‹ Sainte Térèse, écrivainChapitre 28 sur 108 · Fundations,XX · texte numérisé non relu

Fundations,XX

l'atmosphère intellectuelle 67

de Mella (vers 1442) sont au fond des Illuminés. Ils enseignent « l'intuition de Dieu en vue réelle » ; ils condamnent la vénération de la Sainte Hostie et de l'Humanité du Christ comme éloignant de la contemplation pure ; ils proclament en outre la licéité de tout acte charnel. Or nous retrouvons toutes ces doctrines chez les Alumbrados du XVIe siècle.

C'est sous Ximenez de Cisneros que le nom d' alumbrados est employé pour la première fois : Le gardien de la Province de Castille avise dans une lettre le Cardinal qu'un franciscain d'Ocafîa, « alumbrado con las tinieblas de Satana », prêchait une révélation nouvelle, d'après laquelle il devait s'unir à un grand nombre de femmes saintes afin de procréer des prophètes *. Dans les milieux ignorants de telles billevesées prenaient racine.

Les théories des Alumbrados ne forment pas un corps de doctrines bien distinct. Lorsqu'on sort du domaine de la raison pour entrer dans celui de l'imagination et du sentiment, on dit adieu à l'unité pour devenir la proie du multiple ; aussi est-il difficile sinon impossible de présenter les doctrines des illuminés sous forme d'un système compact. Bien des sectes avaient des doctrines absolument contradictoires : ainsi certains illuminés rejetaient la Présence eucharistique ; d'autres au contraire prétendaient que la personne qui reçoit en communion une espèce plus grande ou plusieurs espèces participe davantage. Par contre, tous s'entendent sur l'inutilité de la hiérarchie ecclésiastique, la vanité des œuvres chez les parfaits, la nuisance du culte des images 2 à la parfaite dévotion. On comprend pourquoi l'apparition de la Réforme proclamant l'individualisme, l'inspiration privée et le mépris des œuvres

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