V. l'opinion du P. Silverio, p. xxxvi. — 2. V. p
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forme de château ayant sept demeures. Dans la septième, placée au centre, se trouvait le Roi de gloire, brillant d'un éclat merveilleux dont toutes ces demeures jusqu'à l'enceinte se trouvaient illuminées et embellies. Plus elles étaient proches du centre, plus elles participaient à cette lumière. Celle-ci ne dépassait point l'enceinte : au-delà, il n'y avait que ténèbres et immondices, des crapauds, des vipères et d'autres animaux venimeux. Tandis que la Sainte Mère s'émerveillait de cette beauté qui réside dans nos âmes lorsqu'elles sont en état de grâce, la lumière disparut soudain. Alors, sans que le Roi de gloire quittât sa demeure, le cristal se couvrit d'obscurité ; il devint noir comme du charbon et répandit une insupportable odeur. Alors les bêtes venimeuses qui se trouvaient hors de l'enceinte reçurent la liberté de pénétrer dans le château 1 ».
Les éléments de cette vision ont dû s'amalgamer petit à petit dans l'imagination de la Sainte. Toute jeune, la lecture de l'Évangile lui avait appris que l'âme est la demeure de Dieu. Cette idée la frappe et elle aime à citer ce passage. Assez tôt, et malgré l'insuffisance de ses connaissances théoriques sur l'inhabitation réelle de Dieu dans l'âme, elle en a la connaissance expérimentale. Vers 1556, elle lit dans la Subida de Laredo que cette demeure est semblable à un château fort, tout de diamant et de pierres précieuses. Les images enchanteresses de ses lointaines chevaleries et ses représentations mystiques viennent ici se fondre en une seule image 2. Vers 1565, dans la Vida (ch. xv), elle nous raconte une vision qu'elle a eue : Elle voit l'âme sous forme d'un miroir lumineux sur toutes ses faces, comme une boule de lumière, et au centre de ce miroir le Christ lumineux
1. Procès de canonisation. Information de Tarazona. — 2. Le P. Gratien, lui, croyait que la Mère n'avait pensé qu'à la parole évangélique : Intravit Jésus in quoddam castellum, etc. Il intitule sa copie des Moradas : Castillo de Magdalon.
et visible en toutes les parties de l'âme. Un peu plus loin elle compare la Divinité à un diamant très brillant, ou à un miroir plus grand que le monde, et toutes choses se mirent, dit-elle, « en cette clarté limpide». AuCamino, ch. ni, dès le début, elle nous décrit ce Roi qui se retire dans sa forteresse pendant que les ennemis envahissent le pays. Et au ch. xxviii : « Tenons compte qu'au dedans de nous il y a un château d'une richesse merveilleuse ; ses murs sont d'or et de pierres précieuses ; en un mot il est digne d'un tel Seigneur... et plus les vertus sont grandes, plus les pierres resplendissent; et ce grand Roi habite ce palais. » Vers 1572, dans l'Exclamation XVI, elle parle de nouveau de « cette forteresse, où demeurent les puissances et les sens, qui sont la partie supérieure de l'âme ».
Enfin, en 1577, peu de jours avant de rédiger les Moradas elle exprime encore une fois cette pensée dans ce vers : « Eres mi casa y morada ».
On la retrouve partout dans ses écrits, avant et même après 1577, si bien que si Térèse a pu écrire ce chefd'œuvre en moins de trois mois, c'est qu'elle le composa durant toute sa vie.
Et c'est aussi pour cela que les classifications de cette œuvre vécue n'ont rien d'artificiel.
Le Château intérieur est divisé en sept parties d'inégale grandeur d'après les sept Demeures (las Moradas) du Château, ou d'après les sept degrés d'oraison que l'âme doit gravir avant d'arriver à l'appartement central l.
1. Le nombre 7 a toujours eu un sens mystique. St Augustin dans son commentaire des Psaumes (in Ps. 150) l'appelle le nombre de la loi de grâce. Il est formé de 4 et de 3. En symbolique, 4 est la Terre, formée des quatre éléments ; 3 au contraire est le nombre divin, symbole de la Trinité. Aux yeux des mystiques, 7 figure l'union du terrestre et du divin, de Dieu et du monde ; il symbolise ainsi le mystère de la Rédemption. Il symbolise aussi l'union mystique de Dieu et de l'âme dans l'oraison.
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Comme le Camino, cette œuvre comprend deux parties : l'une parle des voies actives, l'autre des voies passives.
Ir3 Partie : l'oraison active,