‹ Sainte-Sophie de ConstantinopleChapitre 9 sur 21 · Cf, Habert, Liber Pontif., p · texte numérisé non relu

Cf, Habert, Liber Pontif., p

L'empereur rentrait au mitatorion après avoir pris congé du patriarche.

Ainsi, d’après l'usage du livre des Cérémonies, l’empereur communiait en dehors du sanctuaire, comme les autres fidèles. Pendant l'office, il se tenait au mitatorion, d’où il sortait pour prendre part à la procession eucharistique, au baiser de paix et à la communion®. L'empereur n’entrait ainsi qu’une fois dans le sanctuaire, au moment de la petite entrée, lorsque l’Évangile était transporté des Portes royales sur l'autel. IT n’en avait pas toujours été ainsi. Autrefois l’empereur, après avoir déposé ses offrandes sur l'autel, restait à l’intérieur du sanctuaire jusqu’à la communion*. Mais cet usage cessa sous le règne de Théodose le Grand, à la fin du 1v° siècle. L’évêque de Milan, Ambroise avait assigné à l’empereur, déjà à cette époque, une place en dehors du sanctuaire‘. L'empereur ne pouvait y pénétrer que pour déposer ses présents”.

Après la communion, l’empereur, étant rentré au mitatorion, y déjeunait avec ses invités°. Ce repas (xeäux, xpamarite) se composait de vin mélangé d’eau, comme celui de la communion' et sans doute aussi de pain, de gâteaux ou de fruits.

1° Cen 1, p..17-1854199/ pb 06-07%19251p. 132429.

2. Cf. Cer, I, 1, p.26; I, 37, p. 187; I, 26, p. 145. A la fête de l'Orthodoxie, suivant l’ancien type, l'empereur n’entrait pas dans le sanctuaire et il ne sortait du mitatorion que pour la communion. Cf. Cer. I, 28, p. 159,

4. Cf, Sozomène, Eccles. Hist., VII, 25, t. Il, p. 764 s.; Théophane, t. I, p. 73; Ménologe de Basile, 7 décembre, dans Migne, P. G., t. CXVII, col. 193.

5. Mansi, Sacror. Concil. Nova et Amplissima Collect., t. XI, col. 973, can. 59. Plus tard, au xive siècle, les empereurs communièrent à l’intérieur du sanctuaire, mais seulement au couronnement; cf. Codin. de Off., XVII, p. 96; Cantacuzène, I, 41, p. 201 ; Itin. russes en Orient, t. V, p. 146; Syméon de Salonique, de Sacro Templo, CLVIIT, dans Migne, P. G.,t. CLV, col. 352.

6. Cer. I, 1, p. 18; I, 9, p. 67; 1, 23, p.135; I, 26, p. 145; cf.-Il, 52, p.741, 754, 766, 175, 779,

7. Cf. Du Cange, Gloss. gr. s. v.: Gloss. lat, s. v. mixtum; Habert, Liber Pontif., p.15; G. Krüger, Die Apologieen Justins des Mürtyrers, Freiburg i. B. et Leipzig, 1891, p. 56; A. Jülicher, Zur Geschichte der Abendmahlsfeier in der

Après ce déjeuner l’empereur quittait l’église’.

Ce mitatorion avait été construit en même temps que l’église par Justinien. C'était une chambre (xarc6v) somptueuse où l’empereur venait écouter aux fêtes la lecture des saints livres ?. Ce local devait se trouver à l’intérieur de l’église pour permettre à l’empereur de suivre le service liturgique. Il devait occuper l'extrémité orientale du bas côté sud de l’église *. L'empereur n'avait ainsi qu'un espace assez court à parcourir pour se

ältesten Kirche dans Theologische Abhandlungen C. v. Weïzsäcker zu seinem 70e Geburstage gewidmet. Freiburg i. B. 1892, p. 221. Cette habitude de prendre un repas à l’église peut s'expliquer par le fait que l'empereur, comme les laïques et les prêtres, devait se présenter à jeun pour communier, Avant de quitter l’église, l’empereur y prenait un léger repas. Reiske, Comm., p. 630 s. et Bjeljaev, Byzantina, II, p. 178, voient dans cette pratique une survivance des anciennes agapes chrétiennes. Mais les agapes dans les églises avaient été interdites depuis longtemps; cf. H. Kurtz, Lehrbuch der Xirchengeschichte, Leipzig, 1899, t. I, p. 1€7, 168.

