‹ Sainte Térèse, écrivainChapitre 53 sur 108 · Lucilario del verdadero espiritu, ch. v · texte numérisé non relu

Lucilario del verdadero espiritu, ch. v

jusqu'à nos modernes Campmany, Schack, Fitzmaurice Kelly, Menendez y Pelayo.

Et c'est la preuve éclatante que cet écrivain qui manie la langue castillane avec une telle souplesse et comme en se jouant, sans se relire et presque sans rature, est un écrivain de race.

S'il se remarque dans cette souplesse quelque négligence et dans cette spontanéité quelque distraction, c'est que Térèse n'écrivait que d'occasion et par obéissance, comme une occupation bien moins importante que celle de filer pour subvenir aux besoins de ses monastères ; ou peut être simplement Sainte Térèse négliget-elle de dire mieux et autrement que ce qui lui venait sous la plume, non pas qu'elle méprisât d'humaines littératures, mais parce qu'elle était intimement convaincue que les mots sont de bien pauvres choses pour exprimer le cœur, et que la meilleure langue pour parler à Dieu et la plus éloquente est encore celle du silence, dont à son gré on ne lui permettait pas suffisamment de se servir.

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