CHAPITRE VI
La LiGue. — Scévole aux États généraux de Blois. — Sa mission A Poitiers. — Séjour a Paris. — Dernières années de Scévole. — Sa mort. — Honneurs rendus a sa mémoire. — Ses biographes. — lœNOGRAPHIE.
La France était en pleine discorde civile; la pensée conçue vingt>six années auparavant au concile de Trente par le cardinal Charles de Lorraine avait reçu une entière exécution. Les événements plus forts que ceux qui les avaient fait naître tournaient de telle sorte que ce n'était pas seulement la défense de l'Église catholique qui passionnait les esprits; ils étaient hantés par des désirs de vengeance; des appétits plus ou moins avouables s'éveillaient dans l'ombre. La Ligue, longtemps demeurée secrète et cantonnée en Champagne, avait donné la main aux nombreuses associations locales formées contre les protestants et s'était dénoncée publiquement. A Paris, tous ceux qui par besoin, par intérêt, par ambition exploitent ordinairement les troubles et vivent de la guerre civile, espéraient profiter du mouvement populaire nettement dessiné. Aussi s'étaient-ils réunis avec empressement sous la même bannière que les bourgeois convaincus, agissant sincèrement par sentiment de foi. Comme il arrive toujours, ces derniers
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n'allaient être bientôt qu'un instrument aveugle entre les noiains d'intrigants plus habiles.
La Ligue d'ailleurs avait un chef effectif. Henri de Guise prenait officiellement la direction du mouvement. Fort de la victoire de Port-à-Bisson, trouvant dans les services rendus à la Patrie une notoriété nouvelle, il se faisait saluer comme un héros, l'incarnation de revendications évidemment justes sur certains points, mais exagérées et dangereuses sur nombre d'autres. Comme conséquence, les persécutions violentes avaient repris contre les prolestants; ceux-ci, puissants et disciplinés, se défendaient avec énergie, n'hésitant pas à prendre l'offensive lorsqu'ils étaient les plus forts et exerçant de cruelles représailles. Et pendant ce temps, c'est-àdire pendant douze années, Henri HI hésitant, tantôt s'alHait aux uns, tantôt faisait des avances aux autres.
Cette absence de gouvernement, cette conduite timorée eut enfin le résultat prévu et fatal. La journée des barricades montra la faiblesse de la royauté qui n'avait jamais su se défendre ouvertement. Henri de Guise entra en maître à Paris, tandis que le roi se réfugiait à Chartres, puis, fidèle à ses habitudes, commençait à négocier et en lin de compte sanctionnait le célèbre et pileux édit d'Union.
Il est facile de comprendre combien, au milieu de ces événements, les patriotes les plus sincères pouvaient envisager les choses de façons diverses. L'entourage immédiat du roi, peut-être par scepticisme, certainement aussi par politique, copiait le monarque, souriant aux protestants et serrant la main aux ligueurs. C était prudence élémentaire d'ailleurs de la part de courtisans, qui, alors que les dissentiments paraissaient les plus graves entre le roi et le duc de Guise, étaient habitués à les voir le lendemain réconciliés, du moins en apparence, et semblant poursuivre un même but.
Scévole de Sainte-Marthe avait lui l'âme trop haute pour ces compromissions. Il savait son devoir et la ligne de conduite qu'il suivit ne se ressentit en rien du milieu où il vivait. Présent à Paris à la journée des barricades, malgré tous les efforts faits par les ligueurs pour l'attacher à leur cause, il sut rester dévoué à son souverain sans serments emphatiques, et bon catholique sans pactiser avec ceux qui imposaient leur foi par le glaive.
Henri III, malgré ses faiblesses, savait juger les hommes; il fut plus touché de cette conduite que des protestations exagérées de
certains, et sûr du loyal dévouement de Scévole, il voulut qu'il se trouvât à Blois le 16 octobre 1588 pour }es États généraux. Celui-ci fut donc au nombre des 503 députés qui y figurèrent, c quoi qu'il n'y eût aucune qualité », comme le remarque Dreux du Radier. Le roi prévoyait sans doute l'opposition manifeste qu'il allait rencontrer. Ne s'étant pas encore arrêté au parti tragique qu'il prit deux mois après, il tenait à s'entourer de serviteurs dévoués, pouvant contre-balancer l'influence qu'il redoutait et déjouer certaines manœuvres.
