Vida, XXVI. — 2. Ibid., XXX. — 3. Camino, XXI
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s'attarder ainsi dans ses lettres à exagérer ; car avec tous ses détours elle croit peut-être ne pas mentir, mais il est bien en dehors de la perfection d'employer un tel style, avec ceux auxquels il faudrait toujours parler clairement ; c'en est assez pour entraîner ses supérieurs à faire mille sottises l ».
Térèse n'aime donc pas l'exagération ; et cela par tempérament. Elle ne pouvait pas davantage éprouver du goût pour la préciosité proprement dite.
Elle qui avait choisi d'être ignorante et vile aux yeux du monde était à cent lieues du « nada vulgar » et des « agudezas » et « melindres » que ce genre commande. Elle les condamne même explicitement et sévèrement chez ses filles. « Il importe de bien veiller à la façon de parler, dit-elle aux Visiteurs de ses couvents ; que celle-ci soit toute simple et sincère et dans le style d'ermites et de personnes cloîtrées. Il faut condamner les mots nouveaux et les mignardises, — je crois que c'est ainsi qu'on les nomme, — en usage dans le monde, où il y a toujours des nouveautés. Que les filles se prévalent plutôt d'être ignorantes que bien au courant dans ces sortes de choses 2 ».
Si donc Térèse tomba dans la préciosité ce fut bien malgré elle. Car, enfin, elle y tomba. Mais ce fut plus la faute de son époque que la sienne.
Sa terminologie amoureuse est évidemment la première à subir les atteintes de l'inéluctable mal. Le vocabulaire galant de l'époque lui impose ses formules stéréotypées qu'il n'était pas en son pouvoir de rejeter. Elle emploie donc ces phrases et ces expressions toutes faites que l'on retrouvera à foison dans le théâtre de Lope, de Tirso et dans la littérature erotique du temps : « Vencer a su vencedor, conquistar a su conquistador 3 »;
i. Lettre du Ier févr. 1580. — 2. Modo de Visitât, Obras t. VI p. 42. — 3. Exclamation, XVI. Vaincre son vainqueur, conquérir son conquérant.
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« Senor, parece olvidais vuestra grandeza para no castigar traïciôn tan traidora como esta 1 » ; « no es menester mandârmelo cuando hay tan buen despertador como el amor 2 etc. » Avant qu'en France ne soient nés les « mourants » elle parle d'une âme « morte d'amour pour son Dieu 3 », ou encore, « folle d'amour ».
Sans en abuser, Térèse affectionne la forme antithétique : « Y esta es su mayor riqueza : quedar mientras mas sirve mas adeudada 4 ». — « j Oh gran ganancia, no quererganar pornuestro parecer, parano temerpérdida 5 ! »
Nous retrouvons chez elle de nombreux exemples de ce jeu d'idées facile et qui est véritablement obsédant dans la littérature espagnole de ce temps : l'antithèse entre la vie qui tue et la mort qui fait vivre : « i Que remedio, Senor, para poder después vivir que no sea muriendo con la memoria de haber perdido tanto bien ?... La mejor vida que puede tener es morir siempre con este sentimiento 6 ». — « Mas deseâbame morir por no me ver en vida adonde no estaba segura si estaba muerta 7 ». — « Sea Dios alabado que me diô vida para salir de muerte tan mortal 8 ». — « Deseaba vivir que bien entendia que no vivia sino que peleaba con una sombra de muerte y no habia quien me dièse vida... quien me la podia dar, ténia razôn de no soccorerme 9 ».
i. Conceptos II. On dirait que vous oubliez votre grandeur pour ne pas châtier une trahison aussi traîtresse. — 2. Caria LV. Inutile de me l'ordonner lorsque j'ai un aussi bon avertisseur que l'amour. — 3. Conceptos I. — 4. Camino XXXII. Et c'est là sa plus grande richesse : plus elle sert, plus elle a de dettes. — 5. Camino XVII. Oh ! le grand gain ! ne pas chercher de gain pour ne pas craindre de perte. — 6. Exclam. III. Quel moyen, Seigneur, de mener une vie qui ne soit pas une mort avec le souvenir d'une telle perte !... la meilleure vie est de mourir sans cesse avec ce sentiment. — 7. Vida XXXIV. J'aimais mieux mourir pour ne plus me voir en une vie où je n'étais pas certaine de n'être pas morte. — 8. Vida IX. Dieu soit loué qui me donna la vie pour sortir d'une mort si mortelle. — 9. Vida VIII. Je désirais vivre ; car je comprenais bien que ce n'était pas là vivre mais lutter contre une ombre de mort. Et personne pour me donner la vie ! Celui qui pouvait me la donner avait raison de ne pas me secourir.
