Hist. de la îengua y litt. cast. t. II p
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quando pudieres el roydo de los hombres : ca mucho empesca el tracto de los negocios seculares ; le i, 20 : Del amor de la soledad y del silencio. — ... Si te apartares de fablas super fluas... y de oyr novedades ; le 1, 13 : No te quieras haver duramente con el tentado mas consuélale ; le 1, 19 : No pueden tener todos un exercicio mas una cosa conviene mas a uno e otra a otro ; le 11, 1 : Sostiene con Cristo e por Cristo si quieres regnar con Cristo.
La fréquentation assidue de l'Imitation peut avoir développé chez Sainte Térèse le don de formuler avec bonheur certains enseignements brefs sur les vertus morales, sur la mortification ou sur l'humilité par exemple. Des phrases comme celles-ci rappellent singulièrement le style simple et très direct du Contemptus : « El verdadero humilde ha de desear con verdad ser tenido en poco, y perseguido y condenado sin culpa aun en cosas graves » {Cam. xv) ; ou « el verdadero humilde siempre anda dudoso en virtudes proprias, y muy ordinariamente le parecen mds ciertas y de mas valor las que ve en sus prôjimos » (Cam. xxxviii) ; « de una manera 0 de otra ha de haber cruz mientra vivimos» (Cast. v, 2) ; cruz « si es amada, es suave de llevar » (Concept. 11).
On pourrait en relever ainsi un grand nombre, car la Mère Térèse aime visiblement entremêler à son style parfois un peu enclin au bavardage, quelques maximes sentencieuses ; grâce à celles-ci elle ne sort jamais des limites de la gravité.
Les Exercices de saint Ignace?
Vers 1521, tandis que l'imagination en proie aux légendes de ses Vies de Saints, Térèse s'en allait avec son petit frère Rodrigue sur la route de Salamanque pour chercher le martyre chez les Maures, Ignace de Loyola, capitaine des troupes du duc de Najera, l'ima-
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gination pleine de ses romans de chevalerie, était blessé au siège de Pampelune. On sait le reste : sa convalescence, où à défaut d'Amadis il lisait le Cartujano et des Flos Sanctorum, sa conversion, sa retraite à Manrèse, d'où sortit enfin le livre des Exercices. Nous avons dit plus haut 1 l'influence des a Exercitia Spiritualia » dans l'Espagne d'alors.
Sainte Térèse les a-t-elle lus ?
Certainement pas dans l'édition latine, dont la princeps est de 1548, (Rome). Pas davantage dans une édition espagnole, la première étant de 1615, (Rome). Quant à l'autographe espagnol il était strictement gardé dans la Compagnie. Quelque confesseur jésuite de la Sainte lui en a-t-il communiqué une copie ? Ribera, dont le témoignage a du poids, semble l'affirmer. Dans la Vida de la Madré S. T. de J. (lib. 1, c. ix) il dit : « De este Padre me dicen le diô parte de los Ejercicios. On m'a dit au sujet de ce Père qu'il lui donna les Exercices ». Il s'agit bien des Exercices de saint Ignace. Pourtant, comme on le voit, le témoignage est loin d'être formel. D'autre part, et ceci a son importance, les autres biographes de la Sainte, Yepès, Julien d'Avila, Louis de Léon, dont le témoignage confirme généralement celui de Ribera, sont muets sur ce point.
Heureusement la Sainte elle-même en parle. Nous pouvons conclure de ses paroles qu'elle a au moins connu les Exercices.
Au Véjamen, où il est question d'interpréter les paroles Buscate en mi et indirectement de donner une méthode d'oraison contemplative, critiquant l'interprétation de saint Jean de la Croix, la Sainte dit : « Cette doctrine (celle qu'a donnée saint Jean) est très bonne pour ceux qui voudraient faire les Exercices, que l'on fait dans la Compagnie, mais elle n'intéresse
1. P. I. ch. iv. — Cfr : Monumenta Historica S. J. Séries 2a. Exer citia spirit. S Ignatu de Loyola. Madrid, suce. Rivadeneyra 1919.
pas notre proposition * ». Par ces paroles la Sainte indique clairement que non seulement elle connaît les Exercices mais qu'elle en sait encore le but et le caractère. En effet, saint Jean de la Croix pour trouver Dieu dans l'oraison contemplative avait préconisé de « purificar el aima de sus defectos, mortificar las pasiones y morir uno de veras a si mismo ». Or les Exercices de saint Ignace vont précisément « por mortification de pasiones y ejercicio de virtudes » ; au contraire, dit la Sainte, l'oraison contemplative dont il est question ici n'est pas affaire d'efforts personnels mais de libre action divine ; et si quelque disposition nous prépare à recevoir cette action, ce n'est pas la mortification, qui est présupposée, mais l'amour : « No bastan, dit-elle plus haut, no bastan aqui virtudes y apuracion ; porque es cosa sobrenatural, y dada de Dios a quien quiere ; y si al go dispone es el amor 2 ».
