‹ Sainte Térèse, écrivainChapitre 71 sur 108 · II. el padre nuestro, traité de l'Oraison « surnaturelle · texte numérisé non relu

II. el padre nuestro, traité de l'Oraison « surnaturelle

C'est un petit traité des voies contemplatives sous forme de considérations sur le Pater 1.

Le chapitre xxvi est un chapitre de transition, où, parlant encore de l'oraison vocale, la Sainte enseigne, et par quels exemples ! l'oraison affective ou une manière affective de faire l'oraison vocale. Ensuite elle passe à l'explication des demandes du Pater :

Deux parties :

i° Les degrés d' oraison :

Oraison de recueillement : Pater noster, qui es in cœlis (xxvn à xxix) — de quiétude : sanctifie etur, adveniat (xxx et xxxi) — d'union : fiât voluntas (xxxn) et surtout : panem nostrum (xxxiii à xxxv). Ces trois chapitres sur l'Eucharistie sont parmi les plus beaux et les plus lyriques de toute l'œuvre de la Sainte.

i. C'était une habitude littéraire de l'époque mise à la mode par les études et commentaires bibliques. Ce n'est pas que la Sainte veuille faire un commentaire : « no me atreviera, dit-elle, y hay hartas escritas ». L'usage s'étendit même à la littérature profane et chaque grand poète eut ainsi ses commentateurs : Garcilaso de la Vega fut commenté par Herrera, Jorge Manrique fut commenté par Jorge de Montemayor et glosé par Fr. de Guzman. St. Jean de la Croix se commenta lui-même. Les commentaires du Pater foisonnent, comme à l'époque de Rembrandt foisonnaient les leçons d'anatomie. Gregorio Silvestre avait glosé en vers le Pater et l'Ave. En 1528 Chinchon avait traduit le commentaire d'Erasme ; Pedro Mejia en publiait un en 1550 ; la même année paraissait un commentaire anonyme. Le Commentaire de Ste Térèse est, au point de vue de l'interprétation mystique, le plus sublime qui ait été écrit.

2° Les dangers propres aux spirituels :

Nos fautes : dimitte nobis (xxxvi et xxxvn) — six tentations subtiles : et ne nos inducas (xxxviii et xxxix) — leurs remèdes, l'amour et la crainte de Dieu : sed libéra nos (xl et xli). Elle termine sur l'Amen qui est un souhait d'éternité (xlii).

Au Ms. de l'Escorial (ch. lxxiii) elle ajoute ces paroles : « J'ai pensé également vous dire un mot sur la manière de réciter l'Ave Maria, mais je me suis tant étendue que je laisse là ce commentaire ; il vous suffira d'avoir compris comment il faut réciter le Pater pour faire de même toutes vos autres oraisons vocales ».

Cet ouvrage écrit pour les couvents de religieuses connut de suite un grand nombre de copies. La plupart d'entre elles se perdirent après qu'eurent paru les éditions imprimées. Il nous en est néanmoins resté quelquesunes. Il convient de citer les trois principales l prises toutes trois sur le Ms. de Valladolid : la copie de Salamanque, qui porte l'apostille mentionnée plus haut, avec la date de 1571. Elle serait, selon l'opinion du P. Silverio, de la main d'Isabelle de Jésus, secrétaire de la Sainte, la novice de Salamanque dont le chant provoqua la célèbre extase de 1571. — La copie de Madrid, qui porte une apostille de la main même de Sainte Térèse. — La copie de Tolède, la plus importante, portant de nombreuses variantes et sur laquelle fut faite l'édition princeps. D'autres copies, comme celle de la Bibliothèque de l'Escorial, ont une importance moindre.

L'édition princeps du Camino, faite donc sur une copie du Ms. de Valladolid, parut à Evora. Une lettre du 22 juillet 1579 de Sainte Térèse à Don Teutonio de Bra-

1. Pour la description détaillée de ces copies, v. Silverio, Obras, t. III, p. xxetsuiv.

S'« Térèse. Î7

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gance, archevêque d'Evora, que la Sainte connut lorsqu'il étudiait à Salamanque, nous apprend qu'elle lui envoie el librillo pour le faire imprimer.

L'imprimatur était accordé en 1580 ; le volume parut en 1583. Mais Térèse était déjà morte.

Une seconde édition parut en 1585, à Salamanque, chez Guillermo Foquel par les soins du P. Gracien.

Ribera dit en 1586 de ces deux premières éditions dans une lettre à Marie du Christ, carmélite de Valladolid : « Le livre du Pater Noster de la Sainte Mère a été imprimé pour la première fois à Evora d'une manière qui fait pitié. La seconde impression, faite à Salamanque, corrige une partie des fautes de l'édition d'Evora, mais c'est plutôt l'œuvre d'un homme de talent qu'une reproduction de l'original 1 ».

Une troisième édition parut à Valence, en 1586, « en la oficina de Pedro de Huete a que concurriô el Ilmo. Sr. D. Juan de Ribera, arzobispo de Valencia 2 ».

Enfin en 1588, le Camino parut à Salamanque, chez Guillermo Foquel dans l'édition princeps des Obras, par les soins de Louis de Léon.

Depuis, l'ouvrage a toujours figuré dans les diverses éditions des œuvres complètes. Nous avons signalé plus haut comme éditions modernes l'édition de 1861 de la Fuente où paraissait pour la première fois le texte du Ms. E. (Escorial), avec intercalation en caractères distincts de certains passages du Ms. V. (Valladolid). Dans son édition de 1881, La Fuente mélangea les textes. En 1883 paraissait une édition photolithographique du Camino et du Modo de Visitar due au Chanoine Herrero Bayona. Elle reproduit le Ms. E. et en regard le texte imprimé des Mss. E et V. L'édition de Burgos est de

1. V. ce document dans Polit, Œuvres compl., t. V, document 22. — 2. Ano Teresiano, t. IX, p. 298.

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