Sainte-Marthe fut digne de la confiance que l'on avait en lui, f il déploya dans cette assemblée les sentiments fidèles qui l'animaient et sa courageuse éloquence opposa une digue aux desseins téméraires qui s'agitaient autour de lui. Il se signala notamment en défendant les prérogatives de la couronne et en ne permettant pas qu'on la privât de ses appuis ». Les partisans du duc de Guise, très nombreux dans le Tiers-Etat c dont la plus grande partie estoit practiquée à sa dévotion » (1), voulaient ruiner les fondements de l'influence du souverain en supprimant en grande partie les officiers des finances, alliés et soutiens naturels du roi. Cette façon d'agir était habile, car de deux choses Tune, ou les officiers se retourneraient vers le duc pour obtenir sa protection et ils deviendraient ses obligés s'il les sauvait; ou, si la suppression était volée sans protestation, le parti royal était affaibli d'autant et le roi jouait un rôle odieux vis-à-vis de ses plus fidèles sujets. Il était difficile d'ailleurs de combattre cette proposition habilement faite, car, comme toujours, on mettait en avant l'intérêt du peuple que l'on disait obéré par ces charges nombreuses. Le duc de Guise seul pouvait faire valoir son autorité et résoudre favorablement une question soulevée par ses amis; tout autre aurait à lutter contre l'impopularité et à braver en face des personnages puissants. « C'était courir risque de vie » (2).
Sainte-Marthe cependant n'hésita pas, il y avait un devoir à remplir, il était prêt. Éclairés par lui, les officiers se réunirent au nombre de trois cents et rédigèrent un acte de protestation. Cet acte il le lut lui-même le lundi 5 décembre 1588 et prit ensuite la parole pour montrer combien les espérances de soulagement fon-
(i) fiibliotb. nat. Mss. foDds français, vol. 30153, fol. 327.
(9) «r an péril de sa fortane et de sa vie même », dit Dreax dn Radier.
Ij dées sur cette suppression étaient illusoires et combien elle était
* ^' au contraire préjudiciable aux intérêts de chacun. Le président de ^' Thou, appréciant plus tard ce discours, en fait le plus grand éloge;
* il en remarque la netteté, l'éloquence, et il ajoute que les arguments des adversaires furent victorieusement réfutés et que dévoi-
^ lant les raisons véritables, cachées sous des prétextes spécieux, «^11
;. fit triompher la cause de ceux qui défendaient l'autorité royale.
y Henri lll subissait avec le ressentiment que Ton sait Tinfluence
f du duc de Guise; il comprit l'importance du service qui lui était
f rendu et, pour montrer sa gratitude, il chargea immédiatement
: Scévole d'une mission de confiance. Il l'envoyait à Poitiers pour
combattre l'influence des ligueurs et étouffer des troubles qui y avaient éclaté. Politique ferme et habile, Scévole réussit non sans
* mal. Le roi lui en témoigna sa satisfaction par une lettre où il lui ;» disait € qu1l luy sçavoit bon gré du devoir qu'il avoit apporté. ; Mais d'autant qu'il pouvoit y avoir quelques uns mal affectionnez, :C qui tachoient de divertir le peuple de la bonne intelligence qu'il
devoit avoir pour sa propre seureté et qu'il estoit besoin que ses '^'r bons serviteurs fussent vigilans à rompre tels mauvais desseins et
jf contenir les habitans en concorde et en leur devoir, il eut encore
i' commandement d'y tenir la main » (1).
f Henri IH avait raison de penser que les meneurs étaient loin
d'avoir renoncé à la lutte; ceux-ci, en effet, profitant des fautes vr commises, reprirent le dessus et la faction devint assez puissante et
r^ assez arrogante « pour refuser insolemment l'entrée de la ville à
}f Sa Majesté ». Sainte-Marthe essaya de nouveau de montrer aux
rebelles combien le parti qu'ils prenaient était contraire à leur devoir de sujets loyaux et combien leurs propres intérêts auraient à souffrir lorsque viendrait le temps prochain où l'autorité royale serait reconnue et devrait les punir. Mais les esprits étaient trop surexcités pour entendre le langage de la raison; des propos menaçants furent même tenus contre celui qui se permettait des conseils, Scévole fut contraint d'abandonner sa maison; il quitta r^ Poitiers avec M. de Malicorne, gouverneur du Poitou, et la plupart
V:^ des officiers fidèles au roi. Cet exil devait durer cinq années
^;, entières qu'il passa à la cour.
^, Pendant les quelques mois qui séparaient le monarque de sa fin
P (4) Ms5. bibliothèque de l'Institut, voir sup.
ij-
tragique, ce dernier voulut constamment Scévole à ses côtés et malheureusement un peu tard, il s'inspira de ses conseils de sagesse et de fermeté; un moment même, il résolut de se l'attacher plus étroitement, en le créant secrétaire de ses commandements ou ministre d'État. Le poignard d'un assassin devait empêcher la réalisation de ce dessein; mais s'il n'eut officiellement le titre, il en exerça officieusement les fonctions : ainsi ce fut lui qui négocia en partie le difficile rapprochement d'Henri III et du roi de Navarre; on peut même dire qu'il eut la plus grande part dans cet événement si important et qui devait être si fécond pour la nation française.