Elle a donc tout au moins connu les Exercices. Mais les a-t-elle « faits », c'est-à-dire les a-t-elle suivis comme on le faisait à cette époque ?
D'après Miguel Mir cela est improbable 3. Pour qui « faisait » les Exercices en ce temps-là, même parmi les laïcs, c'était un temps de réclusion absolue, de méditation continuelle et de macérations plus ou moins effrayantes selon les dispositions et les aptitudes du sujet. De plus, un contact régulier avec le Directeur ou celui qui « donnait » les Exercices s'imposait. Cela n'était guère faisable pour une religieuse astreinte à une règle et ne pouvant disposer de son temps.
En supposant, malgré son propre silence et celui de ses biographes, que Térèse ait fait les Exercices, il faudrait placer cet événement soit à l'Incarnation, soit à San José. A l'Incarnation, jusqu'en 1555, elle ne dut
1. Cfr. Obras Burgos, t. VI, p. 67. — 2. Vejamen ; ibid. — 3. Mig. Mir : Santa Teresade J . I, p. 257.
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guère en sentir l'envie. Après cette date, en ce couvent très potinier, la chose n'eut pu passer inaperçue. Un contact spécial avec le directeur n'eut pas manqué de soulever des commentaires dont mémoires, chroniques, dépositions ou même l'autobiographie eussent gardé quelque souvenir. Le premier Jésuite avec qui la Sainte entre en relation est, en 1557, Ie P- J- de Pradanos. Or, voyez quelles précautions elle prend pour que sa venue au monastère soit ignorée. Peine bien inutile d'ailleurs, car la fatalité voulut qu'au moment où il entrait se trouvât à la porte une des religieuses qui n'était pas dans le secret et immédiatement la nouvelle fut colportée par tout le couvent 1 !
Après 1562, à partir de son entrée à San José, ce fait n'eut pas échappé à ses biographes et elle-même peutêtre nous l'eut relaté. Or, sur ce point, le silence des biographes comme celui de la Sainte est absolu.
Il n'en faut pas conclure que la méthode des Exercices répugnait à Térèse ; de là à déduire une opposition de tendances entre l'ascétisme ignatien et son oraison discursive et le mysticisme térésien et son oraison contemplative il n'y aurait qu'un pas. Rien ne serait plus faux. Les ascétiques n'ont été opposés aux mystiques à un moment de l'évolution des idées religieuses que lorsque certains d'entre les premiers voulurent retenir toutes les âmes en général dans les voies de l'oraison discursive, ne cessant d'envisager celle de la contemplation passive comme tout à fait extraordinaire, miraculeuse même et la traitant de « sentier égaré et fort dangereux 2 ».
Saint Ignace ne fut certainement pas de ceux-là ; mais si dans les Exercices, il accorde une place plutôt restreinte à la pratique de la contemplation au sens
1. Vida, XXIII. — 2. Vie du P. Balth. Alvarez par Louis du Pont, cité par Joly, SU Thérèse, p. 214.
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strict, cela tient en grande partie à l'époque à laquelle il les rédigea, c'est-à-dire à un moment où les doctrines mystiques étaient encore peu répandues dans son pays *. Sainte Térèse qui, au contraire, écrit à un moment où ces doctrines sont partout dans l'air, présuppose donc plutôt saint Ignace. Logiquement l'un continue et achève l'autre ; entre ces deux génies, règne une parfaite conformité d'esprit.
« Elle m'a raconté souvent, dit le P. Pierre de la Purification, dans sa déposition de 1602, la fatigue que lui causaient les choses de la terre et combien tout cela lui paraissait laid en comparaison des choses du ciel ». Le « quam tellus sordescit » de saint Ignace n'a donc pu que trouver un écho dans le cœur de la Sainte. Même idée fondamentale également chez tous deux : le Vanitas Vanitatum du début des Exercices correspond parfaitement au Todo es nada, base du mysticisme térésien. Même principe très positif d'action qui sent l'identité de race : « Prier, dit saint Ignace, comme si tout dépendait de Dieu, agir comme si tout dépendait de nous »; «Que Dieu nous aide, répète Sainte Térèse, et il le fera, j 'en suis sûre, mais il veut que nous nous aidions nous-mêmes 2 ».
Nous avons signalé plus haut l'image de la « bannière du Christ-Roi dont nous sommes tous les vassaux », et que Térèse comme Ignace ont pu puiser à la source commune de la Vita Christi de Ludolphe de Saxe. Or, lorsque Térèse emploie cette image dans une lettre importante et soignée au P. J. Suarez, provincial des Jésuites de Castille, (10 févr. 1578) n'y faut-il pas voir une allusion voulue à la fameuse méditation des Exercices : de dos banderas ? (2asem. , 4°dia).
Et toute sa conception de l'activité spirituelle dans le Camino qui cette fois est, comme les Exercices, un vrai