p. 129.

(3) CommyDes.

(4) Abandonné par le roi et par ses alliés, Montpensier capitula à Atella

(20 juillet 1495).

enfance. C*est alors qu'il vint en Anjou attiré par la famille de sa femme, Marie du Treuil (1), d'une noble maison de la province, située entre Tabbaye de Bourgueil et Saumur. C'est là près de cette ville qu'il fit construire la maison seigneuriale du Chapeau (2) qui ne devait guère rester plus de cent ans dans la famille. Quant à la seigneurie de Yilledan, dont il portait le nom, elle ne lut acquise par lui que quelques années après. Les termes mêmes du contrat de vente doivent être signalés; ils nous montrent une fois de plus la haute estime dont jouissait Sainte-Marthe auprès de ses princes et rappellent les services par lui rendus au roi. Cette seigneurie de Villedan paroisse de Beuxes (canton de Loudun) était tenue à foi et hommage simple, comme mouvance de la châtellenie, terre et seigneurie de Champigny, qui appartenait à Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur- Yon; ce dernier, par acte du 18 août i518, € en considération des services rendus, donna, quitta et remit au dict Messire de Saincte-Marthe les ventes et honneurs de Tacquisition par luy faicte de la dicte terre, lief et seigneurie de Villedan (3) ». C'est là un précieux témoignage en faveur de Louis, nous y voyons la première marque authentique d'affection, donnée à un Sainte-Marthe par un prince de la maison de Bourbon; désormais ces marques d'estime seront nombreuses et reparaîtront à chaque instant.

Outre le fils tué à l'ennemi, Sainte-Marthe eut deux enfants, une fille, Marie, et un second fils, Gaucher, qui fut médecin ordinaire du roi. Dans sa retraite, Louis occupa ses loisirs à l'étude des belles-lettres, composa quelques poésies et en souvenir de cette

(i) Les du Treuil portaient : « D'argent à deuxpaU degueulet. n (Cf. d'Hozier, 4709).

(2) Le Chapeau, viUage, commune de Saint-Lambert-des-Levées. — L'ancien manoir, bâti par Louis de Sainte-Marthe, appartint en 1529 à Gaucher de Sainte- Marthe, conseiUer et médecin ordinaire du roi. puis à Louise de Sainte-Marthe, femme de Gabriel de Pontoise, médecin du roi; ensuite il passa à noble homme, Charles Morîn. « Près de la ferme existe une petite chapelle; rédifice en contrebas de la levée, orienté du nord au sud, comprend deux travées plein cintre, voûtées à nervures pnmastiques,. les murs autrefois décorés de peintures dont quelques traces apparaissent aux environs de l'autel. La porte ogivale, vers le nord, est murée ; près de l'entrée actuelle, à l'est s'ouvre une belle fenêtre ogivale seizième siècle. Le pignon nord portait une bretesche, etc. Dict. Hi$t. et Géog. de Maine-et-Loire, par M. Gélestin Port, t. I, p. 619.

(3) Manuscrit de la Bibliothèque de l'Institut.

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expédiiion d*Ilalie, dont les débuts avaient été si brillants, il écrivit un livre fort savant et fort curieux des faits d'armes et de chevalerie (1). C'est ainsi qu'il passa de longues années occupé de littéralurcj vivant dans ses souvenirs et voyant sans y prendre part les commencements brillants du règne de François !«'. Hélas! les revers devaient suivre de près et les humiliants traités de Madrid et de Cambrai durent faire cruellement saigner le cœur du vieux chevalier.

II mourut à 90 ans, en 1535, et fut inhumé dans une chapelle de Saint-Lambert-des-Levées près Saumur; Tépitaphe mise plus tard sur sa tombe était ainsi conçue (2) :

« Gy gist Louis de Saincte-Marthe, en son vivant escuyer, seigneur du Chapeau près Saumur et de Villedan au pays de Lodunois, qui servit les roys Charles YIII, Louis XII et François I»' aux guerres d'Italie, comme avait fait Nicole de Saincte-Marthe son père qui fût créé chevalier par le comte de Foix au siège de Bayonne contre les Anglais Tan 1451 sous le roy Charles VII, puis trépassa Tan 1535. Son fils Gaucher de Saincte-Marthe fût après luy seigneur du Chapeau, de Villedan, de la Rivière et des Nandes en Aulnis; priez Dieu pour lui. »

Avec Louis, nous allons quitter les chevaliers hardis et un peu batailleurs des premiers temps pour nous occuper surtout des Sainte-Marthe voués aux sciences et aux belles-lettres. Gaucher, grand-père de l'illustre Scévole, commence cette dynastie.

(1) Collect. Clairambault, Saint-Esprit. n« i2il (cabinet des Titres, Bibl. nat. mss.)-

(2) Les termes mêmes de l'épitaphe suffisent à démontrer qu'elle est de beaacoap postérieure à la mort de Louis.

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