La nouvelle du régicide fut un coup terrible pour Sainte- Marthe, il pleura la victime et traduisit sa douleur en trentequatre stances de six vers dont nous parlerons plus tard et qui sont fort belles; mais ce qui est surtout digne de remarque, c'est qu'il eut le courage de les présenter au cardinal de Vendôme, un an après l'événement, alors que le fanatisme fermait la bouche des honnêtes gens et que l'acte de Jacques Clément était excusé, presque glorifié.
Est-ce à dire que Sainte-Marthe eut pour Henri 111 une admiration sans mélange et qu'il ne voulut pas voir des défauts trop réels? Non certes, et nul mieux que lui n'avait été à même de comprendre combien de qualités manquaient au souverain auprès duquel il avait vécu, auquel il n'avait ménagé ni les conseils, ni même les avertissements. Mais il reconnaissait dans le roi une personnification du pays, t la clef de voûte de Tordre social », comme la dit heureusement M. Fougère, et son dévouement à la patrie se confondait avec son dévouement envers celui qui en était le représentant autorisé.
Ces sentiments expliquent pourquoi, peu après, il célébrait également en des vers remplis d'une patriotique inspiration le jeune roi de Navarre. Il le connaissait d'ailleurs, puisqu'il avait été, comme nous l'avons dit, l'un des instruments de son rapprochement avec Henri III. Aussi, avec ce même instinct du cœur qui entraînait Montaigne vers celui qui venait de se déclarer roi de France, il pressent les glorieuses destinées d'Henri IV et il s'écrie :
0*est celui, c'est celui que les destins amis, O ma France, t'avaient jà de longtemps promis :
Il te fera reluire en ta splendeur première; Car Dieu même le guide et combat avec lui :
Ni tes enfants mutins, ni la force étrangère Ne te perdront jamais avec un tel appui.
Ces vers indiquent suffisamment les sentiments de Scévole; il comptait, dès le début du règne d'Henri IV, au nombre de ce parti sage et modéré dit des politiques, dont THôpital, de Tbou» Pasquier ont été les gloires. Le roi, de son côté, lui donna toute sa confiance et le choisit spécialement pour contrôleur de Tarmée navale de Blaye. Dans ce poste où il avait à manier des fonds considérables, il se distingua par une gestion aussi intègre qu'habile. Il en fut de même lors d'une mission analogue qu'il eut à remplir auprès du prince de Conti, lieutenant général des armées royales en Berry, en Poitou et dans l'Anjou, t Celte réputation de capacité et de probité », il la confirma en qualité d'intendant des finances dans l'armée que le prince de Dombes, depuis duc de Hontpensier, commanda en Bretagne en 1593 et 1594. Là, chose remarquable pour l'époque, il réussit sans fmposilions extraordinaires à nourrir convenablement l'armée; aussi Urbain Grandier, parlant de Scévole, fait-il remarquer que « son intégrité et son industrie furent d'autant plus admirées du Conseil du roi qu'elles se trouvent moins souvent ensemble i (1).
Ses succès comme négociateur, qui l'avaient mis en relief dans les dernières années du règne d'Henri III, le firent peu après désigner avec un petit-fils de l'Hôpital et le chancelier de Navarre, du Fay, pour aller dans le midi réintégrer dans leurs charges les officiers royaux qui en avaient été chassés et rétablir en même temps la perception des impôts à laquelle s'étaient soustraites les populations révoltées. Cette mission remplie, il revint auprès d'Henri IV; il était à Chartres lors du sacre du roi. Le 15 mars 1594, il reçut l'ordre écrit de reprendre les négociations commencées sous le règne d'Henri III pour la réduction du Poitou et en particulier de la ville de Poitiers qui, depuis son départ, avaient complètement cessé de reconnaître l'autorité royale. Les deux frères de Scévole de Sainte-Marthe portaient l'un, Louis, le titre d'avocat du Roi, l'autre, René, celui de grand archidiacre en la ville de
(4) Mss. bibliot. de l'Institut.
Poitiers; moins compromis que lui, ils avaient pu conserver leur influence; ils aidèrent puissamment leur frère et la soumission de la ville fut obtenue. Peu après, Louis et Scévole se rendirent auprès d'Henri IV, alors au siège de Laon, et en présence des députés de Hollande, ils eurent les honneurs d'une réception flatteuse. Prèsqu'au même moment, grâce à l'entremise de Scévole, Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf, « se remit dans le parti du roi, avec promesse du gouvernement de cette ville-là et 30,000 livres de pension ». L'année suivante, 1595, comme suite à la soumission de Poitiers, Scévole reçut le prince de Gondé, venu dans la cité au nom du roi pour marquer la réconciliation déflniti\e.
Pour reconnaître ces services signalés, le roi voulut que Sainte- Marthe prit part à Rouen à l'assemblée des notables, fl lui écrivit une lettre flatteuse, réclamant le concours de ses lumières à cette réunion qui était plus grande par son autorité que les États- Généraux et qui, malheureusement, ne sut prendre aucune décision sérieuse; à cette réunion « des premiers hommes de France », qu'Henri disait avoir appelés pour recevoir « leurs conseils, pour les croire, pour les suivre, bref pour se mettre en tutelle entre leurs mains > (1).