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Cette antithèse, banale à force d'être répétée, eut à cette époque un succès immense à en juger par le nombre d'auteurs qui l'emploient. Qu'on ste rappelle l'ancienne Cancion de Cartagena :
« No se para que nasci pues en tal estremo esto que el Morir no quiere a mi y el Vivir no quiero yo l ».
La fameuse lettrilla populaire « muero porque no muero » est du même goût, et toute la glose de Sainte Térèse n'est qu'un développement de ce pauvre canevas. Aussi, si cette glose est remarquable, c'est moins par la nouveauté de l'idée que par la sincère impétuosité du sentiment.
Car même à ces formules maniérées Térèse donne la plénitude d'un sens toujours nouveau pour elle. Elle reste toujours sincère ; c'est ce qu'on ne peut nier ; ce sera, nous le verrons, la qualité dominante de son lyrisme. Mais cette indubitable sincérité de l'idée mise à part, il reste que l'expression, bien que très rarement, en est parfois précieuse.
Au chapitre xix du Cantine», lorsqu'elle nous parle d'un feu qui gèle, d'une eau qui échauffe, et que les larmes sont tour à tour eau du ciel, feu du ciel, eau de la terre et feu de la terre, tout cela nous semble bien alambiqué. C'était le goût de l'époque. Faisons toute-
i. Ce fut d'ailleurs un thème universellement pratiqué : on le trouve déjà dans la littérature latine chrétienne à propos de la mort du Christ. Qu'on se rappelle aussi le rondeau de François Ier :
« Malgré moi viz et en vivant je meurs. De jour en jour s'augmentent mes douleurs. Tant qu'en mourant trop longue m'est la vie. Le mourir crainetz et le mourir m'est vie : Ainsi repose en peines et douleurs ! »
(Champollion-Figeac : Poésies du Roi François Ier... Paris 1847, p. 50. Texte du ms. 1723, fol. 83 v° 84. B. N.).
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fois remarquer que dans l'emploi de semblables figures, Térèse, d'instinct, a été d'une sobriété méritoire.
Au fond, elle fait simplement usage de procédés littéraires courants et que tout le monde employait sans plus se douter de la recherche.
L'ellipse par exemple. Nous avons dit en parlant de la langue de Sainte Térèse, l'usage et presque l'abus qu'elle en fit.
En voici encore quelques exemples :
« No hay razôn que baste, a no me sacar de ella cuando me saca el senor de mi l ». — «A esas de Sevilla yo me las queria mucho, y cada dia las quiero mâs, por el cuidado que tienen de quien con el mio le querria estar siempre regalando y sirviendo 2 ». — Et surtout celle-ci qui nous semble un peu forte, à propos d'une religieuse qui a quitté le couvent et qui en est devenue folle. « Esta fuera de juicio. . . Mire que grandes son los de Dios 3 ».
De telles ellipses nous semblent aujourd'hui de pitoyables calembours. A l'époque de Térèse cette façon d'écrire était entrée dans les mœurs et on n'en sentait plus le maniérisme. Pour se faire remarquer il fallait renchérir. Térèse n'écrivant pas dans ce but s'en abstient. Mais Cervantes par exemple, bien qu'écrivain spontané, a moins de simplicité et fréquemment chez lui partent des traits comme celui-ci qui nécessite un commentaire : « Haz con este hierro el castigo del que he cometido 4 ».
Un autre procédé courant dont notre écrivain use
i. Vida XVI : Il n'y a raison qui vaille à ne point me la faire perdre 'la raison), quand le Seigneur me perd en Lui. — 2. Lettre du 7 déc. 1576 à Gratien : J'aime chaque jour davantage les sœurs de Séville à cause du soin qu'elles ont pour celui que je voudrais constamment entourer des miens ! — 3. Lettre du 29 avril 1576 à Marie-Baptiste : Elle a perdu le jugement. Ah ! combien grands sont ceux de Dieu ! — 4. Novelas Ejemplares : Las dos Doncellas. On marquait les esclaves au fer. Ce fer (hierro) est ici l'épée de Teodosia ; en la remettant à son frère, elle est à sa merci ; celui-ci en s'en servant contre elle réparera le mal (yerro) qu'elle a commis.
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abondamment est la répétition d'un même mot en deux sens différents : Comme dans cet exemple : «hemos de dar sentidos conforme al poco sentido del amor de Dios que se tiene * » — ou du même mot employé tantôt au sens réel, tantôt au sens figuré : « mas con que sed se desea tener esta sed 2 »... ; « mas si es tierra (c'est-àdire une âme) que aun se esta en la tierra3... » — ou une simple répétition couvrant un jeu d'idées : « no parece nos oyen los hombres cuando hablamos si no vemos que nos miran, i y cerramoslos oj os para no mirar que nos mirais Vos 4 ? » ; « Descanso... en no tener cuenta de dar cuenta de riquezas 5 » — ou enfin l'emploi successif du verbe ou du substantif de même radical : « Ha se de notar que en este dura poco la fuerza que nos fuerza a no ser senores de nosotros 6 » ; « A Maria de la Cruz le diga que en lo que ahora quiero me haga regalo es en regalar a vuestra reverencia 7 » ; « Dios le encamine que se gane con este ganado 8 ».
