AVANT-PROPOS XI
écarter l'action des facteurs surnaturels ; cela spécialement pour les états mystiques, dont Dieu seul est la cause efficiente et directe. Ce sont là des principes que Térèse affirme catégoriquement en plus d'un endroit, et l'on ne peut, sans raisons péremptoires, repousser son témoignage.
Au cours de mon étude, je devrai forcément multiplier les citations dans le texte original. Pour ne pas rendre la lecture trop pénible je réduirai ces citations au minimum. Je le ferai bien malgré moi, car j'ai conscience que même la meilleure traduction étouffe et fane ce style primesautier, d'une élégance vieillotte, d'une grâce un peu désordonnée, et foisonnant d'images et d'expressions si spécifiquement espagnoles. Où le texte original s'imposait, je l'ai mis en note. C'est lui que liront de préférence les érudits et tous ceux qui, pour apprécier Sainte Térèse dans son idiome maternel, auront voulu s'imposer l'effort d'apprendre la belle langue de Castille.
Sauf pour les Lettres où, faute d'une édition meilleure, il m'a fallu donner le texte de l'édition Rivadeneyra, je cite d'après l'édition critique de Burgos.
Avant de livrer au public cette étude qui m'a demandé des années de laborieuses recherches, il me reste à remercier tous ceux qui ont bien voulu m'aider à la mener à bonne fin.
Je remercie en premier lieu le P. Silverio de Santa Teresa, l'éminent auteur de l'édition critique, dont les conseils et les renseignements oraux et écrits m'ont aidé à éclaircir plus d'un point délicat. Je rends un hommage de gratitude à M. Gaston Cirot, l'érudit