Du rôle de Scévole à Rouen nous savons peu de choses, sinon qu'il intervint plusieurs fois dans les discussions avec son talent habituel. Comme c'est le propre de certains hommes supérieurs de voir venir au-devant d'eux les plus sincères sympathies et de nouer toujours de véritables amitiés, cette époque de sa vie marque des liaisons nouvelles avec des personnages connus. Nous avons déjà cité le nom de quelques-uns de ses amis, ajoutons à ceux-ci Méry de Vie, depuis garde des sceaux sous Louis XHI, Jeofi'roy de Calignon, Groullard, Nicolaï, etc. il est parmi ces amitiés quelques unes qui ont un caractère plus touchant parce qu'elles émanent de femmes du plus grand mérite que les vertus du poète attiraient seules vers lui; nous avons déjà nommé jfmes des Roches, nous ne voulons pas oublier Camille de Morel, flUe d'Antoinette de Luynes et d'un maître des requêtes de la maison du roi, l'un des hommes les plus savants et les plus vertueux de son siècle. Camille de Morel, à laquelle Ronsard a dédié VHymne du Ciel^ avait toutes les quahtés du cœur et de l'intelligence; < dès
(I) Harangue da roi. Bibliot. nat., fonds Dapuy, vol. 407, (<>• 25, S6.
l'âge de douze ans, elle avait fait paraître la gentillesse de soo esprit c par des vers grecs et latins sur la mort d'Henri II ». Nous regrettons
S . de ne pouvoir citer une charmante élégie qu'elle adresse à Scévole
pour lui demander de ne pas oublier son père et de célébrer sa îjK mémoire (1); elle montrerait quels sentiments délicats et élevés
""^ ^ Sainte-Marthe savait inspirer et combien étaient recherchés les
hommages qu'il rendait à ceux qu'il avait connus. Une lettre non moins intéressante dans cet ordre d'idées lui fut adressée par Claude Binet le 24 janvier 1586; celui-ci, ami de Ronsard» sollicite des vers pour son t tombeau ». « Vous êtes, lui dit-il, l'un de ceux qu'il (Ronsard) a le plus estimés, comme il m'a dit maintes fois ». Tous ces témoignages d'estime formeraient à eux seuls un chapitre; nous ne pouvons que les signaler.
^' La longue carrière de Scévole de Sainte-Marthe si bien remplie
"'**. eut mérité le repos, mais on fait toujours appel aux mêmes
dévouements, c'est pourquoi, lorsqu'il ne désirait que rentrer dans y> le calme de la vie privée, la charge de maire lui fut imposée une
^i seconde fois : « cette charge, dit Montaigne dans ses Essais^
^ d'autant plus belle qu'elle n'a ni loyer ni gain autre que l'honneur
de son exécution ». Henri IV insista pour qu'il l'acceptât; et pour le récompenser, en mai 1602, il vint lui-même faire son entrée |;v solennelle dans cette ville, qui avait marqué sa fidélité et son
%< regret des égarements passés, en mettant à sa tête l'homme qui
^ personnitiait le mieux le dévouement absolu à la cause royale.
g* Scévole eut l'honneur de haranguer le monarque. Feugère fait
remarquer que ce dernier, ami de la brièveté des discours, n'eut garde de trouver trop long celui que prononça le vieux maire; Ton dit même qu'il invita les seigneurs qui l'entouraient « à prêter l'oreille pour entendre l'homme le mieux disant de son royaume ». Sainte-Marthe avait alors soixante-dix ans, sa santé était vigoureuse, néanmoins il n'était pas sans reconnaître quelques symptômes de vieillesse. Une maladie assez grave dont il se remit rapidement et dont une ode seule nous a laissé le souvenir, l'avait cependant un peu affaibli. Ses amis, de leur coté, lui donnaient tous le conseil de se reposer, entre autres, Vauquelin de la Fresnaye, ce Normand, poète gentilhomme diversement apprécié mais non oublié et auquel certains ne refusent pas le litre de fondateur
(1) Ârcfuveg dn Bihliophile, tome U, p. ii3-2l5.
de la satire en France. Vauquelin de la Fresnaye, qui avait suivi à Caen une carrière politique moins brillante que celle de Sainte- Marthe, mais non sans analogie avec elle, et qui, né la même année que lui, conservait un fidèle souvenir de Tamitié d'enfance qui les avait unis, l'avertissait par les vers suivants de songer à la retraite :
Scévole, mon même âge, au sortir de l'enfance (Ou bien peu s'en fallait), nous eûmes connaissance, Sur le Clain, l'un de l'autre; et, de pas innocents, La Muse nous guidait sur les plaisants accents
De ses douces chansons
Depuis, Dieu le voulant, par chemins tout contraires
Nous avons manié du monde les affaires :
Mais je m'en veux aller, retirer je me veux,
Pour vivre en l'innocence où nous vivions tous deux
En notre premier âge; et surtout je désire
Qu'à faire comme moi mes compagnons j'attire...