Elle aime aussi la répétition de mots différents qui se ressemblent ou assonent :
« Hablan corto y no muy cortado 9 » ; « Venido a cobrar esta paga (cette paie d'amour) es en pajas 10» ; « En que sea yo medio para su remedio11 » — ou des simples jeux de
i. Conceptos I : Donner un sens conforme au peu de sentiment d'amour divin que nous avons. — 2. Camino XIX : Mais avec quelle soif nous désirons avoir cette soif ! — 3. Vida XIX : Si c'est une terre qui est encore sur la terre. — 4. Camino L (Ms. E). Il y a ici un jeu de mots assez subtil. Car fermer les yeux pour ne pas voir que le Christ nous voit (proprement pour ne pas regarder qu'il nous regarde) c'est les ouvrir aux choses du monde, qui nous distraient de ce regard intérieur. — 5. Conceptos, II : C'est un repos de n'avoir pas à tenir compte de rendre compte de richesses. — 6. Fondac, VI : Notez que la force qui nous force à être maîtres de nous-mêmes dure peu. — 7. Lettre du 16 juill. 1574 à Marie-Baptiste : Dites à Marie delà Croix que le plaisir que j'attends d'elle c'est qu'elle fasse plaisir à Votre Rév. — 8. Lettre de févr. 1580 à Lorenzo : Dieu fasse que ce gain vous procure du gain. — 9. Camino XIV: Leurs paroles sont courtes mais non fort courtoises. — 10. Camino VI : Cette paie une fois touchée, ce ne sont que pailles. — n. Lettre de 1574 à Banez: Que je sois le moyen pour leur venir en aide.
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mots comme : « Estando yo fuera de ella yo estaba va tan fuera de mi con aquel deseo x ».
Quant aux Poésies de Sainte Térèse, je ne sais s'il y a lieu de parler à leur sujet de préciosité. Ce sont d'honnêtes poésies de couvent dont la naïveté est sincère, composées dans le goût des letrilles populaires et qu'on ne saurait comparer pour la plupart aux poésies de Saint Jean de la Croix et de Louis de Léon qui connaissaient l'art du vers et avaient repris à Boscan et à Garcilaso les mètres savants et le procédé du maniérisme italien. Un mérite qu'ont les meilleurs vers de Sainte Térèse et qui les met peut-être au niveau des plus beaux de l'époque, c'est qu'ils chantent un sentiment éprouvé, alors qu'au contraire les poètes mondains écrivaient leurs canciones et leurs odes en dehors de toute inspiration réelle : « Tandis que se résolvaient pendant le XVIe siècle et les suivants, dit G. Nunez de Arce 2, les plus redoutables problèmes de la conscience, soit dans les controverses religieuses, soit sur les champs de bataille, la poésie, indifférente à ces profonds changements, s'amusait à reproduire des fables mythologiques, à célébrer les prouesses merveilleuses des héros imaginaires, à peupler plaines et forêts de satyres, de bergers, de nymphes et de bergères, à tracer des tableaux fantastiques où tout apparaissait faussé : la terre et le ciel, l'homme et la nature... »
On peut dire en conclusion que si le conceptisme a légèrement atteint la prose térésienne, on ne trouve rien dans ses poésies qui annonce le cultisme.
C'est donc à cela que se borne chez Sainte Térèse la préciosité de l'idée et du langage. C'est au fond fort peu de chose ; ce n'est jamais de mauvais goût, ni l'effet d'une recherche consciente ; dès lors cela ne suffit pas
i. Vida XXXIX : Étant dehors 'à la rue) alors que ce désir m'avait mis hors de moi. — 2. Discurso sobre la Poesia. 1887, cit. Mérimée. Précis d'hist. de la litt. esp. p. 154.
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à diminuer en quoi que ce soit le charme primesautier de ses écrits. Quant à ses lettres, ces quelques tournures un peu fines qui reproduisent si bien l'allure nuancée et souple d'une conversation de bonne compagnie contribuent au contraire à augmenter l'impression de spontanéité et de naturel qui est leur qualité dominante.
