‹ Sainte-Sophie de ConstantinopleChapitre 10 sur 21 · Codin. de Off., XIV, p · texte numérisé non relu

Codin. de Off., XIV, p

3. Riant, Exuviae sacrae, t. IT, p. 222; Adamnani De locis sanctis libri tres dans Corpus Script. Eccles, Lat., t. XXXIX, Vienne, 1898, p. 286.

vait peut-être dans la prothèse. Celle-ci occupait probablement l’espace qui se trouve au nord de l’abside et qui communique avec cette dernière par un passage!.

Quant au diaconicon, il pouvait occuper sur le côté sud l’espace correspondant, qui communique aussi avec l’abside par un passage. On à vu qu'après avoir adoré le crucifix qui se trouvait derrière l'autel, sous la voûte en berceau qui précède la conque de l’abside, l'empereur pénétrait dans un oratoire situé devant le mitatorion. Pour aller dans cet oratoire prier devant le crucifix en argent*, l’empereur a dû prendre le passage qui fait communiquer l'autel avec l’espace au sud de l’abside. Ici, devant le mitatorion qui occupait l'extrémité orientale du bas-côté sud, se trouvait l’oratoire avec le crucifix en argent. Cet oratoire servait probablement aussi de diaconicon*. La prothèse et le diaconicon se trouveraient ainsi placés de chaque côté du grand autel comme dans les autres églises.

1. Bjeljaev, Byzantina, II, p. 121 suppose que la prothèse pouvait aussi se trouver dans le grand autel. Il s'appuie sur le texte d’Ignace de Smolensk, qui, décrivant le couronnement de Manuel Il Paléologue, raconte qu’à la grande entrée l’empereur pénétra dans l’autel, d’où il accompagna, un cierge allumé à la main, la procession des saints sacrements (cf. Jéin. russes en Orient, t. V, p. 146). L'auteur a voulu désigner sans doute l’autel de la prothèse d’où partait la procession eucharistique. On peut supposer aussi que l’empereur a gagné la prothèse en traversant le grand autel. Du Cange, Const, Christ., lib. IT, p. 44 et Salzenberg, Alt-christ. Baudenk., p. 32-33 placent la prothèse dans la niche demi-circulaire du nord et le diaconicon dans la niche demi-cireulaire du sud. Mais ces niches ouvertes ne semblent pas appropriées aux usages liturgiques. Elles étaient d’ailleurs affectées aux chœurs {v. plus haut p. 13).

2, V. plus haut p. 16. C’est probablement le même oratcire que désigne un pèlerin russe, au xv® siècle. Après avoir mentionné la vivifiante croix dans l'autel, il ajoute : « Il y a là, à droite, dans la chapelle, la colonne sur laquelle était assis le Christ pendant qu'il causait avec la Samaritaine ». Cf. Ifin. russes, en Orient, t. V, p. 226,

3. La situation du diaconicon semble confirmée par Codinus. Le lieu, où l’empereur se place pour écouter, près du diaconicon, les prières de Saint-Basile, doit être le mitatorion où il assistait à l'ordinaire au service liturgique. Le mitatorion, situé à l'extrémité orientale du bas côté sud, avoisinait ainsi le diaconicon.

La sortie de l’église.Le Puits sacré.

Le service liturgique étant terminé et le déjeuner au mitatorion ayant pris fin, l’empereur se préparait à quitter l’église. La sortie de l’empereur était comme son entrée réglée par un cérémonial rigoureux. Le patriarche venait au mitatorion pour accompagner le basileus et ils allaient ensemble jusqu’à la porte qui conduit au Puits sacré (&yiov Boo). Sur le seuil de cette porte, l’empereur remettait au clergé de l’église des bourses pleines d’or (ypusû Bañdvria Où Bahavridia)!. Puisil allait derrière une portière (B%hov, xopriva) suspendue au Puits sacré et le patriarche mettait sur la tête de l’empereur la couronne déposée avant d’entrer dans l’église. Il lui donnait ensuite les eulogies (2bhoyiar ‘rot rpossopai)*, les parcelles de pain bénit, puis de l'huile sainte (74 aherr&)*, renfermée sans doute dans

4. Cf. Du Cange, Gloss. gr. s. v. Bélavdov; Sophocles, Gr. Lex. s. v, Baïdv- TLOY.

2. On a vu plus haut (p. 15) que le prêtre, à l'issue du service liturgique, distribuait aux fidèles devant les saintes portes du pain bénit (ävr{äwpov), La prosphora était la partie du pain bénit, mais non consacré, qui n’était pas utilisée pour la messe, Avant la communion, le prêtre sur l'autel de la prothèse détachait de la phosphora, c’est-à-dire du pain offert par les fidèles au prêtre pour la messe, le fragment qui allait être consacré et devenir l’hostie. Le reste de la prosphora était distribué aux fidèles comme pain bénit, antidoron ou eulogie. Cf, Habert, Lib, Pont., p. 288; Goar, Euchol., p. 154: Brightmann, Liturgies, t. I, p. 399, 571; S. Gregorii Decapolitae Sermo historicus dans Migne, P. G., t. C, col. 1204. On donnait aussi le nom d'eulogie à tout objet qui avait une relation avec un personnage ou une chose sacrés. La poussière du tombeau des saints servait d'eulogie, Cf. Dmitrievskij, Opisanie, 1. I, p. 94.

3. L'huile des lampes allumées devant un tombeau, une relique ou une image sacrée servait aussi d'eulogie. Elle avait la propriété de guérir les malades; cf, Jean Chrysostome, In Matth. hom. XXXII, 6 dans Migne, P. G.,t. LVII-LVIII, col. 384; Syméon de Salonique, De Sacramentis LVI dans Migne, P. G.,t. CL,

des ampoules. Le patriarche recevait à son tour de l’empereur, une gratification, l’apocombion, et prenait congé. Le basileus quittait ensuite le Puits sacré’.

Le Puits sacré était la margelle du puits près duquel Jésus se serait entretenu avec la Samaritaine*. C'était une relique très vénérée que les empereurs adoraient et devant laquelle ils allumaient des cierges, quand, au lieu d'entrer à Sainte-Sophie par l’atrium, ils pénétraient dans l’église par le côté méridional, pour se rendre aux saintes portes et au sanctuaire où ils accomplissaient leurs dévotions accoutumées”.

Le Puits sacré se trouvait en dehors de l’église. Lorsque l’empereur entrait à Sainte-Sophie par ce côté, le patriarche venait à sa rencontre à la grande porte qui conduit du Puits sacré dans l’église *. Du mitatorion, qui se trouvait dans le bas côté sud, une petite porte s’ouvrait aussi sur le Puits sacré, par laquelle les empereurs sortaient de l’église.

Paul le Silentiaire rapporte que sur le côté sud de l’église s’étendait un long portique semblable à celui qui longeait l’église sur le côté nord°. Ce portique de la façade méridionale doit être

col. 204; E. Michon, La Collection d'ampoules à eulogies du Musée du Louvre dans Supplément avæ Mélanges d'Archéologie et d'Histoire publiés par l'École française de Rome, t. XII, 1892, p. 45.

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