Qu'ils fussent en prose ou en vers, ces conseils étaient sages; Scévole le comprit; mais avant, par ce sentiment intime qui pousse l'homme à se rattacher au passé et à revivre encore une ibis, ne fut-ce que par le souvenir, les journées écoulées, il voulut revoir Paris et retrouver pour quelques moments encore ses anciens amis. Ils étaient nombreux dans la capitale. Presque tous les hommes éminents de ce temps s'honoraient de ce nom et les lettres charmantes conservées dans le Manuscrit de la bibliothèque de l'Institut comme ayant été adressées à Sainte-Marthe sont signées des noms les plus connus. Nous venons de parler des amis de Scévole, nous ne reviendrons pas sur ce sujet, nous ajouterons seulement aux noms déjà notés ceux de Chiverny, le chancelier de France; l'archevêque de Bourges, de Beaune; le président du Yair, depuis garde des sceaux; Claude Faucon, premier président du Parlement de Bouen; François Yiète, le grand géomètre; MM. de Boissy, Séguier, Montholon, Chanteclair, le savant Casaubon, le poète Bertaut, Auguste de Thou, qui lui avait soumis les trois premiers livres de son Histoire^ et enfin le cardinal du Perron, qui lui demanda aussi conseil au sujet de ses écrits. Ce dernier, récemment revenu de Rome, lui apprenait que • ses poésies latines étoient, avec celles de Bucanan, prisées pardessus celles des autres Français » et que le pape lui-même avait
— Sises (Buvres en haute estime et les plaçait parmi les livres favoris de sa bibliothèque. Tous ces hommes d'illustrations diverses raccueillirent avec une sympathi(4ue admiration; il semblait qu'ils retrouvaient l'un des leurs qui n'eût dû jamais les quitter.
C'en eut été assez pour modifier un peu les projets de Sainte- Marthe et le retenir à Paris plus longtemps qu'il n'avait d'abord pensé; mais une autre raison prolongea son séjour; il s'était décidé à donner une nouvelle édition de ses t Poésies latines t et de ses ff Éloges augmentez i. L'impression était lente à cette époque, l'auteur très méticuleux; les jours succédaient aux jours et les travaux entrepris ne lui permettaient pas de retourner en province, sauf pour quelques semaines; c'est ainsi qu'il assista à la conférence pour la paix, qui se réunit à Loudun le 10 mars 1616 et à laquelle l'avait convié en termes flatteurs le prince de Condé, Henry de Bourbon. Ce voyage ne fut qu'un incident, son existence se passant alors entièrement à Paris. Il était presque octogénaire, quand l'amour du sol oii il avait vécu le rappela détinitivemeut à Loudun. Il avait un instant songé aussi à s'installer à Poitiers et cette ville eût eu pour lui une toute particulière attraction; mais toute division n'y était pas éteinte, aussi jugea-t-il que ce n'était pas une retraite assez assurée, assez calme pour ses derniers jours.
Sa volonté bien arrêtée à cette époque était en effet de vivre, sans préoccupations autres que celles de l'au-delà, le temps que lui laisserait encore le Créateur. A Loudun, dans cette ville qui l'avait vu naître et qui devait le voir mourir, commença donc pour lui cette vie particulièrement sérieuse que nos pères affectionnaient pour se préparer à paraître devant Dieu. Comme Montaigne vieillissant, il restait de longues heures dans sa <( librairie », retrouvant avec bonheur ses vieux livres, amis fidèles des temps passés et relisant les passages qui, naguère, l'avaient le plus frappé.
Sa gloire cependant avait été trop grande pour qu'il restât complètement oublié; aussi, des princes et non des moins illustres accomplirent-ils plusieurs fois à Loudun, à la maison de Scévole, un pieux pèlerinage, voulant encore revoir celui qui ff dissertait si bien i. De même que le duc des Deux- Ponts, pririce palatin de la Maison de Bavière, était venu le voir à Poitiers, de môme il fut salué à Loudun par le prince de Galles, depuis Charles I^% accompagné du duc de Buckingham^ Le prince
traversait la France ponr aller en Espagne négocier avec Tinfante une alliance, qui n'eut pas lieu d'ailleurs. Il vint au nom de son père, Jacques I«% le savant roi d'Ecosse et de Grande-Bretagne, lui apporter le tribut de son admiration. Ce fut une des dernières visites qu'il reçut et, suivant Pontanus, le prince de Galles recueillit a les accents de la voix du cygne ».