J'ai dit plus haut qu'elle gardait ce naturel désinvolte avec ses correspondants les plus illustres. Il y a cependant une différence notable entre le style dans lequel elle s'adresse à un de ses inférieurs ou de ses égaux et celui qu'elle emploie pour parler à une grande dame, aux Supérieurs de l'Ordre ou au Roi. Tout en gardant avec ces derniers sa simplicité et son naturel elle surveille sa plume et soigne sa phrase.
Dans cette sorte de lettres, mais surtout dans ses lettres graves où elle traite des sujets vitaux pour elle et pour son œuvre, le ton s'élève parfois et l'on sent reparaître alors la grande réformatrice, la femme au caractère viril qu'aucune force humaine n'est capable d'intimider. Elle fait face avec toute la sérénité de son âme confiante en Dieu, mais aussi avec toute sa nerveuse énergie.
Quand le danger vient du dedans, de ses amis, de ses coopérateurs ou de ses filles, c'est le ton net, sérieux, impératif, qui plus que partout ailleurs va droit au but. Qu'on lise par exemple sa lettre du 21 octobre 1576 au P. Mariano. Sans ambages ni , euphémismes, la Mère Térèse dit carrément ce qu'elle pense à l'ancien soldat de Charles Quint, à l'homme de caractère qui comprend la manière forte, et lui signifie rudement que lorsqu'elle a une première fois refusé des postulantes, même présentées sous le patronage d'hommes aussi influents que le P. Oléa, il n'y a pas à y revenir.
Ici encore elle reste simple et naturelle, plus simple même et plus naturelle que jamais ; car moins que
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jamais elle pense à la forme ; elle commande, elle supplie, elle adjure, elle met à nu son cœur passionné et atteint ainsi à certains moments la véritable éloquence.
Et cela surtout quand le danger vient du dehors et qu'elle se sent impuissante. Jamais rien pourtant qui touche à l'emphase. Dans ses lettres à Philippe II notamment, à qui elle demande d'intervenir en sa faveur contre le Nonce et les Mitigés. Malgré la capitale importance de ce recours, le ton de ces lettres reste également simple et naturel. Elles sont d'une syntaxe plus correcte, plus claires, plus soignées de style ; rien cependant qui sente la flagornerie ou le compliment de bas étage, mais une dignité et une distinction parfaites.
Une des plus belles lettres de cette manière est certainement son plaidoyer adressé au Général Rubeo à Rome en faveur de la Réforme 1.
Rien de plus pathétique que cette protestation de fidélité et de soumission vis-à-vis du Général de l'Ordre, circonvenu et prévenu contre Térèse, le P. Gratien, Mariano et tous les Déchaux. Le Chapitre de Plaisance (1575) vient de condamner la Sainte elle-même à la réclusion dans un monastère de son choix. Le Bref l'atteint à Séville. C'est delà, (dans les premiers mois de 1576) qu'elle écrit, moins pour se défendre elle-même que pour sauver l'Œuvre et excuser ceux qui lui étaient plus chers que la vie.
Elle rappelle d'abord au P. Rubeo qu'elle lui a écrit déjà trois fois pour lui rendre compte de ses fondations, sans obtenir de réponse. Puis elle se met résolument à la défense de Gratien et de Mariano.
Après avoir expliqué leur conduite, elle fait sentir très diplomatiquement au Général mais avec déférence et sans trop insister, que la résistance des Mitigés est vaine et que le Roi soutient la Réforme.
1. Lettre du début de 1576 à J. B. Rubeo de Râvena, général de l'Ordre du Carmel.
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Puis elle revient à Gratien ; et plus avancée déjà dans son sujet elle ose demander hardiment son pardon et la restitution de ses pouvoirs.
Enfin elle parle d'elle-même, la plus chargée de toutes, elle que le Nonce avait traitée de femme vagabonde, et le Provincial de Castille d'apostate et d'excommuniée. Elle ne charge point ses ennemis, elle n'a pour eux aucune accusation ; elle dit avec la plus grande simplicité quelle a été sa conduite et ses motifs d'agir, avec les arguments les plus nets et les plus déférents, tout en restant d'une discrétion très grande sur ses propres souffrances qu'elle laisse néanmoins deviner. Rien ne sent moins l'hystérie ou la simple mélancolie que l'éloquente simplicité de cette défense.
Ce morceau, trop long pour le citer, est une des plus fortes pages de l'Épistolaire. Nous y retrouvons toutes les qualités intellectuelles et morales de Sainte Térèse. Par son allure générale, il tranche cependant sur ce style alerte, original et libre qui est généralement celui des Lettres. Par sa ferveur contenue, par son éloquence pathétique, par la force de conviction dont on sent à travers tout ce morceau comme le bouillonnement intérieur, il se rattache à un domaine nouveau du génie térésien qu'il nous reste à étudier, et qui est la face la plus intéressante de cette grande figure littéraire : le lyrisme.