1. Au couronnement de l’empereur, le basileus, après avoir reçu les insignes impériaux sur l’ambon, rentrait au mitatorion, où il prenait place sur un siège (oeXkiov). Les dignitaires introduits venaient se prosterner à ses pieds et baiser ses genoux. L'empereur prenait part ensuite au service liturgique, au baïser de paix et à la communion comme aux autres fêtes (Cer. I, p. 38, p, 193). D’après le texte ajouté à la proclamation de l'empereur Léon, le basileus, qui n’avait pas reçu ses insignes à Sainte-Sophie, s’y rendait pour déposer sur la sainte table sa couronne et ses présents. Il en sortait ensuite et, après s'être arrêté un instant devant le cancel, il entrait au rapartxv pour écouter la lecture de l'Évangile (Cer. 1, 91, p. 415). Il est question ici du mitatorion où se trouvait le triclinos dans lequel l’empereur déjeunait (Cer. I, 9, p. 67). Cette forme est sans doute une corruption de mapatp!xh:vov,.

2. Preger, Script. Orig. Const. t.T, p. 10%; Pauli Silentiar. Descript.S. Sophiae, p. 29 v. 580 s. Ce mitatorion est sans doute le lieu où, d’après Benjamin de Tudela, {tinerarium, Ludg. Batav. 1633 p. 43, l’empereur avait l'habitude de se divertir.

3. On a vu que toutes les fois que l’empereur sortait du mitatorion il se rendait sur le côté droit du bêma. C’est d'ici également qu’il regagnait son mitatorion, Après le quatrième mariage de Léon VI, le patriarche Nicolas ayant interdit à l’empereur l'accès de l'église, le basileus ne pouvait se rendre dans son mitatorion qu’en passant par le côté droit (ef, Theoph., Cont, VI, 23, p. 370 ; Cedrenus, t. 11, p. 265). Dans un cas, l’empereur, sortant par le côté droit du sanctuaire, passe près des calonnes de porphyre d'où il se rend au mitatorion (Cer. IT, 10, p. 548), Ces colonnes sont celles de Ja niche sud-est (v. plus haut

rendre devant le sanctuaire où il prenait part à la grande entrée, au baiser de paix et à la communion.

Outre le grand autel où l’empereur pénétrait pour déposer ses offrandes, il y avait à Sainte-Sophie le petit autel de la prothèse sur lequel on préparait les espèces. De la prothèse, située sur le côté nord du sanctuaire, partait la procession pour transporter les espèces sur la sainte table, dans le grand autel. Il y avait aussi un diaconicon où le prêtre, le service liturgique terminé, allait déposer ses habits de cérémonie. Où se trouvait leur emplacement?

Au xrv° siècle, le rituel de la grande entrée était un peu différent de l’usage du livre des Cérémonies. L'empereur, après avoir reçu ses insignes sur l’ambon, assistait, après son couronnement, au service liturgique. Au moment de la grande entrée il se rendait dans la prothèse, où les saintes espèces avaient été préparées, et accompagnait la procession eucharistique jusqu’à la soléa où il rencontrait le patriarche qui se tenait aux saintes portes ‘. D’après le livre des Cérémonies, l'empereur n’allait pas dans la prothèse, mais attendait derrière l’ambon la procession et l’accompagnait par la soléa jusqu'aux saintes portes. Codinus signale aussi l’existence du diaconicon. A la fête de la Pentecôte, l’empereur, à l'heure des vêpres, se rendait à Sainte- Sophie pour y écouter près du diaconicon les prières de Saint-Basile *.

Mais ces textes ne donnent aucune indication précise sur l'emplacement de la prothèse et du diaconicon. Les pèlerins ont vu, sur le côté nord du grand autel, une croix*, qui se trou-

p. 13, n. 4). Le mitatorion devait donc être situé à l'extrémité orientale du bas côlé sud. Lethaby et Swainson, S. Sophia, p.78 et Preger (Byz. Zeits., X, p. 470) ont placé avec raison le mitatorion dans le bas côté sud. Bjeljaev, Byzantina, IT, p.128 s. le place à tort en dehors de l’église. A l'extrémité orientale du bas côté sud, il place le diaconicon.

1. Codin. de Off., XVII, p. 93-94; Cantacuzène, Hist,, I, 41, p. 200.

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