Scévole de Sainte Marthe était retiré à Loudun depuis cinq ans environ lorsque, le 29 mars 1623, il rendit son âme à Dieu, après seulement cinq ou six jours de fièvre continue. Il avait alors quatre-vingt-sept ans, un mois et vingt-sept jours. On rapporte une circonstance curieuse qui marqua ses derniers moments : comme il était tombé dans un évanouissement pro'^ond dont rien ne semblait pouvoir le tirer, le célèbre Urbain Grandier (1) qui l'assistait n'imagina rien de mieux pour l'en réveiller que de répéter à son oreille quelques-uns des vers religieux composés autrefois par Scévole lui-même. Ces sons connus réveillèrent le malade; il ouvrit les yeux et put recevoir pieusement TExtrème- Onction.
La vie de Scévole de Sainte-Marthe est une grande leçon; dans une période agitée et remplie d'entreprises factieuses, il sut vivre avec le calme du sage, tant il est vrai que ce calme, si envié de certains, est le fait de la conscience elle-même plus que celui des événements auxquels ou se trouve mêlé. S'isolant de ces événements autant qu'il était en son pouvoir et ne se laissant prendre par aucune faction, il trouva le moyen de vivre respecté, nous dirons même heureux. Grâce, en effet, à cette paix intérieure, Scévole supporta sans faiblir le poids des labeurs divers qui lui furent imposés et aussi celui de l'adversité, par exemple lorsque ciiassé de Poitiers, il fut réduit à l'exil. Son dévouement à la royauté fut digne et éclairé; il traversa le règne de sept monarques sans défaillance; modèle de droiture, ne cherchant pas en dehors de la royauté légitime un secours contre des événements souvent pénibles : c'est ainsi qu'il n'hésita pas à reconnaître Henri IV et qu'il eut la
(i) Urbain Grandier^ curé de Saint-Pierre de Loudan et phanoine de Sainte-Croix^ célèbre par le procès des possédées. Cf. La ville et Ut possédées de Loudun, par Alphonse Blean, Poitiers, Audin frères, 1887; et Sœur Jeanne des Anges, par les docteurs Gabriel Légué et Gilles de la Tourette, in-8« de 3ii pages.
consolation de voir Louis Xlfl prouver par son courage qu'il était le digne héritier d'Henri le Grand.
Son commerce était des plus agréables et son affabilité est signalée dans le Manuscrit de la bibliothèque de l'Institut en ces termes naïfs :<(... son affabilité et agrément non pareil en son entretien, plein de candeur et d'une facilité merveilleuse d'exprimer ses conceptions, soit de paroles soit par escrit; il vescut avec une tranquillité d'esprit non pareille, estant exempt de passions desréglées et, dans son extrême vieillesse, il ne fut travaillé de fascheuses maladies sinon quelquefois d'une petite surdité, mal qui semble avoir esté commun et fatal aux grands poètes de ce siècle, comme Ronsard, du Bellay et Dorât >. La surdité fut, en eifct, le seul inconvénient qu'il ressentit, mais cette affection était, dît-on, bien portée; quant à son intelligence, elle^ resta si nette et si ferme que, trois mois avant de mourir, il improvisa quatre vers par lesquels il jugeait le traité de Renaudot Du soin des pauvres. Du reste, à la veille même de sa mort, il récitait les vers suivants qui témoignent de l'élévation de ses pensées :
Dieu, fais que ton amour me réchauffe le cœur! ^V Autant que de mon sang la chaleur diminue.
Daigne de mon esprit augmenter la vigueur!
Jusqu'à ses derniers instants il conserva une humeur égale et
{ , facile. Il avait toujours eu d'ailleurs au plus haut point cette verve
} gauloise, qualité de nos pères; c'était en quelque sorte l'accom-
;/ pagnement, l'assaisonnement de ses hautes et solides vertus
^ morales. Nous avons vu quelle était sa probité; ses mœurs étaient
i irréprochables; étranger à l'intérêt personnel, il était obligeant
^" pour ses amis et secourable aux pauvres. Il servait Dieu avec
sincérité et sans ostentation, avec la simplicité du vrai chrétien.
V; Cette simplicité le préserva sans doute de l'esprit d'innovation qui
^ hantait tant de beaux esprits et les faisait ou se piquer d'incrédu-
jj: lité ou côtoyer les abords du protestantisme. « Je ne veux, a-t-il
C dit dans ses poésies françaises,
Égarer mes pensées
; Aux damnables erreurs des têtes insensées,
j Qui, par un fou désir de vouloir tout savoir,
Aux humaines raisons se laissent décevoir.
EJt qui, pour se vouloir trop assurer des causés, ;î
Se trouvent à la fin douter de toutes choses. Je veux persévérer constant en notre foi... »
Ces fortes convictions n'étaient accompagnées d'aucune intolérance, chose très remarquable à une époque où le contraire était la règle, et d'autant que lui-même vivait à Loudun dans un milieu tout dévoué aux idées calvinistes, cette ville ayant la réputation d'être, après La Rochelle, la plus favorable à la Réforme. Sainte- Marthe aimait à affirmer sa largeur d'idées, mais il ne permettait pas que l'on pût le soupçonner de tiédeur religieuse. Un jour, Duplessis-Momay vint le voir et, l'interrogeant d'une manière insidieuse, manifesta quelques doutes sur la sincérité de ses convictions; il s'en formalisa et lui répondit qu'il lui ferait injure s'il l'estimait autre que catholique. Sa conduite fut toujours conforme à ses opinions et lorsque, dans la dernière année de sa vie, ses jambes refusèrent de le soutenir, il se faisait porter à Téglise aux fêtes principales pour y accomplir ses devoirs religieux.
