P II, LXII
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lequel Térèse nous le décrit ne soit pas étranger au lumineux symbolisme du Cartujano l.
On a souvent cité comme une réminiscence de ses romans de chevalerie telle phrase où la Sainte parle des vassaux du Roy et de la bannière du Christ : « llevar la bandera por Cristo » (Vida, xx), « de este Rey somos todos vasallos... como soldados esforzados solo miremos adonde va la bandera de nuestro Rey •. (Lettre au P. Suarez). Elle parle aussi (Chemin, vi) de Jésus, capitaine d'amour et l'oppose à Satan, el infernal capitan (Exclamation, xn).
Mais cette image, elle a pu, comme saint Ignace, la puiser chez le Chartreux : « Esta santa cruz es la vandera e la senal de todos los hijos de Dios (II, i). — Ca ninguna cosa de condenacion sucede a los que biven debaxo de la bandera de Jesu Cristo (I, lxxxviii). — Pues escoge por cosa mejor} militar e bevir debaxo del reyno del cielo que no andar debaxo de la capitania del principe de las tiniebras, que es el adversario (I, par. vi). — Por el reino de tu gloria, Senor, cada dia te servimos e militamos debaxo de tu santa bandera». (I, lxxx, in precibusad finem.)
Mais dans cette inépuisable mine de dévotion Térèse trouva plus encore que des textes et des affections ; elle y puisa enfin des idées et des doctrines.
Ainsi au chapitre lxi (P. I) qui commente l'évangile de Marie et de Marthe, Ludolphe expose magistralement les mérites respectifs de la vie active et de la vie contemplative avec tous les arguments qui exaltent celle-ci mais aussi avec toutes les raisons qui ennoblissent celle-là. Et c'est probablement de ces lignes que la Sainte, contrairement à beaucoup de contemplatifs, Osuna notamment, qui louent l'une au détriment et
i. Voir aussi le c. ni de la P. II, sur la Transfiguration.
presque à l'exclusion de l'autre, tira l'idée de son juste plaidoyer en faveur de Marthe, sans laquelle, dit-elle, Jésus n'eut pas eu à manger. (Cast. vu, 4).
Un des chapitres qu'elle aura lu et relu avec le plus d'intérêt, et dont elle se sera imprégnée surtout en ces temps de troubles intérieurs où elle demandait aux livres l'explication de ses états étranges de quiétude et d'union, nouveaux pour elle, est le chapitre xli de la IIe partie : Sur les tentations spirituelles et l'exercice d'élévation de l'esprit en Dieu. Toute la première partie de ce chapitre présente une étonnante conformité avec les doctrines éparses de la Sainte sur le même sujet.
Enfin elle fait une allusion directe à un passage du Cartujano lorsqu'elle dit au chapitre xxxvin de la Vie : « Un jour, veille de la Pentecôte, après la messe, je me retirai en un lieu fort écarté où j'allais souvent dire mes prières et j'y commençai à lire dans un chartreux ce qui a trait à cette fête. Or, lisant les signes auxquels doivent recourir les débutants, les progressants et les parfaits pour discerner si l'Esprit-Saint est avec eux, ayant dis-je, lu ces trois états, il me sembla par la bonté de Dieu, qu'il devait être avec moi, pour autant du moins que je le pouvais comprendre ».
Ce passage se trouve au chapitre lxxxiv de la 11e partie de la Vida Christi. Nous le donnons en note l.
1. « Es de notar que no podemos saber por verdadera certidumbre ni por sciencia manifiesta estar el espiritu sancto en alguno porque el senor dize : El espiritu adonde quiera espira, e no sabes de donde venga ni a que parte vaya ; mas sin impedimento desto lo podemos saber por conjecturas segun algunos efectos y sefiales, por las quales podemos en alguna manera sospechar si esta el espiritu sancto en alguno o si no esta. Y estas sefiales son diferentes segun très estados, que son de los prin cipiantes en la virtud y de los que aprovechan en ella y de los que ya son perfetos... Las sefiales del espiritu sancto por las quales parece espirar en los que comiençan dice sant Bernardo que son très... Quanto al estado de los que van aprovechando son otras tires sefiales... Quanto a los perfectos son otras très sefiales. »
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Contemptus Mundi
Parmi les nombreux ouvrages ascétiques ou mystiques qui des Pays-Bas passèrent en Espagne le plus connu est l'Imitation de Jésus- Christ, appJé le Contemptus Mundi. Les plus anciens traducteurs espagnols l'attribuent à Gerson. C'est pourquoi on l'appelle aussi quelquequefois « el Gerçonzito ». Ce fut, dit la Mère Maria de San Francisco, un des livres de chevet de la Sainte ; celle-ci le recommande à ses prieures et à ses filles (v. Constitutions). S'il faut en croire Ribera, (Vida de la Madré T. de J. iv, n) elle en désigna un jour un chapitre spécial à une jeune fille très mondaine : ce fut l'origine d'une des plus belles vocations de son premier monastère.
Quelle édition la Sainte eut-elle entre les mains ?
Selon Morel-Fatio, ce ne fut pas l'édition de 1490 reproduisant la plus ancienne traduction castillane, mais celle qui parut à Séville en 1536, intitulée Contemptus Mundi, nuevamente romanzado et due à Louis de Grenade. Le traducteur dans son prologue attribue l'œuvre non plus à Gerson mais à Thomas à Kempis. Cette traduction connut plus de 30 éditions au XVIe siècle. Cejador l signale les suivantes : Séville 1536, 1538, Lisbonne 1542 ; Alcala 1543 ; Séville 1547 ; Evora, 1555, qui contient en outre « Oraciones y Ejercicios de dévotion » ; Madrid 1567, 1589 ; A. Pellicer cite en outre une édition d' Alcala 1548, qui contient aussi : « Cien problemas de la Oracion », traduction anonyme de Serafino de Fermo, auteur consigné dans l'Index de 1559 et de 1583.
Nombreuses sont les doctrines de l'Imitation dont on pourrait rapprocher le texte de celui des enseignements de Térèse. Signalons entre autres le 1, 10 : Excusa