Les funérailles de Scévole de Sainte-Marthe furent à la fois simples et grandioses; simples par l'appareil déployé, grandioses par la foule qui était venue lui rendre les derniers hommages et pleurer le concitoyen vénéré. Urbain Grandier, son curé, qui lui avait administré les sacrements et qui avait reçu son dernier soupir, écrivit son oraison funèbre. Mais ce discours avait demandé une longue préparation, aussi ne fut-il prononcé dans l'église Saint-Pierre qu'au service célébré six mois après sa mort, le 11 septembre 1623. Ce morceau d'éloquence, dans le goût de l'époque, est remplie de jeux de mots et de traits d'esprit; les phrases ampoulées s'y développent longuement. Aussi, faut-il louer la pensée de l'orateur et passer condamnation sur son style. Dans une autre enceinte, au palais de justice de Loudun, le 8 avril 1623, c'est-à-dire au lendemain de la mort de Scévole, Théophraste Renaudot, en présence des officiers et des notables de la cité, avait fait une longue harangue en son honneur. Ces deux oraisons funèbres, de mérite différent, mais fort curieuses, furent imprimées à Paris en 1629.
Un grand nombre d'autres morceaux furent composés en Fhonneur de Scévole. De Thou, dans ses Mémoires, nous apprend qu'il était alors d'usage de célébrer en prose ou en vers la mort de ceux
-^Tr»5F-
que l'on avait aimés. Ces écrits divers étaient réunis en un recaeil plus ou moins volumineux qui portait le nom de « Tombeau t. Le Tombeau de Scévole, sous le titre de V. C. Sœvolœ Sammarthanù guœstoris Franciœ^ Tumulus^ Paris 1630» ne contient pas moins de 274 pages in-4'^. On y trouve des discours, des odes^ des élégies, des sonnets, des épigrammes, etc., signés des noms de Grotius, de Maynard, Tun des disciples distingués de Malherbe, de Heinsius, de Rlchelet, de Brodeau et de la plupart des littérateurs alors en vogue. Guillaume Colletet y figure pour un poème pastoral de près de 600 vers. Nicolas Bourbon, Tun des premiers membres de rAcadémie Française, y inséra une remarquable épitre en hexamètres latins. C'était justice et « Sainte-Marthe méritait bien de in^^ trouver tant de panégyristes, après avoir été lui-môme le pané-
gyriste empressé de ses contemporains. » Depuis, un grand nombre de biographes ont cherché à retracer cette vie si intéressante; nous avons cité La Rochemaillet et Davila, il faut joindre à ces noms $: ceux du P. Lelong, de d'Hozier, de Pontanus, de Louis Trinquant,
Ç' de Baillet, de Nicéron^ de Perrault, de Tabbé Goujet, de Dreux du
f Radier, etc.; tous ces travaux sont écrits dans le même esprit et
h Ton ne trouve pas trace d'un blâme encouru par Scévole de Sainte-
té Marthe.
y Le monument funéraire qui recouvrait, à Loudun, sa dépouille
mortelle, en la chapelle Saint-Louis de l'église Saint-Pierre-du-
f Marché, consistait en une simple dalle de marbre sur laquelle
l était gravée une inscription. Cette dalle a été enlevée et sans doute
; détruite au commencement du siècle, lors d'importants travaux de
'*^ pavages entrepris dans l'église. L'inscription elle-même nous a été
* conservée par Dreux du Radier. Celui-ci nous dit quelle était de la
composition de Nicolas Rigaud, bibliothécaire du roi, « très connu
dans la République littéraire ». Comme elle ne se trouve que dans
cet ouvrage, nous croyons devoir la reproduire en entier; elle
rappelle, comme on va le voir, avec les vertus et les talents de
Sainte-Marthe, les charges qu'il remplit et ses principales
actions (1) :
(1) L'antiqae demeare des Sainte-Marthe a subsisté jusqu'à nos jours et vient seulement d'être démolie. Une place de la rille de Loudun porte le nom de place de Sainte-Marthe.
Scmolm Sammartharno V. iV.
Ludovici Jcti et apud Juliod :
Cognitoris Regii F.
Soofvelœ Medici Aegii iV.
Qtiestoriœ dignitatis in Pictonum Ditione Prœsidi :
Iterum smcepto Majoris Urbici munere^ Variisqv^f Legationibus summà Cum civilis sapientiœ laude Peractis^ Optimè de Re Pictonum^ Santonum^ Britonumque, PuJblica merito.
Di/ficilliinis temporibus perspedœ Fidei; doctrinœ singularisa Ac ingenii elegantiœ Nomine.
Henrico III et Henrico Magno Regibus accepta^ Ab Mis ad Blasensia, et Rothomagensia Regni Comitia evocaîo, Ac in utrisque Prudenter versato :
Inter eximios Poêlas, Sive Latina, sive Gallica pangeretf Prœclaro.
Solutd itidem oratione^ culiissmisque ElogiiSy quibus Gallorum doctrinâ lUustrium Manibus rite Parentavity conspicuo :
Ob Pictavum^ desertis fœderatorum partibus.
Régi reconliatum^ eo Prœcipuè adnitente^ fidissimi Civis gloriam; Ob Juliodunensium PopiUarium urbem^
I Quant Ducis irati exercitm ultione
^ Sœvà perditum veniebaty
\ Efficacissimœ deprecationis
Eloquio sermtam, Patris Patriae Nomen adepto :
Abely Scœvola^ Ludovicus^ EireneuSy Jana, Nie. Socheti V. JV. tixor Parenti optimo et perpétué memorid Dignissiino., ex ordinum Juliodunensium Voto^ posuer, î Obiit ann. Christi MDCXXIIL
< , IVKal.ApriL
^^ Senex annos LXXXVII.
r Après avoir analysé les qualités morales de Scévole de Sainte-
[<\ Marthe, le manuscrit déjà cité trace de lui ce portrait physique :
t • 11 avait le visage libéral, le maintien grave et modeste, Toeil
r doux et riant, la couleur du visage vermeille, la stature médiocre
*J et carrée et en ses jeunes ans le poil chastain ». La Rochemaillet,
5» son biographe, nous donne la même note et nous dit qu'il avait
Çi les cheveux chastains (< mais il fut chauve assez tôt •), le nez bien
\. . fait, Tair franc et ouvert, le n^aintien digne et modeste, Tœil plein
j de vivacité et de feu, le front large, le visage vermeil, la physio-
^^ nomie douce et riante. Sa taille était médiocre mais dégagée, en
un mot tout annonçait dans son extérieur une nature saine, riche et vigoureuse. Tel nous le représentent bien d'ailleurs les nombreux , portraits qui nous sont parvenus de lui et dont nous allons nous
r. occuper. Après avoir retracé la vie de Sainte-Marthe, et avant
"r^ d'étudier ses œuvres, son iconographie s'impose.
^ Les portraits de Scévole sont nombreux, nous en connaissons
quinze différents. Le Père Lelong dans sa Bibliothèque^ Liste des / portraits des François illustres^ édition Fontette, tome IV, p. 258,
^ n'en signale que sept. ^C'est donc huit portraits qui lui ont été
V inconnus ou qui ont été gravés postérieuremeifit à lui.
^, Le premier portrait signalé par le. P. Lelong est ainsi désigné :
1*^ N... in-8% 15T9y œtate 40^ Ce portrait est un jnédaillon très
(I) M. Odieovre ici cité est rarrière-grand-oncle de M. le chanoine Odieuvre, d'Ëvreux, l'an des fondateurs de là Revue catholique de Normandie,
ûXï^'M porte riiiscription suivante qui Tentoure : Scœvola Sammar* \
thanvs, quœstor Franciœ. An. sal. i679y œt. 40. Ce portrait très ^
artistement gravé est de trois quarts, il est entouré de fleurs gra- A
cieusement disposées. -. j
Le second portrait a été également signalé par le P. Leiong : .tj
2o In-é"" chez Daret^ 1652. C'est encore un médaillon de trois
quarts, avec armes au bas et notice. . . ^i:
• Le troisième est signalé dans les portraits illustres : 'J
3** De BroUy in-S^. Ce portrait de de Brou, in-S®, pourrait bien ^l
être le double d'emploi du portrait de 1579 inscrit sous le numéro V^
un ; dans tous les cas c'est sa copie exacte. -^
Le quatrième est aussi inscrit dans les portraits illustres du {^
P. Leiong : '\
: 40 HaberU 1690^ in-f*. C'est un médaillon trois quarts, avec la /J
toque et la grande colerette. Au-dessous des mots N. Habert C
scuipebat^ se trouvent les armes de Scévole et plus bas une notice. --^
Il porte l'inscription suivante» autour du médaillon : Scévole de v^
Sainte-Marthe^ ch'" Président et TrésT gnal de Fra. en Poitou. De ^^
chaque côté on lit cette inscription : Tôt clams scripîis et proie t
superstite fœlix fatalis nescit tela timere Deœ. Ce portrait est d'une ^
finesse d'exécution remarquable. ^
Le P. Leiong inscrit sous le numéro cinq le portrait d'Édelink : >j
50 Edelink^ 1695, inf^ : dans les Hommes illustres de Perrault, v